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18 articles avec reponse a certaines objections

La bulle de Paul IV ex cathedra et irréformable : notre réponse à La Question

Publié le par Clément LECUYER

 Rien de nouveau sous le soleil pourrait-on dire. Le site La Question a attaqué de nouveau la position catholique du sédévacantisme. Se complaisant dans son libre-examen, La Question remet cette fois-ci en cause la constitution apostolique Cum ex Apostolatus Officio. Selon ce triste site, la bulle Cum ex Apostolatus Officio est un écrit de circonstance, rédigé dans des conditions critiquables n'ayant plus de valeur - ni disciplinaire, ni de principe - depuis que le Pape Pie XII a promulgué la Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis. Pire, La Question en vient à soutenir que Pie XII a stipulé comme légitime la participation au conclave, donc l'élection à la Papauté, de prélats tombés dans l'hérésie !   

 Nous ne pouvons rester sans voix face à de telles erreurs contre l'Eglise et la Papauté. Dans ce dossier, nous allons démontrer que la doctrine - selon laquelle l'élection à la papauté d'un prélat tombé dans l'hérésie est nulle, invalide et sans valeur - dépasse le cadre du disciplinaire mais est un jugement découlant d'une doctrine concernant la foi, couvert du saut de l'infaillibilité pontificale ex cathedra et donc par nature irréformable.


"Une définition ex cathedra est un jugement absolu, définitif, garanti contre toute erreur, de soi indéformable, immuable, qu'on doit donc admettre dans le sens où il a été porté, avec une certitude absolue, une soumission pleine et entière"
(Revue pratique d'apologétique, G. Beauchesne)

 C'est en se basant sur un principe de droit divin que le Pape Paul IV a défini ex cathedra que :

"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un car­dinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est nulle, invalide, vaine... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, n'ont pas le moindre effet juridique, et ne confèrent à per­sonne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées se­raient, par le fait même, sans qu'il faille quelque autre déclaration ultérieure, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."

 
Cette déclaration est maintenant bien connue mais fait toujours grincer des dents certains "traditionalistes" dont font partie les rédacteurs de La Question
. D'où notre dossier pour mettre définitivement fin aux graves erreurs de La Question.


> Sommaire de notre dossier (29 pages) :

- Première partie : Le libre examen de La Question qui juge Paul IV. Contexte historique de la promulgation de la Bulle Cum ex Apostolatus  

- Deuxième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus : déclaration ex cathedra, irréformable et immuable 

- Troisième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus abrogée par Pie XII ? Faux !     

1. Gravissime erreur contre la foi de La Question    
2. Quand La Question contredit le Pape Pie XII    

3. Absurdité de La Question. Un Cardinal tombé dans l'hérésie perd son office de Cardinal et ne peut donc participer à l'élection et être élu    
4. La Question contredit une loi divine    
5. Aberration de La Question qui insinue donc que le Pape nouvellement élu serait canoniquement hérétique    
6. Autre aberration de La Question qui invente une nouvelle doctrine 

- Quatrième partie : Réponses à quelques objections      

Pie XII déclare que "dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin"    
La Bulle de Paul IV non reprise dans le Code de Droit Canon ? 

- Annexes :     

La Bulle de Paul IV reprise dans le Code de Droit Canon de 1917    
Intervention de l'internaute Espada

Lire-télécharger notre dossier

Papauté : Le faux argument du reniement de saint Pierre

Publié le par Clément LECUYER

 L'infaillibilité pontificale n'a jamais été aussi attaquée depuis la promulgation de ce dogme en 1870. Aujourd'hui, on entend souvent dans les rangs des catholiques dits "traditionalistes" que le premier Pape, saint Pierre, a commis un acte public d’apostasie en reniant Notre Seigneur le vendredi saint. Ainsi, pour eux, il en découle qu'il est donc possible à un Pape de renier publiquement des principes catholiques et de perdre la foi. Et hop, le tour est joué !  Le seul ennui est que rien de tout cela n'est vrai!

larmes-st-pierre.jpg

"Saint Pierre a pleuré toute sa vie son reniement, il pleurait encore à l'heure de sa mort, en se ressouvenant de son péché" (sermon du saint curé d'Ars)

 

  Que ce soit dans leurs sermons ou dans leurs écrits, les prêtres de la Fraternité Saint Pie X par exemple avancent cet "argument" régulièrement :

  "Faut-il oublier que le premier Pape, saint Pierre, a renié le Christ trois fois avant que le coq chante" ( Savoir et Servir. Supplément au n° 10 publié sur le site DICI)

  Sur le site Aveclimmaculée, il est fait un parallèle entre le reniement de saint Pierre et la situation actuelle de la papauté :

"O St Pierre, souvenez-vous de cet instant de faiblesse que vous avez eu, lorsque vous avez, sous l'emprise de la peur, renié Jésus par trois fois. Actuellement le pape renie également Notre-Seigneur. Saint Pierre, nous vous aimons et nous vous suivons parce que vous avez amèrement pleuré votre péché."

 Emettre ce parallèle est une absurdité qu'il convient de rejeter avec force. Bien avant nous, certains pirates de la foi, peu enclin à reconnaître l'infaillibilité pontificale dans toute son étendue, avançaient avec une assurance ce faux exemple du "reniement de saint Pierre".

 Au XII° siècle, saint François d'Assise tentait déjà de tordre  le cou à cette idée pernicieuse  :

  "Le reniement fait par saint Pierre le jour de la Passion ne doit pas vous troubler ici, car saint Pierre n’a pas perdu la foi, mais il a seulement péché quant à la confession de la foi. La peur lui a fait désavouer ce qu’il croyait. Il croyait bien, mais il a mal parlé." (La Controverse Catholique)

 Plus tard, au XIX° siècle, le R.P Marin de Boylesve (1813-1892), jésuite, anéantit cette objection dans un de ses ouvrages :

"Le Pape est infaillible dans la foi, c'est à lui d'y affermir les autres évêques, et non aux autres évêques de l'affermir et de le rendre infaillible. Mais, peu d'heures après, Pierre a failli trois fois, il a renié son Maitre. On ne s'explique pas comment cette objection a pu être posée avec quelque sérieux. Les solutions surabondent.

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1°  Pierre alors était-il vicaire de Jésus-Christ? Était-il déjà investi de la souveraineté pontificale, et chargé d'enseigner l'Église ? Évidemment non, puisque Jésus vivait encore et se trouvait présent sur la terre. Pierre n'a pu entrer en charge qu'après l'Ascension de son divin Maître, ou du moins, et tout au plus, après l'investiture expresse que nous entendrons dans un instant.

2° ... Ce n'était certes pas comme docteur universel, mais tout à fait comme particulier et pour son compte personnel, qu'il disait: Je ne connais pas cet homme. Tremblant pour lui-même, il ne songeait pas le moins du monde à enseigner quoi que ce soit à qui que ce fût ; très peu préoccupé, en ce moment, de ce qu'il fallait ou ne fallait pas croire pour être sauvé, il n'avait devant lui que de misérables valets dont pas un n'appartenait à l'Église, qui du reste n'existait pas encore et n'était pas encore formée. Jésus avait dit, il est vrai, que cet apôtre était la pierre sur laquelle il bâtirait son Église ; mais si les matériaux de l'édifice étaient amassés, et si la première pierre était désignée, elle n'était pas encore posée, et le fondement n'était pas établi.

3° Enfin, en cette triste circonstance, la foi a-t-elle manqué à Pierre ? Voyez-vous cette table servie en gras et entourée de convives, qui tous, à l'exception le ce jeune homme, catholique mais timide, sont plus qu'indifférents à l'égard de la loi de l'abstinence. Aujourd'hui c'est vendredi. Le bon jeune homme, fort embarrassé de se trouver là, accepte ce qu'on lui offre et fait gras. Un convive qui, à son embarras même, l'a reconnu pour ce qu'il est, lui rappelle, avec un sourire légèrement railleur, que c'est vendredi. — "Monsieur, répond le jeune homme avec une apparente hardiesse, Monsieur, je ne sais ce que vous dites". — Absolument comme Simon-Pierre !  Oh ! ce n'est pas la foi qui manque à ce chrétien-là, c'est autre chose. Non, mille fois non, Pierre n'a point manqué de foi ; c'est le courage qui chez lui fit défaut.

