Réponse publique à l'abbé Barrère

 

  Deux mois se sont bientôt passés depuis que la Milice saint Joseph, groupe de jeunes catholiques "sédévacantistes" de Bretagne, a posé des tracts sur les pare-brises des voitures des fidèles se rendant à la messe à Kernabat (Plouisy).  Le tract que vous pouvez retrouver ICI avait été rédigé par nos soins.  Nous savons depuis que ces feuilles ont été retirées avant la fin de la Messe de façon à ce que les fidèles ne puissent pas les lire. Soulignons d'ailleurs que l'aumônier de Kernabat, le Père Belwood, n'est même pas prêtre puisqu'il a été ordonné sous le nouveau rite de Paul VI, rite invalide et a refusé de se faire réordonner (au moins sous conditions).  

 

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  M. l'abbé Barrère vient de réagir à l'action de la Milice saint Joseph dans le Sainte Anne de juin 2010 dans un article intitulé "Petite polémique avec les sédévacantistes", mis en ligne sur la Porte Latine. Que pouvons-nous retenir de sa réaction ? Pas grand chose ! Face à nos arguments solides basés entièrement et intégralement sur le Magistère catholique, l'article de l'abbé Barrère ne répond à rien de concret. Dépourvu d'arguments devant l'évidence de la vérité, l'abbé Barrère utilise donc des procédés peu honnêtes contre nous.


  Montrons pourquoi son article doit être jeté à la corbeille.

 

  Citons le : "le problème réel du sédévacantisme est plus d’ordre clinique que théologique [...] si l’on est malade psychologiquement (ex : par une inquiétude excessive et récurrente au sujet du Pape), il faut savoir qu’il est possible de se soigner mais certainement pas en prenant une multitude de bouquins de théologie pour trouver des réponses claires et distinctes à toutes les difficultés présentes, difficultés que n’ont pu résoudre les plus grands théologiens."   Les "sédévacantistes" sont déséquilibrés et doivent se faire soigner. Voilà la réponse (peut-on appeler cela une réponse ?) que vient faire courageusement l'abbé Barrère ! 

 

  Pathétique ! Ne soyons pas surpris de l'accusation de "folie" que nous porte l'abbé Barrère. Ce genre d'attitude, peu digne d'un prêtre, n'est pas nouveau au sein de la Fraternité saint Pie X et lui évite de parler du fond du problème. Tous les prêtres ayant claqué la porte à cette Fraternité gallicane et janséniste ont été systématiquement calomniés, et ce de façon publique. Prenons le cas de l’abbé Cériani par exemple :  après avoir été catalogué comme le meilleur théologien de la Fraternité en Argentine et en Amérique du Sud, il en arriva, après son départ, à être considéré comme "fou",  "élément dissolvant", etc. Les abbés Turco, Tam, Méramo, Abrahamovicz, Grossin, pour ne citer qu'eux, ont dû subir les mêmes accusations infondées et grotesques. Il n'y a rien de nouveau sous le soleil, pourrait-on dire !

 

 Les arguments doctrinaux de la FSSPX contre le "sédévacantisme" sont inexistants ou bien, si certains sont péniblement soulevés, ils sont soit contradictoires et incohérents, soit contraires au Magistère. Les quelques réponses tentées ont été rapidement réfutées. C'est bien ce qui reste le plus frappant suite à la lecture de l'article de l'abbé Barrère : aucun argument doctrinal, aucune réfutation sérieuse ! Il utilise principalement des "arguments" psychologiques, ayant manifestement comme objectif de faire peur à ceux qui oseraient opter pour la solution la plus logique, cohérente et catholique : le sédévacantisme (qu'il soit complet ou non). 

 

 

  En deuxième temps, l'abbé Barrère vient reprocher aux prêtres sédévacantistes de n'avoir pas de supérieur. "On peut se demander pour qui travaillent vraiment ces prêtres sédévacantistes qui nous attaquent si violemment? Quel est leur supérieur visible? Nous donnerons là-dessus un avis personnel car puisqu’ils n’ont pas de supérieur connu qui les envoie en mission ( c’est déjà pour eux un très gros problème) il faut conclure nécessairement qu’ils travaillent pour eux-mêmes ou pour ceux à qui ils rendent service. Alors, à qui profite leur action ? Nous le verrons plus loin."



http://www.nouvelordremondial.cc/wp-content/uploads/2007/06/benoit-xvi-rock-n-roll.jpg  Précisons de suite que le tract déposé par la Milice saint Joseph n'est pas une idée de prêtres non una cum.  Est-ce un tort de n'avoir, du fait de la situation actuelle, pas de supérieur ? Pour l'abbé Barrère, il semble que oui. Il se vante d'en avoir un :  Benoît XVI, hérésiarque publique, disciple de Vatican II, fervent moderniste qui d'ailleurs était dès 1991, accusé par Mgr Lefebvre comme étant un hérétique, notamment le 8 et 9 février à Ecône. Il n'y a pas de quoi se glorifier !