 Or si Jésus-Christ a garanti à Pierre l'infaillibilité dans la foi. il ne lui a point promis l'impeccabilité dans la conduite et dans la parole. Placés dans des circonstances analogues, d'autres Papes pourront aussi faiblir ; mais pas un ne faillira dans sa foi et dans son enseignement pontifical. (Réponses aux principales objections contre la puissance et contre l'infaillibilité du Pape, R.P. Marin de Boylesve, 1877)

  Peu après, c'est au tour  du Père Garrigou-Lagrange, dominicain et éminent philosophe et théologien thomiste du vingtième siècle de remettre les pendules à l'heure sur ce sujet :

"Le péché de Pierre – un triple reniement du Christ au cours de Sa Passion – fut un péché contre la confession extérieure de la foi : “Je ne connais pas le Christ”. Ce ne fut pas une perte de la foi. L’Apôtre aurait perdu la foi et péché mortellement contre l’acte intérieur obligatoire de la Foi s’il avait admis ce reniement dans son cœur ou s’il avait délibérément douté d’une quelconque vérité révélée au sujet de laquelle il avait reçu une instruction suffisante. Ses imprécations et jurements extérieurs, émis sous le coup de la peur, ne sont nullement une indication que tel eût été le cas."  (Les Vertus Théologiques, R.P. Garrigou-Lagrange, Vol. 1 : Sur la Foi)

 Il y a de quoi être surpris quand de soit-disant traditionalistes se plaisent à propager allégrement des idées fausses maintes fois réfutées dans le passé, au lieu de défendre et rétablir la vérité ! 

 Ainsi donc, au regard de ce que nous enseignent ces auteurs, affirmer que "le premier Pape a renié Notre Seigneur Jésus-Christ" constitue indéniablement :

- une calomnie envers saint Pierre,

- une attaque scandaleuse contre l'institution de la Papauté,

- un argument fallacieux et pernicieux des "minimalistes" en matière d'infaillibilité qui tentent de nous faire croire que le Siège apostolique peut commettre des actes d'apostasie.

 

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 Comparer les faux "papes" de Vatican II avec saint Pierre est un abominable blasphème !

 Saint Pierre, lui, a préféré souffrir le martyre et donner sa vie pour Notre-Seigneur. Jean-Paul II et Benoît XVI, eux, ont organisé et présidé tour à tour les plus spectaculaires des apostasies à Assises où toutes les grandes religions païennes du monde s’assemblèrent pour prier leurs "dieux" aux côtés des différentes communautés "chrétiennes".

 Saint Pierre, sauvez l'Eglise !

 Télécharger cet article en fichier PDF

Réfutation des erreurs de Mgr Williamson par Mgr Sanborn

Publié le par Clément LECUYER

 Nous publions la toute nouvelle traduction de la Réponse de Mgr Sanborn à Mgr Williamson. Nous remercions ici chaleureusement le traducteur de l'article qui peut être téléchargé en entier en cliquant ICI.

 Figurent dans les lignes qui suivent l'introduction et la conclusion du dossier de Mgr Sanborn:

mgr-sanborn-et-williamson.jpg
Mgr Williamson et Mgr Sanborn

Introduction

 Mgr Williamson a récemment publié sur son blog Kyrie Eleison une série d'articles dont le but est de réfuter le sédévacantisme. Après avoir attiré à lui les fervents antimodernistes de la Fraternité Saint Pie X, Mgr Williamson, je crois, est en train de découvrir parmi eux une certaine tendance au sédévacantisme. Certains d'entre eux sont des sédévacantistes déclarés, quoique opinionistes dans la plupart des cas. Cela signifie que, même s'ils pensent que Bergoglio n'est pas le pape, ils reconnaissent que l'opinion contraire, à savoir que Bergoglio est le pape, a des arguments probables en sa faveur. Je suis sûr que ma visite récente en Angleterre a aussi fait un peu bouger les choses. Dans cet article, je réponds à deux articles du blog de Mgr Williamson, numéros 343 du 8 février 2014, et 344 du 14 février 2014.

Conclusion

 Mgr Williamson se méprend gravement sur la nature du magistère, de l'infaillibilité de l'Église, de l'indéfectibilité de l'Église, et sur la nature du péché et du crime d'hérésie, ainsi que sur des éléments de base de la loi morale et de la loi criminelle commune. Ses théories sur le magistère rendent Mgr Williamson et ceux qui le suivent attachés à l'hérésie soutenant que le magistère ordinaire universel pourrait réellement enseigner quelque chose de contraire à la foi.

 L'erreur centrale de Mgr Williamson est qu'il sépare l'infaillibilité et l'indéfectibilité de l'Église Catholique Romaine de la hiérarchie de cette même Église, et la transfère aux fidèles cribleurs. Au contraire la force du raisonnement sédévacantiste est qu'il identifie absolument et exclusivement l'infaillibilité et l'indéfectibilité avec la hiérarchie Catholique Romaine. Par conséquent, une hiérarchie qui se trompe n'est pas une hiérarchie du tout. À Mgr Williamson, cependant, échappe une vue plus large et quelque chose qui est absolument fondamental: Vatican II et ses réformes sont-ils un changement substantiel de la Foi Catholique, ou simplement accidentel ? Posé d'une autre manière : La religion que je trouve à ma paroisse locale, tenue sous la direction et l'approbation du "pape" François, et de l'«évêque» local du Novus Ordo, est-elle la religion Catholique ? Encore d'une autre façon : Si je pratique la religion qui m'est donnée par ceux que Mgr Williamson reconnaît comme le Pape et les évêques Catholiques Romains, vais-je aller au ciel ? Cette religion plaît-elle à Dieu, ou lui déplaît-elle? Est-ce la vraie religion ou une fausse ? Si nous affirmons que la nouvelle religion est substantiellement la même que le Catholicisme d'avant Vatican II, que c'est la religion catholique, et qu'une personne peut sauver son âme en l'embrassant et en la pratiquant, alors quel besoin avons-nous du mouvement traditionnel ? Résister à ces changements serait résister à la Foi Catholique. Ce serait signer notre propre arrêt de mort éternelle.
  Si, en revanche, la nouvelle religion est une modification substantielle du Catholicisme Romain, si elle n'est pas la religion Catholique, déplaît à Dieu et conduit en enfer, alors comment pouvons-nous dire qu'elle est promulguée par une Église infaillible et indéfectible ? Mgr Williamson dans ses explications répète le verbiage standard d'Ecône pour justifier sa position consistant à reconnaître et résister. Ils veulent reconnaître la hiérarchie Novus Ordo comme la véritable hiérarchie Catholique Romaine, mais en même temps lui résister en presque tout. Ils condamnent le Concile, la Nouvelle Messe, les nouveaux sacrements. Ils disent aux gens de ne pas assister aux Messes approuvées par cette soi-disant hiérarchie Catholique Romaine. Puisque tout cela n'a absolument aucun sens selon la théologie Catholique, une nouvelle théologie devait être concoctée par Ecône pour se justifier. Je m'en rappelle. J'ai entendu toutes ces choses autrefois. J'ai entendu Mgr Lefebvre dire dans une conférence: "Le magistère de Vatican II est seulement du magistère ordinaire, qui n'est pas infaillible." À l'époque, j'y ai cru ; j'ai plus tard découvert que c'était une très grave erreur, même une hérésie, telle qu'elle se présente. Ce fut également Mgr Lefebvre qui utilisa l'analogie et le mot de filtrer le magistère et les disciplines de la hiérarchie Novus Ordo pour déterminer ce qui est Catholique et ce qui est Moderniste. La théologie d'Ecône enlève l'infaillibilité et indéfectibilité de l'Église de la hiérarchie Catholique, qui est l’Église enseignante, et la place dans les fidèles, l’Église croyante. Agir ainsi, c'est faire de l’Église Catholique l’Église Protestante, dans laquelle les individus sont inspirés par le Saint-Esprit pour trouver la vérité.
  La doctrine Catholique est que l’Église enseignante, la hiérarchie Catholique Romaine, est l'infaillible gardienne de la Tradition, et la propose infailliblement à toute l’Église. En effet, si ceci n'était pas vrai, il n'y aurait pas de Tradition à laquelle comparer Vatican II et ses réformes. Car, comme le théologien De Groot du dix-neuvième siècle dit dans son traité sur l’Église: "Quiconque sépare la garde et la préservation des traditions du magistère infaillible de l’Église, supprime l' infaillible certitude de ces traditions à l'égard des hommes".  Ironiquement, et Mgr Williamson et Hans Küng séparent la garde et la préservation des traditions de la hiérarchie de l'Église Catholique. Bien que certainement Mgr Williamson ne veut rien avoir à faire avec l'hérésie, néanmoins, par sa théologie d'Ecône, il se retrouve voisin de palier avec Hans Küng.