 La chaire de Pierre étant formellement vacante, les postes d'autorités étant occupés par les ennemis de l'Eglise catholique, tous les fidèles et prêtres catholiques se retrouvent, qu'ils le veulent ou  non, objectivement orphelins de Pape. Dans l'exorcisme que Léon XIII a proposé à l'Eglise universelle, nous pouvons lire  : "Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé." 

 

 Cependant, la plupart des prêtres non una cum et des fidèles reconnaissent avoir moralement des supérieurs : les quelques évêques non una cum, professant intégralement la foi et validement consacrés. Cette supériorité de ces évêques reste morale  et non juridique puisque, tout comme les quatre évêques de la FSSPX, ils ne possèdent pas la juridiction. 

 

 Continuons la lecture de la "réponse" de l'abbé Barrère. Celui-ci écrit : "On peut se demander aussi comment leurs fidèles, s’ils ont un brin de raison, peuvent-ils accepter sans broncher un tel discours ?" Un fidèle catholique doit adhérer à la doctrine catholique. Or, celle-ci, basée sur le Magistère de l'Eglise, nous montre que l'Eglise moderniste n'est pas la vraie Eglise catholique, que son chef ne peut pas être le Vicaire du Christ. Il est donc logique que les fidèles, s'ils veulent suivre et adhérer au Magistère de l'Eglise catholique, assistent et communient à des messes non una cum. Comme démontré rapidement dans le tract,  les messes una cum Benoît XVI sont objectivement entachées d'une profanation, et ceci, au moins de façon matérielle.  Contrairement à la FSSPX et à  l'abbé Barrère, nos affirmations sont basées, comme il se doit, sur le Magistère catholique et ne viennent pas le contredire. (Lire notre dossier : un catholique peut-il assister à une messe una cum Benoît XVI ?)

 

  Nous pouvons donc nous demander comment des prêtres et des fidèles continuent à soutenir une Fraternité qui vient piétiner ainsi la doctrine catholique ! Cela reste mystérieux et est vraiment très regrettable !


    Alors que nous prions pour que Mgr Fellay, au lieu de discuter inutilement avec des loups déguisés en agneaux, dénonce comme il se doit l'Eglise conciliaire moderniste et son chef, Benoît XVI, l'abbé Barrère estime qu'il est inconcevable d'imaginer ce cas de figure. Dans une prose assez caricaturale, l'abbé Barrère se réfugie derrière la vertu de prudence.  Son argument majeur  réside dans le fait qu'exposer publiquement la vérité équivaudrait à perdre des fidèles et des prêtres, qui quitteraient la FSSPX. Voilà le souci de l'abbé Barrère ! Son but n'est pas de défendre la foi, d'attaquer les hérétiques mais de rester tranquillement à l'abri du combat, entouré confortablement de nombreux prêtres et fidèles dans un semblant de traditionalisme ! Est-ce une attitude catholique ? Disons-le clairement : NON ! Nous pouvons citer saint Pie X qui vient réduire en poussière les fausses "inquiétudes" de  ce prêtre et de la FSSPX : "Trêve donc au silence qui serait désormais un crime ! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l'Église universelle tels qu'ils sont !" (Encyclique Pascendi)

 

  Que les évêques de la FSSPX méditent ces paroles du Cardinal Pie :

 

  "Je suis évêque, donc je parlerai, j'élèverai la voix, je tiendrai haut et ferme l'étendard de la vérité, l'étendard de la vraie liberté, qui n'est autre que l'étendard de la foi, l'étendard de mon Dieu. Les pusillanimes pourront s’en étonner, les esprits d'une certaine trempe pourront même s'en scandaliser." (discours d'intronisation - 8 décembre 1949)


  L'abbé Barrère oublie une chose capitale : la prudence ne doit pas être mise en avant pour occulter la vérité et pour légitimer une position de confort et de quiétude ! Nous l'invitons à lire Mgr de Ségur :  "Oui, il faut de la prudence dans l’exposition de la vérité elle-même ; mais il ne faut jamais trahir la vérité, ni l’Église, ni le Christ, sous prétexte de gagner plus facilement les sympathies des hommes. Jamais l’Église n’a tenu cette conduite ; jamais les apôtres, les papes et les saints n’ont eu recours à cette fausse prudence. Les chrétiens qui voudraient faire autrement seraient évidemment dans le faux ; et s’ils n’étaient excusés par la droiture de leurs intentions, ils seraient certainement coupables devant Dieu"

 