La question du Pape : “Juste une opinion” ?

Publié le par Clément LECUYER

  Nous publions la récente traduction d'un article de Mgr Sanborn très éclairant sur le relativisme de certains prêtres et laïcs sur la question du Pape. Ce document de l'évêque américain permet d'appuyer et compléter ce que nous avons voulu souligner lors de notre dernier article Réponse à l'abbé Rioult concernant certains points essentiels

La question du Pape : “Juste une opinion” ?
 

opinionisme.jpg

LA VACANCE du Siège Apostolique, la non-papauté de François I ainsi que de Benoît XVI, Jean Paul II, Jean Paul I, Paul VI et même Jean XXIII est un problème qui a, plus que tout autre, divisé les traditionnalistes ces cinquante dernières années.

Parmi ceux qui ont choisi la voie de la résistance aux réformes de Vatican II, la majorité professe être sédépleiniste, c’est-à-dire qu’ils tiennent que François I est véritablement le Pontife Romain. Ils suivent ainsi la direction de la Fraternité Saint Pie X. D’autres, une minorité, mais non insignifiante, sont sédévacantistes, c’est-à-dire qu’ils disent que François I n’est pas véritablement Pontife Romain, pas plus que ses prédécesseurs de Vatican II.

Cette différence de position théologique est cause d’une angoisse universelle chez ceux qui résistent à Vatican II. Chaque côté proclame que c’est son point de vue qui est le bon, et qu’il est véritablement nécessaire pour rester catholique. Chaque côté accuse l’autre d’être schismatique.

A l’automne 1979, Mgr Lefebvre publia un communiqué dans lequel il déclarait qu’il ne tolèrerait pas dans la Fraternité Saint Pie X ceux qui refuseraient de nommer Jean Paul II au canon de la Messe. En Europe, il renvoya un certain nombre de prêtres qui refusaient d’observer la règle. Au printemps 1980, il vint en Amérique avec le même programme : renvoyer ceux qui ne nommaient pas Jean Paul II au canon.

Cependant, au cours des négociations avec les prêtres étatsuniens, Mgr Lefebvre parvint à un compromis particulier. Il ne renverrait pas les prêtres de la Fraternité Saint Pie X, si ceux-ci étaient d’accord pour garder secret leur sédévacantisme. Ils pourraient ne pas nommer Jean Paul II au canon aussi longtemps qu’ils ne rendraient pas cela public. L’Opinionisme était né. L’archevêque lui-même formulerait le principe fondamental de l’opinionisme : « Je ne dis pas que le pape n’est pas pape, mais je ne dis pas qu’on ne peut pas dire que le pape n’est pas le pape ».

Le but de cet article est d’examiner l’opinionisme, et de juger s’il est légitime de le professer. L’identité du Pontife Romain peut-elle être matière à opinion ?

Sommaire :

I. Qu’est-ce qu’une opinion ?
II. Qu’est-ce qu’une opinion théologique ?
III. Cinq erreurs de l’opinionisme
- ERREUR 1  : L’opinionisme met l’identité du Pontife Romain, c’est-à-dire, Bergoglio est le Vicaire du Christ ou non, dans le domaine de l’“opinion théologique”.
- ERREUR 2 : L’opinionisme ramène la question de l’identité du Pontife Romain à une simple opinion théologique, comme s’il s’agissait d’une discussion entre théologiens à propos du sexe des anges. C’est comme si la question de l’identité du Pontife Romain n’avait d’effets ni dogmatiques ni moraux.
- ERREUR 3 : L’opinionisme confond conclusion théologique et opinion théologique.
- ERREUR 4 : Quelqu’un peut être libre de tenir que Bergoglio est ou n’est pas pape pour la seule raison que l’Eglise n’a rien dit à ce propos.
- ERREUR 5 : Aucune position n’est contre la Foi.
IV. Une objection : Et si vous avez un doute sur la papauté de Bergoglio ?
V. L’hypocrisie de la FSSPX

VI. Résumé et conclusion

> Pour lire l'article en entier, téléchargez le document (fichier PDF)

Citons le résumé et la conclusion de Mgr Sanborn :

A mon avis, l’opinionisme trouve ses racines dans l’indifférentisme vis-à-vis du Pontife Romain. Les opinionistes veulent vivre dans un monde de messe traditionnelle et de sacrements sans aucune référence au Pontife Romain.

Pour eux, dans l’ordre pratique, que Bergoglio soit pape ou non n’a pas d’importance. Ils assistent à la messe de n’importe quel prêtre du moment qu’il dit la messe traditionnelle, sans prêter attention à son rapport au Pontife Romain.

Une telle attitude est extrêmement dangereuse. Elle revient à retrancher le Pontife Romain du Catholicisme, et réduit notre adhésion à la Foi traditionnelle constituant un libre examen protestant. Il y a eu des moments dans l’histoire de l’Eglise où, pour être catholique, il fallait être sédévacantiste. Je fais référence à l’interrègne chaque fois qu’un pape meurt, ce qui a pu durer jusqu’à trois ans. Si un catholique venait à reconnaître un pape durant la vacance du Siège Romain, il aurait été schismatique. De même, un catholique serait schismatique s’il ne reconnaissait pas un pape véritablement régnant. Ainsi, dans cette situation, soit les sédépleinistes soit les sédévacantistes sont schismatiques. L’un exclut l’autre.

Mais ces deux systèmes opposés ne peuvent pas tous les deux être considérés comme des “opinions théologiques légitimes”.

Réponse à l'abbé Rioult concernant certains points essentiels

Publié le par Clément LECUYER

 Il y a quelques mois, plusieurs prêtres français étaient renvoyés de la FSSPX pour avoir osé remettre en cause la politique libérale de Mgr Fellay envers le Vatican. Parmi eux figure Mr l'abbé Rioult, qui, tout à son honneur, est devenu depuis non una cum. Malheureusement, il apparaît que de nombreuses erreurs subsistent encore dans son discours. Récemment interviewé à Paris, le 6 octobre 2013, nous pensons qu'il est utile de revenir sur certains points avancés par ce prêtre d'autant plus qu'il a assuré de façon épisodique l'aumônerie des religieuses de Crézan.

- Pélage : L’église conciliaire semble avoir fait des grands pas en avant avec François et avec sa vitesse et originalité ; il est difficile de dire où elle en sera demain. Si Mgr Lefebvre l’a déclaré schismatique (l’église conciliaire) mais reconnaissait quand même l’autorité de ceux qui se trouvent à sa tête, n’est-il peut-être pas temps de déclarer ses chefs comme dépourvus de toute autorité catholique ?
- Abbé Rioult : Pour moi c’est de l’ordre de l’opinion. Je ne sais pas ce qu’il est réellement ce François. Ce dont je suis certain, c’est que je ne suis pas en communion avec lui. Ce sont des faits publiques qui me donnent cette résolution pratique du problème : je peux conclure, je dois conclure ainsi. Mais je n’ai pas les compétences théologiques et encore moins l’autorité pour dire avec certitude que cette personne est ceci ou cela. Là, c’est ma faiblesse, je suis limité, je ne suis pas un grand théologien, voilà ! Et l’histoire de l’Eglise et la théologie montrent que l’Eglise a vécu pendant des siècles avec des opinions théologiques qui ont été incompatibles entre elles (sur la grâce, sur d’autres problèmes théologiques), pendant des siècles, tant qu’il n’y avait pas un jugement définitif et autorisé de l’Eglise. L’Eglise a vécu avec des opinions théologiques contradictoires. Eh bien je pense qu’aujourd’hui nous vivons le mystère d’iniquité et il faut avoir cette charité nécessaire et même cette humilité intellectuelle d’accepter diverses explications tant que l’Eglise n’aura pas tranché avec autorité. Acceptons les opinions même si elles sont contradictoires mais que cela n’empêche pas la dispute théologique et de montrer les faiblesses de tel ou tel argument.

1. Première erreur : "C'est de l'ordre de l'opinion"

a/ La position du sédévacantisme est-elle une opinion ou relève-t-elle d'une conclusion théologiquement certaine ?

Le "sédévacantisme" s'appuie sur deux raisonnements. Cette position ne peut être remis en question car elle découle directement de la doctrine catholique et du magistère infaillible de l'Eglise : 

 1. L'infaillibilité pontificale

- Majeure :  Depuis Vatican II, ceux qui nous sont présentés comme Papes enseignent publiquement l'hérésie et s'opposent aux fondements de la religion catholique.
- Mineure : Or, un Pape ne peut pas dévier de la foi. Ceci un dogme de foi enseigné par Notre Seigneur et bien évidemment par les Papes et l'ensemble des docteurs de l'Eglise.

- Conclusion : Par conséquent, Paul VI, Jean-Paul I°, Jean-Paul II,  Benoît XVI et François ne peuvent pas êtres des Papes de l'Eglise catholique.
> Plus de précisions ICI
  

2.  La soumission des fidèles catholiques au Pape

- Majeure : La foi nous commande de rejeter l'enseignement, les réformes et les hérésies des "papes" conciliaires.
- Mineure : Or, il est nécessaire et obligatoire de la part d'un fidèle catholique d'obéir et d'être soumis au Pape quand ce dernier est dans son domaine. Ceci est de foi divine et catholique.

- Conclusion : il est donc absolument certain que les "papes" de Vatican II sont démunis de l'Autorité Pontificale qu'ils devraient posséder.
> Plus de précisions ICI

b/ Est-ce important de savoir si François est Pape ? N'est-ce pas plutôt une opinion libre?

Citons Mgr Sanborn :

La question de la papauté de Benoît XVI n'est-elle pas une simple question d'opinion ?

"Absolument pas. Notre salut éternel dépend de notre soumission au Pontife romain. Par conséquent, la question de la papauté de Benoît XVI est d'une importance suprême, et nous devons apaiser nos consciences à ce sujet d'une façon ou d'une autre. Si nous concluons que le Concile Vatican II est en contradiction avec l'enseignement de l'Eglise, alors nous devons refuser de reconnaître Benoît XVI comme vrai Pape. En revanche, si nous concluons que l'enseignement de Vatican II ne constitue pas une modification substantielle de la Foi catholique, alors nous devons reconnaître Benoît XVI comme un vrai Pape et suivre ce qu'il nous ordonne de faire. Un catholique qui ne se soucie pas de savoir s'il est ou non Pape n'a pas du tout l'esprit catholique. Au contraire, c'est un état esprit de schisme et de rejet de l'autorité. Durant le Grand Schisme d’Occident, pendant lequel il y a eu trois prétendants au trône pontifical, Saint Vincent Ferrier a condamné ceux qui étaient indifférents quant à savoir qui était le vrai Pape."

Mgr Sanborn ici n'invente rien mais se réfère au magistère de l'Eglise catholique :

  • Boniface VIII :

"Nous déclarons, disons, définissons et prononçons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain." (Bulle Unam Sanctam)

  • Pie XI :

"Personne ne se trouve et personne ne demeure dans cette unique Eglise du Christ, à moins de reconnaître et d’accepter, avec obéissance, l’autorité et la puissance de Pierre et de ses légitimes successeurs." (Mortalium animos, 1928

  • Pie XII :

 "C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, vicaire du Christ sur terre”. (Lettre du Saint-Office à l’Evêque de Boston, DS 3867

2. Deuxième erreur : "Nous ne sommes pas l'autorité donc nous ne pouvons rien affirmer"

 Une chose est d'avoir le pouvoir de dire que les "papes" d'après Vatican II ne sont pas de vrais Papes et une autre chose est d'être obligé, pour garder la foi, de constater qu'ils n'ont pas l'autorité pontificale.

 Évidemment, ce n'est pas à des membres de l'Eglise enseignée de prétendre constater publiquement, avec toute l'autorité requise, la vacance du Saint-Siège.

 Les "sédévacantistes" n'entendent que constater - d'une constatation qui est un jugement privé - qu'aucun des "papes de Vatican II" ne peut être pape en réalité et devant Dieu, car ce que font les "papes de Vatican II", aucun pape ne peut le faire : ni promulguer les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II et en maintenir les enseignements qui s'opposent à des jugements du magistère infaillible, ni promulguer et maintenir la "nouvelle messe" qui s'oppose "en général et dans le détail" à l'enseignement du Concile de Trente.

 Contrairement à ce que dit l'abbé Rioult, il n'est pas utile d'avoir de grandes compétences théologiques pour constater tout ceci et porter la conclusion logique qui s'impose au regard des faits et de la doctrine traditionnelle catholique.    Ainsi, l'abbé Rioult a tout à fait la faculté et même le devoir de remettre en cause, d'un jugement privé,  la fonction, l'autorité et le respect des Pasteurs incriminés. C'est la foi qui nous le commande.


"Oui, il est permis et même commandé aux fidèles d’indiquer la raison de leur foi, de tirer les conséquences de celle-ci, de lui trouver des applications, d’en tirer des parallèles et des analogies. Le laïc fidèle a la faculté de faire tout cela, et il l’a d’ailleurs fait à toutes époques sous les applaudissements de l’Église." (Don Felix Sarda y Salavany)  

  Encore une fois, les "sédévacantistes" n'entendent pas se substituer à ceux qui ont pouvoir sur l'élection et encore moins à l'Eglise enseignante pour porter un jugement autorisé et public sur les "papes de Vatican II", mais porter tout au plus un jugement privé dans ce domaine.  

 Redonnons la parole à Mgr Sanborn :

Avons-nous le pouvoir de dire que ces Papes de Vatican II ne sont pas vrais Papes ?