  Aussi, l'aumônier du prieuré de Lanvallay que "les évêques modernistes seraient les premiers enchantés d’une telle déclaration [la chaire de Pierre vacante] de notre part. Ce serait pain béni pour eux que de se débarrasser ainsi facilement de ces « lefebvristes » qu’ils haïssent et qu’ils ont toujours haïs à cause de leur attachement à la Tradition et de leur paisible certitude d’appartenir pleinement à l’Eglise catholique." Là encore, nous avons la preuve que l'abbé Barrère se soucie surtout de ce que pourrait penser les "évêques" modernistes conciliaires au lieu de s'inquiéter à ce que la foi catholique soit bafouée par ces funestes personnages ! Pour lui, l'Eglise conciliaire est donc l'Eglise catholique et il faut à tout prix que la FSSPX en fasse partie. Et oui, l'Eglise une, sainte, catholique et apostolique est donc la même Eglise de Vatican II propageant hérésies et détruisant la foi catholique !!! Il ne faut pas chercher à comprendre... D'ailleurs, l'abbé Barrère ne vient-il pas se contredire ? N'écrivait-il pas l'année dernière que "la formule « un pape pour deux Eglises » sans être rigoureusement exacte semble exprimer assez bien la situation présente." D'un côté, l'Eglise conciliaire serait l'Eglise catholique et de l'autre, l'Eglise conciliaire et l'Eglise catholique seraient deux sociétés différentes dirigées par un seul Pape ! Quelle contradiction !

 

 Quoiqu'il en soit, force est de constater que l'abbé Barrère craint que la propagation de la vérité vienne affaiblir la FSSPX. Est-il un prêtre de la FSSPX ou un prêtre de l'Eglise catholique ? De plus, n'est-ce pas contraire à la foi et à l'espérance ? "La vérité est toujours triomphante, dès qu'on la confesse, et elle n'est jamais triomphante que par là" (L. Veuillot).   En fait, l'abbé Barrère est un prêtre libéral...


  Voici une intéressante réflexion de Mgr Delassus :

 

"Plus je réfléchis, plus je suis consterné de la masse d'idées fausses dans lesquelles nous nous noyons ; plus je comprends cette décadence absolue de tant de peuples que nous retrace l'histoire. [...] IL FAUT DONC DIRE LA VÉRITÉ SANS FINESSE, NI STRATÉGIE HABILE. Je ne connais rien de plus dangereux que les gens qui propagent des idées fausses, sous prétexte que la nation ne voudra jamais y renoncer. Si elle n'y renonce, elle périra ; mais ce n'est pas un motif pour accélérer la décadence en adoptant l'erreur. Il n'y a d'autre règle de réforme que de chercher le vrai et de le confesser sans réserve quoiqu'il arrive. Je conçois qu'un homme prudent se taise momentanément sur le vrai, bien que je condamne cette prudence, mais je repousse tout homme qui se rallie par politique à l'erreur." (Semaine Religieuse de Cambrai, 1884, p. 735)

 


 Notons que l'abbé Barrère ne se prive pas d'écrire une contre-vérité contre le "sédévacantisme". Selon lui, "il est vrai que pour tous les sédévacantistes ce n’est pas un problème que l’Eglise soit privée de Pape pendant une si longue période. Pourquoi ? L’argument est simple : l’Eglise a été privée de Pape pendant 3 ans, c’est un fait historique. Donc elle peut être privée de Pape pendant 50 ans. Imparable ! Mais alors pourquoi pas pendant quinze fois cinquante ans ?"


 Ces propos sont absolument faux ! Nous sommes les premiers à regretter la situation actuelle de l'Eglise ! Cet argument qui nous est prêté est inexact et caricatural. Nous ne nous basons pas sur le fait que l'Eglise ait été privée de Pape pendant 3 ans pour dire ensuite que cela est donc possible qu'elle le soit depuis 50 ans. Que les personnes honnêtes veuillent bien se renseigner sur les explications et démonstrations de notre position. 

 

 Par ailleurs, contrairement à ce qu'il veut faire croire, nous ne sommes pas "papolâtres" mais ultramontains. Effectivement, il est vrai qu'ultramontrains et gallicans ne peuvent pas faire bon ménage !


  Enfin, l'abbé Barrère achève son navet en accusant les sédévacantistes d'être des infiltrés à la solde des modernistes dans le but de détruire la FSSPX :
"Nulle surprise si l’on découvre que beaucoup de ces intransigeants sont des infiltrés du clan d’en face qui sous des dehors de fidélité à la doctrine de toujours œuvrent main dans la main avec le parti libéral qui domine encore dans le sein de l’Eglise. Ainsi ils entraînent à leur suite les tempéraments « cartésiens » qui veulent partout des idées claires et distinctes mais dont le jugement lapidaire a du mal avec les nuances. C’est noir ou c’est blanc, le gris n’existe pas."

 

  Incroyable ! Inutile de répondre à cette affirmation qui reflète en fait l'ensemble de l'article dérisoire et pitoyable publié dans le Sainte Anne et sur la Porte latine...  Que de vide face à nos arguments !

 

  Nous finirons notre article en invitant les lecteurs qui ne l'auraient pas encore fait à lire ces trois documents résumant ce que l'on peut reprocher à la Fraternité gallicane (encore appelée FSSPX) :

 

- L'hérésie de la FSSPX

- L'esprit schismatique de la FSSPX

- L'esprit de secte de la FSSPX

 

Prions pour l'abbé Barrère et pour la FSSPX !

 

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