"Nous n'avons pas le pouvoir de le déclarer légalement. Mais d'autre part, en tant que Catholiques, nous avons l'obligation de comparer ce qui est enseigné par le Concile Vatican II avec l'enseignement de l'Église Catholique. La vertu de Foi exige que nous le fassions, car la Foi est la sagesse surnaturelle et par conséquent demande que tout soit en conformité avec elle. Si nous n'avions pas fait cette comparaison, nous n'aurions pas la vertu de Foi. Si nous constatons que les enseignements de Vatican II ne sont pas en conformité avec l'enseignement de la Foi Catholique, nous sommes obligés de rejeter Vatican II, et obligés de conclure que ceux qui le promulguent n'ont pas l'autorité du Christ. Sinon, notre adhésion à l'erreur qui est contraire à la Foi serait la ruine de la vertu en nous, et nous deviendrions hérétiques. De même, si l'on accepterait l'idée que l'Eglise Catholique a été en mesure de promulguer de fausses doctrines, un mauvais culte et de mauvaises disciplines, nous serions hérétiques. Donc, conclure en privé que Benoît XVI est un hérétique, voire un apostat de la Foi, n'est pas « juger » le Pape au sens où il faut entendre des canonistes et des théologiens.
En fait, si l'on ne pouvait même pas penser à la possibilité que le Pape est un hérétique, alors pourquoi de nombreux théologiens parlent-ils de cette possibilité et de ses conséquences ?"

> Lire notre article : Réfutation concernant la supposée usurpation d'autorité de la position "sédévacantiste"

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/05/cristo-ferito-dalle-bombe.jpg?w=498&h=561 Quant aux divergences théologiques qui ont existé au cours de l'histoire de l'Eglise, Mr l'abbé Rioult fait fausse route en les évoquant pour  justifier sa position.  

 Certes, l'histoire de l'Eglise nous offre de nombreux exemples de points de vue théologiques différents ; la controverse la plus célèbre reste la confrontation musclée entre dominicains et jésuites concernant la grâce. Tout en rappelant que l'unité dans la foi était l'essentiel, l'autorité de l'Eglise a toujours relativisé ces "divisions" de théologiens et a même parfois rappelé à l'ordre les esprits belliqueux.Car il s'agissait d'opinions théologiques secondaires alors qu'aujourd'hui, nous sommes confrontés à des faits venant s'opposer directement aux dogmes et aux principes de la foi, condamnés magistère infaillible de l'Eglise. Il ne peut donc y avoir de comparaison possible.

3. Troisième erreur : Messes una cum ou non una cum ? Il y a peu d'importance affirme l'abbé Rioult. L'importance est le combat antimoderniste.

-  Pélage : Autrefois on voyait des sédévacantistes déclarés à côté de ceux qui reconnaissaient l’autorité de Paul VI, tous menant la guerre contre les modernistes. Je parle surtout des années 1960 et 1970... En outre nous avons pu entendre l’abbé Grossin (source) et l’association mexicaine Trento (source) proposer la collaboration avec les prêtres de la Fraternité en désaccord avec la direction de celle-ci et voulant toujours mener le combat contre l’église conciliaire. Pensez-vous une telle collaboration souhaitable ? Possible ?

- Abbé Rioult :"Tout à fait. Je pense qu’il serait bon qu’on retrouve cette liberté d’opinion, et cette collaboration entre toutes les forces catholiques.
De même qu’il est dommage que des sédévancantistes refusent la communion avec les una cum qui ont la foi et qui luttent contre les modernistes, de même il est injuste que les una cum (dont la FSSPX officielle) excommunient concrètement les prêtres non una cum dont l’opinion n’est rien moins que théologique. Le problème est unique et aucune théologie n’en a vraiment traité. Il ne s’agit pas de savoir si le pape hérétique reste pape. Nous sommes face à un problème d’une toute autre envergure : l’apostasie de l’Eglise romaine prédite par saint Paul et enseignée par saint Thomas !"

En premier lieu, laissons répondre Mr l'abbé Grossin qui est cité par "Pelage" :

"Je n'ai jamais écrit que je proposais une collaboration entre prêtres "una cum" et prêtres "non una cum". J'ai proposé de recueillir les prêtres renvoyés, chez moi, s'ils n'avaient pas de maison où aller. Je suis ouvert à la discussion avec eux, mais je ne mets pas du tout la question du pape et de la messe "una cum" au rang des opinions. Ce n'est pas une opinion, c'est une conclusion théologique certaine, ce qui est beaucoup plus fort et contraignant sans être pour autant un dogme défini, évidemment !

M. l'abbé Rioult n'a pas compris que citer un hérétique notoire au Canon de la Messe est un acte sacrilège. On ne peut pas approuver ceux qui font des sacrilèges publics et encore moins communier à leur sacrilège. Ce n'est pas une question d'opinion." 

  Il est évident que la question des messes una cum ou non una cum est essentielle et primordiale : Que Notre-Seigneur soit blasphémé en étant associé au canon de la Messe avec un antichrist, chef d'une nouvelle religion anticatholique, n'est pas un "point de détail" !

 Comment peut-on résister d'un côté contre le modernisme et de l'autre être unis avec les modernistes au sein même du saint Sacrifice de la Messe, qui est "la somme et le centre de la religion chrétienne" (Pie XII, encyclique Mediator Dei) ?  Il ne peut y avoir de collaboration entre prêtres et fidèles una cum et non una cum ; on ne peut s'allier avec des gens qui sont, selon les dires de saint Alphonse de Liguori,  "la peste et la ruine de l'Eglise [en prétendant et voulant] que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi."

 Nous invitons tous nos lecteurs à prier pour Mr l'abbé Rioult pour que le Saint-Esprit éclaire ce prêtre qui a eu le mérite, soulignons-le, de s'arracher aux griffes de la Fraternité saint Pie X.

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Le Conclave n'est pas infaillible

Publié le par Clément LECUYER

 Comme l'écrivait en 2002 M. l'abbé Ricossa dans sa revue Sodalitium (n° 52), beaucoup de gens  - dont les administrateurs du site La Question - croient à tort que c’est le Saint-Esprit qui garantit l’élection d'un Pape en inspirant les cardinaux, ce pour quoi l’élu du Conclave serait choisi directement par Dieu. Tout d'abord, on ne retrouve rien de tel dans les actes du magistère catholique. Au contraire, le cardinal Journet rappelle que, lorsqu’on parle de sainteté de l’élection papale  :

On ne veut pas dire par ces mots que l’élection du pape se fait toujours par une infaillible assistance puisqu’il est des cas où l’élection est invalide, où elle demeure douteuse, où elle reste donc en suspens. On ne veut pas dire non plus que le meilleur sujet soit nécessairement choisi. On veut dire que, si l’élection est faite validement (ce qui, en soi, est toujours un bienfait), même quand elle résulterait d’intrigues et d’interventions regrettables (mais alors ce qui est péché reste péché devant Dieu), on est certain que l’Esprit Saint qui, par-delà les papes, veille d’une manière spéciale sur son Eglise, utilisant non seulement le bien, mais encore le mal qu’ils peuvent faire, n’a pu vouloir, ou du moins permettre cette élection que pour des fins spirituelles, dont la bonté ou bien se manifestera parfois sans tarder dans le cours de l’histoire, ou bien sera gardée secrète jusqu’à la révélation du dernier jour. Mais ce sont là des mystères dans lesquels la foi seule peut pénétrer” ( L'Eglise du verbe incarné - pp. 978-979).

 Qui plus est, comment peut-on évoquer une quelconque infaillibilité du Conclave alors que  le Concile Vatican I définit  que l'infaillibilité du magistère ordinaire universel des évêques  est possible uniquement si ces derniers sont en union avec le Pape régnant. Or, en cas de Conclave, du fait de l'absence de Pape, aucune autorité humaine ne détient une quelconque infaillibilité.  Seul le pape est autorité suprême dans l’Eglise et possède juridiction sur l’Eglise universelle. Les évêques participent à cette autorité suprême dans la seule mesure où le pape les en fait participer.

 Affirmer le contraire revient à adhérer à la doctrine de Vatican II sur la collégialité qui affirme que le sujet de l’autorité suprême dans l’Eglise est le collège des évêques avec le Pape. Ceci est contraire à la doctrine définie par les Conciles de Florence et de Vatican  I.

 Enfin, si un Conclave est infaillible, comment peut-on expliquer le fait que le Pape Paul IV ait décrété et défini ex cathedra que "si jamais il advient qu'un évêque, [...] qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les car­dinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... " (Constitution apostolique Cum ex apostolatus) ? Il y a manifestement contradiction ! Si les cardinaux étaient infaillibles dans leur choix, il est strictement inconcevable qu’ils puissent hypothétiquement élire, comme  le stipule Paul IV, un hérétique. Certains répondront que la bulle de Paul IV, reprise par Saint Pie V, n'a plus de valeur juridique. Rien n'est moins certain. Mais la question n’est pas de savoir si la législation de Paul IV est ou non toujours en vigueur car quoi qu'il en soit, la Bulle de Paul IV est certainement valable en tant que principe et garde sa valeur magistérielle.

 Nous pouvons tenir le même raisonnement quant à une  déclaration du Pape Jules II : 

"Est absolument nulle l'élection qui serait faite par simonie, même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux ; l'élu perd pour toujours charges et bénéfices même antérieurs, y compris le cardinalat.  Cette élection n'est validée,  ni par l'obédience et l'hommage des cardinaux, ni par la prescription qui résulte d'un temps notable."  (Bulle Cum tam divino du 14 janvier 1503)

 Ainsi, il est absolument faux et absurde de prétendre que l'élection du Pape par les cardinaux relève de l'infaillibilité de l'Eglise. Le grand schisme d'Occident et les conclaves à partir de Vatican II en sont  d'ailleurs l'illustration.

Austremoine nie explicitement un dogme de l'Eglise

Publié le par Clément LECUYER


"Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez Mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre" (Act 1, 8)

Notre-Seigneur aux Apôtres

 Alors que l'internaute "Austremoine" propage sur les forums et blogs supposés "traditionnalistes" une doctrine clairement pernicieuse contre la foi, nous pensons qu'il est temps de montrer à tous à qui nous avons affaire. En dépit des fausses apparences, Austremoine est, qu'il en ait conscience ou non, un ennemi de la doctrine de toujours de l'Eglise, de cette doctrine immuable, découlant de la sainteté de l'Eglise catholique.

 Le dernier exemple que nous mettrons ici en valeur est son reniement d'un dogme catholique. Dans un message posté sur le forum libéral FECIT, il compare le dogme de l'infaillibilité d'un Concile œcuménique approuvé par un Pape à une "ineptie" !

"Un concile œcuménique approuvé par le pape est infaillible de nature ? d'où sortez-vous cette ineptie ?" (Source : Fecit)


  Ce qu'Austremoine nomme ineptie est tout simplement une vérité de foi crue et enseignée par l'Eglise !

 Oui, il est de foi qu'un Concile convoqué et approuvé par un vrai Pape est par le fait-même infaillible ; tout catholique doit adhérer à ce dogme de foi. Car ex se et de jure, tout concile œcuménique fait partie du Magistère extraordinaire de l'Eglise et est donc infaillible (Concile Vatican 1, Constitution dogmatique Dei Filius, ch. 3).

  "L’infaillibilité conciliaire et pontificale sont interreliées mais non identiques. Les décrets d’un concile approuvés par le Pape sont infaillibles par le simple fait de cette approbation, parce que le Pape est également infaillible extra concilium... L’infaillibilité du concile est intrinsèque, i.e. découle de sa nature." (Catholic encyclopedia, 1913, vol. IV, avec Imprimatur du cardinal Mgr John Murphy Farley, archevêque de New-York et Cardinal) 

 

  "Tous [les théologiens catholiques] admettent comme positif que le concile œcuménique, confirmé par le pontife romain, est infaillible par lui-même." (Théologie dogmatique, T.6, du R.P Perronne, recteur du collège des jésuites, 1858) 

 

 "Les conciles œcuméniques et généraux [approuvés par le Pape] ont par eux-mêmes une autorité suprême et infaillible, tant pour ce qui regarde la foi que pour ce qui regarde les mœurs et certains points généraux de discipline commune à toute l'Église... Cette infaillibilité des conciles œcuméniques leur vient de ce qu'ils représentent tonte l’Église qui est infaillible, selon les promesses de Jésus-Christ." (Dictionnaire de théologie à l'usage des gens du monde de l'abbé Jacquin, 1858) 


 Il ne peut y avoir place au doute ; un Concile œcuménique, c’est l’Église enseignante dans sa totalité, c’est l’organe du magistère universel de l’Église. "Les conciles œcuméniques représentent l'Église universelle" disait le Mgr Thomas Gousset (Archevêque-Cardinal de Reims dans sa Théologie dogmatique, 1853) qui ne faisait que de répéter une vérité enseignée depuis des siècles. Au XV° siècle, lors du Concile de Constance, le Pape Martin V l'affirmait déjà.

 Or, l'Eglise ne peut ni se tromper, ni nous tromper, ceci est l'acte de Foi.

 L'éminent Mgr Louis-Gaston de Ségur, qui s'est vu maintes fois encouragé et félicité par le Pape Pie IX pour ses publications, l'écrit de façon suffisamment claire pour que tout doute soit écarté :

  "Le Concile [convoqué et approuvé par un Pape] n'est autre chose que l'Eglise enseignante assemblée; et c'est pour cela que le Concile est infaillible, et que tous ses décrets, toutes ses décisions ont un caractère d'autorité souveraine et divine. Tout le monde doit s'y soumettre ; tout le monde, sans exception. Et c'est tout simple : qui a le droit de ne pas se soumettre à Dieu ?" (Le Pape est infaillible, 1870) 

 

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 Il est donc de foi qu'un Concile est, de par nature, infaillible par le fait qu'il soit approuvé par un Pape. Quiconque refuse de reconnaître ce dogme, promulgué lors du Concile Vatican I, professe l'hérésie. Citons pour finir un extrait d'un Dictionnaire de Théologie :

  "Il est certain qu'un Concile auquel ont été invités tous les Pasteurs de l'Eglise universelle , qui est présidé par le Souverain Pontife ou par ses Legats, confirmé par son autorité, est la voix de l'Eglise Catholique, à laquelle tous les fidèles, sans exception, sont obligés de se soumettre. L’Église ne peut professer sa croyance d'une manière plus authentique et plus éclatante que par la voix de ses Pasteurs assemblés et réunis à leur chef. Quiconque refuse de se conformer à cet enseignement est hérétique, cesse d'être membre de l'Eglise de Jésus-Christ."  (Dictionnaire de Théologie du Chanoine Berger, 1823)  


 Nous demandons donc à Austremoine de rétracter son hérésie publique qui le désavoue auprès des lecteurs du forum FECIT et du blog Tradinews. Il est malheureux que des plates-formes internet se proclamant de la Tradition relaient des messages clairement acatholiques. 

Télécharger en fichier PDF (3 pages) en cliquant ICI

> Pour aller plus loin :

- Infaillibilité du "Concile" Vatican II : réfutation d'un article de La Question
- M. l'abbé BELMONT : Le concile Vatican II est-il infaillible ?

- Les portes de l'enfer et Austremoine

Les portes de l'enfer et Austremoine

Publié le par Clément LECUYER

  "Le sédévacantisme veut dire que le siège est vacant, qu'il n'y a pas de pape, que Benoit XVI n'est pas pape. Une telle position revient à considérer que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est le refus d'un dogme de Foi."
Austremoine, forum FECIT

   L'internaute "Austremoine" nous ressort donc ici ce vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. Rappelons encore une fois que la position sédévacantiste n'aboutit pas à considérer que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux ; mais Austremoine n'est pas à sa première contre-vérité, loin de là.


"Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un priviliège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !"
Mgr Gibier,  l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.

 L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle  ; le Siège Apostolique est une institution immortelle de nature perpétuelle.  Ceci n'est pas une opinion, c'est la doctrine catholique et le bon sens.

 En effet, si l'Eglise venait à cesser d'exister lors d'une vacance du Siège Apostolique, cela signifierait logiquement qu'elle aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape, et ce, peu importe la durée de vacance. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction avec la doctrine catholique.

  C'est ce qu'affirme le Code de Droit Canonique de 1917, promulgué par le pape Benoît XV :

"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).

  Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.

  Dom Guéranger "... Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation. " (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte) 

  Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège  apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)

 Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant,  "et ce quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).

 De plus, la vacance actuelle a été prédite et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par plusieurs Souverains Pontifes tels que Léon XIII,  ainsi que par d'imminents prélats comme le cardinal Pie et Mgr de Ségur.

 Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)

"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.

 "Le Christ a permis ceci: que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, siègerait dans le temple de Dieu, que les siens (les vrais chrétiens) seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le siège de Pierre." (Pierre le vénérable, De miraculis libri duo, livre II, ch.16; Bol. T.14, page 473).
 
  Austremoine devrait savoir que prévaloir signifie remporter la victoire finale. Jésus-Christ n'a jamais dit que l'enfer ne gagnerait pas de victoire sinon Il aurait proclamé que "les portes de l'Enfer ne vaudront pas sur l'Eglise". Bien au contraire n'a-t-Il pas déclaré ceci : "Lorsque le Fils de l’Homme viendra sur terre, trouvera-t-Il encore la foi" (Luc XVIII, 8) ?
 
 Qu'Austremoine arrête donc de réitérer ses erreurs mensongères. Non seulement il propage l'erreur en affirmant que la position Sede Vacante considère que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, mais il devrait admettre plutôt que les faux "traditionalistes", dont il fait partie, soutiennent, eux, que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise. En effet, n'affirment-ils pas que l'Eglise catholique propage l'erreur depuis Vatican II ? Citons Léon XIII : "Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle".   Voici la portée de cette divine parole : l'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle,que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que  ce soit." (Encyclique Satis Cognitus).
 
Par ses propos, Austremoine symbolise bel et bien cette dérive de cette fausse "Tradition" méprisant la doctrine traditionnelle de l'Eglise. 

Réfutation concernant la supposée usurpation d'autorité de la position "sédévacantiste"

Publié le par Clément LECUYER

Il n'est pas rare d'entendre des "traditionalistes" soutenir, contre la position sédévacantiste, l'objection suivante : "Ceux qui affirment que le Saint-Siège est vacant ou occupé s'attribuent une autorité qui ne leur appartient pas."

Afin de mettre fin à cette fausse idée malheureusement largement répandue , nous publions ci-dessous une réfutation - que nous nous sommes autorisés à légèrement retoucher et compléter - rédigée par un ami lecteur que nous remercions vivement.

______________

Sede Vacante

  Évidemment, ce n'est pas à des membres de l'Eglise enseignée de prétendre constater publiquement, avec toute l'autorité requise, la vacance du Saint-Siège. Mais attribuer une telle prétention aux dits "sédévacantistes" relève au moins de l'ignorance la plus crasse (lors même que l'on entend disserter sur le dos desdits "sédévacantistes" !) et au pire de la malhonnêteté la plus criante.  

 Les "sédévacantistes" n'entendent que constater - d'une constatation qui est un jugement privé - qu'aucun des "papes de Vatican II" ne peut être pape en réalité et devant Dieu, car ce que font les "papes de Vatican II", aucun pape ne peut le faire : ni promulguer les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II et en maintenir les enseignements qui s'opposent à des jugements du magistère infaillible, ni promulguer et maintenir la "nouvelle messe" qui s'oppose "en général et dans le détail" à l'enseignement du Concile de Trente.

  Ces mêmes "sédévacantistes" n'entendent pas se substituer à ceux qui ont pouvoir sur l'élection et encore moins à l'Eglise enseignante pour porter un jugement autorisé et public sur les "papes de Vatican II", mais porter tout au plus un jugement privé dans ce domaine.  

  Un tel jugement privé est-il légitime ? Peut-on légitimement porter un jugement privé sur la légitimité de tel ou tel pontife (en attendant un jugement public de l'Eglise enseignante) ?  

  Mais qu'ont fait les saints ? Qu'a fait par exemple saint Bernard lorsqu'il s'est prononcé (à raison) contre la légitimité d'Anaclet II, sinon porter (certes publiquement) un jugement privé (c'est-à-dire un jugement qui de soi ne faisait pas autorité dans l'Eglise) ? Qu'ont fait les saints du "Grand Schisme d'Occident" ? Sainte Catherine de Sienne en faveur d'Urbain VI (et avec quelle véhémence !), saint Vincent Ferrier en faveur de Benoît XIII (puis contre ce même Benoît XIII, mais sans renier la légitimité d'origine de Benoît XIII) ? Et ce ne furent pas seulement les saints, mais la plupart des évêques, pères abbés, curés et chanoines (parfois en sens contraire de leur évêque) qui se prononcèrent sur la légitimité de l'obédience urbaniste, de l'obédience clémentiste, ou de l'obédience pisane... avant que l'Eglise enseignante, finalement, ne se prononce avec autorité que sur l'état des choses en 1417, laissant chacun libre de ses opinions concernant la période 1378-1417. Tous les membres de l'Eglise (parmi lesquels des saints) auraient-ils pu avoir tort de se prononcer d'un jugement privé (ou d'un jugement public douteux, ce qui revient au même) sur la question de la légitimité du (des) pontife(s) durant tout ce laps de temps ?  

 Les catholiques ont-ils attendu la sentence canonique de l'Eglise pour dénoncer les hérésies de Luther et refuser de le reconnaître comme catholique, du fait de son rejet répété, pertinace et public de vérités dogmatiques enseignées par l'Eglise catholique ? Non.

 Doit-on rappeler quelle fut l'attitude des prêtres et laïcs de Constantinople quand leur patriarche Nestorius a commencé à leur enseigner avec pertinacité que la Sainte Vierge n’était pas la Mère de Dieu ? Ils ont dès ce moment cessé de le reconnaître comme Pasteur légitime et ont refuser de le nommer au canon de la messe – non una cum ! ;  l’Église, qui a excommunié Nestorius plusieurs années après, le début des faits, ne leur en a fait aucun reproche, bien au contraire, elle a canonisé au moins l’un d’entre eux, saint Hypace.

  Que ce jugement privé puisse être faux de fait (c'est-à-dire dénier la papauté à qui est réellement pape) ne change rien à la chose : de droit, il peut être légitime de porter un tel jugement privé. Citons ici Don Felix Sarda y Salavany :

« L’Église seule possède le magistère doctrinal suprême en fait et en droit, juris et factis ; son autorité souveraine est personnifiée dans le Pape. À lui seul appartient le droit de prononcer la sentence finale, décisive et solennelle. Cela n’exclut cependant pasd’autres jugements moins autorisés, mais d’un grand poids, que l’on ne saurait mépriser et qui doivent même lier la conscience chrétienne.Ce sont : 

       5. le jugement de la simple raison humaine dûment éclairée.

  Oui, la raison humaine occupe – pour parler à la manière des théologiens – une place théologique dans l’ordre de la religion. La foi domine certes la raison, qui doit lui être subordonnée en tout. Mais il est entièrement faux de dire que la raison ne peut rien faire dans l’ordre de la foi, qu’elle n’a aucune fonction à y remplir ; il est faux de dire que la lumière inférieure, placée par Dieu dans la compréhension humaine, ne peut pas briller du tout sous prétexte qu’elle ne brille pas avec la même puissance et la même clarté que la lumière supérieure. Oui, il est permis et même commandéaux fidèles d’indiquer la raison de leur foi, de tirer les conséquences de celle-ci, de lui trouver des applications, d’en tirer des parallèles et des analogies.Ainsi est-ce par l’usage de leur raison queles fidèles ont le droit d’évaluer et de discuter l’orthodoxie de toute nouvelle doctrine qui leur est présentée en comparant cette dernière à une doctrine déjà définie. Si la nouvelle doctrine n’est pas conforme à l’ancienne, ils peuvent la combattre comme étant mauvaise et stigmatiser à juste titre comme étant mauvais le livre ou le journal qui la soutient. Il ne peuvent évidemment la définir ex cathedra, mais il leur est loisible de la tenir pour perverse et de la dénoncer comme telle, de jeter un cri d’alarme, de mettre en garde contre elle et de lui porter le premier coup.Le laïc fidèle a la faculté de faire tout cela, et il l’a d’ailleurs fait à toutes époques sous les applaudissements de l’Église. Ce faisant, il ne s’érige nullement en pasteur du troupeau, et pas même en son humble second ; il se borne à lui servir de chien de garde chargé de donné l’alarme. Opportet allatrare canes : « Il faut que les chiens aboient », a dit fort opportunément un grand évêque espagnol à propos de ces questions. » (Don Felix Sarda y Salavany, Le Libéralisme est un Péché)

  S'il n'est donc pas donné à de simples membres de l'Eglise (considérés de ce seul point de vue) de se prononcer d'un jugement public et autorisé (c'est-à-dire faisant autorité) sur la légitimité d'un sujet apparemment pape, il est donc avéré qu'ils peuvent en être amenés à pouvoir et même devoirporter un jugement privé là-dessus.  

  Dans le même ordre d’idées, il n’est donné à aucun des simples fidèles et prêtres de se substituer à l’Eglise enseignante et de porter un (prétendu) jugement public contre les enseignements d’un présumé concile œcuménique : collégialité, œcuménisme, théologie d’Israël, liberté religieuse etc. ni pareil (prétendu) jugement à l’encontre d’un ordo missæ promulgué et maintenu par de présumés papes. Ce serait, de la même façon, mériter le blâme pour prétendre  "juger le pape".  

  Évidemment, ce n’est pas ce que font les "traditionalistes", qui ne prétendent certes pas porter un jugement autorisé et public à l’encontre de Vatican II et de la "nouvelle messe", mais simplement constater que les uns et les autres (Vatican II, "nouvelle messe" etc.) "s’éloignent considérablement"de la doctrine catholique et même de la foi catholique (si ce n’est de la foi divine !). Il ne s’agit là encore que de jugements privés revendiqués comme tels.  

  Donc ces "traditionalistes" ne méritent pas le blâme pour prétendre juger le "pape" ou "juger à la place du pape"…

à la condition toutefois qu’ils puissent juger. En effet, si le fait que Paul VI et successeurs ne sont pas papes n’est pas vrai et constatable, et si l’on ne se rend pas à cette conclusion (jugement privé), DE QUEL DROIT peut-on porter quelque jugement privé que ce soit à l’endroit de ce que Paul VI et successeurs ont promulgué ? 

  En effet, si Paul VI et successeurs sont bel et bien Papes, s’ils sont de surcroît regardés comme tels par nos "traditionalistes", ces derniers ne sont-ils pas en train de juger celui et ceux qu’ils regardent comme papes ?Ne sont-ils, pas de leur propre aveu, non seulement en train de juger objectivement le Pape, mais (encore plus grave car l’erreur de droit est incomparablement plus grave que l’erreur de fait) ne sont-ils pas en train de juger celui qu’ils regardent comme Pape ?  

  Dès lors qui sont vraiment les disciples de Luther, sinon ceux qui jugent ceux qu’ils regardent comme Papes ?  Car prétendre que l’on peut, tout en reconnaissant la légitimité du Pape en question, refuser de reconnaître et d'appliquer un concile œcuménique et des réformes liturgiques approuvés et promulgués par un vrai Pape, consiste bel et bien à donner raison à Luther ! En effet, n'est-ce pas lui  qui déclarait que :

« Il nous a été donné de pouvoir infirmer l’autorité des conciles, de contredire librement à leurs actes, de nous faire juge des actes qu’ils ont portés, et d’affirmer avec assurance tout ce qui nous paraît vrai; que cela soit approuvé ou réprouvé par n’importe quel concile. » (29° proposition de Luther)

  Cette proposition (que beaucoup de 'traditionalistes' [FSSPX, FSSP] adoptent pour soutenir leur position) fut, avec tant d'autres, réprouvée par Léon X (bulle Exsurge Domine, 16 mai 1520).

 En ce sens, seuls les "sédévacantistes" ont le droit de juger d’un jugement privé les enseignements de Vatican II et la "nouvelle liturgie". Les "sédéplénistes" d'obédience "lefebvriste" ou d'obédience "nantiste", par le fait même qu’ils portent de tels jugements à l’endroit du "concile" et de la "messe" de ceux qu’ils regardent comme papes se condamnent surtout eux-mêmes !

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Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question

Publié le par Clément LECUYER

« Le pape Adrien VI ne favorisa jamais, ni de près ni de loin, les opinions gallicanes. Que les partisans du Gallicanisme veuillent donc retirer Adrien de la liste des Papes entachés de leurs erreurs. »
Père H. Montrouzier (jésuite, professeur de théologie, de Droit Canon et d'histoire ecclésiastique), Revue du monde catholique, 1869, Volume 27, p. 326

  Le blog La Question, vient de publier récemment un article dans lequel il tente de nouveau de prouver la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Cette fois-ci, son angle de tir concerne le Pape Adrien VI.
 

« Toutefois, la raison de la célébrité de ce pontife aujourd’hui ne vient pas de ses origines, mais d’une déclaration qu’il écrivit affirmant avec certitude « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge. »

 
Ce n'est pas la première fois que nous nous opposons aux dires de ce blog. Il y a quelques mois, nous avons déjà réfuté plusieurs de ses articles qui soutenaient qu'un Pape, en tant que tel, pouvait tomber dans l'hérési
 e ou encore qu'il y a déjà eu des Papes hérétiques. Face aux poids de nos arguments tirés de l'Evangile, du magistère de l'Eglise catholique et de l'histoire, les rédacteurs de La Question n'ont jamais su que répondre. Ils se voyaient être dans l'obligation de rejeter et condamner leurs erreurs gravissimes.


 Hélas, loin de se soumettre à la vérité et à la doctrine de l'Eglise catholique, ils ont préféré persévérer dans leurs erreurs publiques, continuer d'attaquer de plus belle la Papauté et notre position, toujours en usant d'amalgames et de contre-vérités.

 Car si on en croit les affirmations du blog La Question que l'on pourrait qualifier de gallican, il existerait un document pontifical soutenant la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Le Pape qui en serait l'auteur serait Adrien VI. Nous allons démontré qu'il n'en est rien.


 Oui, nous affirmons qu'il est faux et manipulateur de faire croire qu'il y aurait un document pontifical déclarant « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge ».

 Non seulement il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI (Adrien Florent) affirmant de tels propos, mais nous allons montré que le texte que La Question cite est très controversé.


> Sommaire de notre dossier :
 

1. Il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI affirmant de tels propos.

a/ Des propos tenus par un théologien particulier et non par un Pape
b/ Un texte très controversé publié à l'insu d'Adrien Florent
c/ Dernière tentative de La Question : l'édition de 1522

2. Les sources de La Question inexistantes

3. Rappel de la doctrine de l'Eglise catholique qui condamne La Question

4. Notre conclusion

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« Que dire de ces hommes qui passent leur temps à répéter des calomnies mille fois confondues ?
Est-ce leur ignorance ou leur mauvaise foi qu'il faut stigmatiser ?»

Père H. Montrouzier

 

http://iamachild.files.wordpress.com/2011/05/cristo-ferito-dalle-bombe.jpg?w=498&h=561

« Ceux-là sont la peste et la ruine de l'Eglise qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi. »
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise


 Mais il n'est jamais trop tard pour se rallier au camp de la vérité... Il n'est jamais trop tard pour défendre notre sainte Mère, la sainte Eglise de Dieu, et la pierre infaillible sur laquelle elle est bâtie : la Papauté !


> Lire notre dossier (fichier PDF de 12 pages) :  Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question 

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