Benoît XVI chez les luthériens - le silence de Mgr Fellay et de la FSSPX

Publié par Clément LECUYER

Après la “messe de Luther”, la “cène” chez Luther !
Le silence de Mgr Fellay et de la FSSPX

ratzinger luther fellay

  C'est officiel, après s'être rendu dans les mosquées et synagogues, Benoît XVI – dont certains ont encore l'impudence de le déclarer "conservateur, proche de la Tradition" – va prochainement participer au culte des luthériens.

  Il est frappant, mais non étonnant, de pouvoir constater le silence du supérieur de la FSSPX, Mgr Fellay : pas un mot pour dénoncer la récente visite de SON Très-Saint-Père à la synagogue de Rome. Pas un mot non plus pour protester cette prochaine visite aux luthériens !

1. Communiqué du site Zenit.org du 19 février

Il participera au culte dominical du 14 mars 2010
   L'Eglise luthérienne évangélique de Rome, via Sicilia, annonce la visite de Benoît XVI à l'occasion du culte dominical du dimanche 14 mars. La rencontre se déroulera en allemand.
« Avoir parmi nous l'évêque de Rome nous semble être un beau signe de l'œcuménisme de notre ville » a déclaré le pasteur de cette communauté, Jens-Martin Kruse.

L'invitation remonte à 2008, à l'occasion du 25e anniversaire de la visite de Jean-Paul II à la « Christuskirche », le 11 décembre 1983, à l'occasion des 500 ans de la naissance de Martin Luther. L'idée, explique Jens-Martin Kruse, était de fêter cette fois l'événement avec Benoît XVI. [...]
Le 10e anniversaire
En 2009, il a salué le 10e anniversaire de la signature de cette déclaration, à l'occasion de la visite d'une délégation luthérienne finlandaise qu'il a reçue au Vatican le 19 janvier, comme chaque année à l'occasion de la fête de saint Henri.
Il est revenu sur cet anniversaire lors de l'angélus du dimanche 1er novembre 2009, place Saint-Pierre, en la fête de la Toussaint, soulignant qu'en 2006, le Conseil méthodiste mondial a également adhéré à cette déclaration. « Je souhaite de tout cœur que cet anniversaire important puisse contribuer à faire progresser le chemin vers l'unité pleine et visible de tous les disciples du Christ », avait déclaré Benoît XVI.
Le pape voit dans cet anniversaire « une occasion de rappeler la vérité sur la justification de l'homme, témoignée ensemble », pour que luthériens et catholiques se réunissent « dans des célébrations œcuméniques » et approfondissent « ultérieurement cette thématique et les autres qui sont objet du dialogue œcuménique ».
Vers l'unité
Benoît XVI a évoqué à nouveau cet anniversaire le 19 janvier dernier, en recevant la délégation de Finlande. Il a souligné que la déclaration constitue un « signe concret d'une fraternité redécouverte entre luthériens et catholiques ».
Il a salué « l'œuvre récente du dialogue entre luthériens et catholiques en Finlande et en Suède sur des questions dérivant de la Déclaration conjointe », avant d'exprimer ce vœu : « Souhaitons que le texte issu du dialogue contribue positivement au chemin qui conduit à la restauration de notre unité perdue».


2. Nouvelles hérésies et apostasies de Benoît XVI


2.1 L'Eglise catholique interdit à ce qu'un catholique participe à un culte non catholique (ce qu'on appelle la communication in sacris)


Le Droit Canon 1258 stipule que : "Il n'est pas permis aux fidèles d'assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques."

 Ce à quoi, nous pouvons lire dans le Dictionnaire de droit canonique (de NAZ) : "La participation est active et formelle quand un catholique participe à un culte hétérodoxe, c'est-à-dire non catholique, avec l'intention d'honorer Dieu par ce moyen, à la manière des non-catholiques."

  Règlement du Saint-Siège datant de 1889 : "Il est interdit de prier, de chanter, de jouer de l'orgue dans un temple hérétique ou schismatique, en s'associant aux fidèles qui y célèbrent leur culte, même si les termes du chant et des prières sont orthodoxes."

  Le Pape Pie XI rappelle cet enseignement cité ci-dessus dans son encyclique Mortalium Animos : "... Il est donc parfaitement évident que c'est abandonner la religion divinement révélée que de se joindre aux partisans et propagateurs de pareilles doctrines. Une fausse apparence de bien peut plus facilement, alors qu'il s'agit de favoriser l'union de tous les chrétiens, entraîner quelques âmes... Il est évident que le Siège apostolique ne peut sous aucun prétexte participer à leur congrès et que les catholiques n'ont, à aucun prix, le droit de les favoriser par leur suffrage ou leur action..."

Le pape Benoît XVI a reçu en novembre dernier l’archevêque de Canterbury, Rowan Williams, afin de tenter d’apaiser les tensions entre les hiérarchies catholique et anglicane.
Benoît XVI en novembre dernier avec l’archevêque anglican de Canterbury, Rowan Williams


2.2 Une fausse conception de l'unité des chrétiens


 Benoît XVI déclare qu'il «  souhaite de tout cœur que cet anniversaire important puisse contribuer à faire progresser le chemin vers l'unité pleine et visible de tous les disciples du Christ » et que « luthériens et catholiques se réunissent ». Sous prétexte d'œcuménisme, d'unité, nous devons donc nous attendre à ceux que prochainement les luthériens (mais aussi les anglicans) soient intégrés dans l'Eglise conciliaire moderniste. Cela vient contredire de façon flagrante et incontestable ce qu'affirmait le Pape Pie XI dans sa magnifique encyclique Mortalium Animos (pour la lire, cliquer ICI). Pour lire des extraits, reportez-vous dans les annexes à la fin de ce document.


3. Benoît XVI sur les pas de son prédécesseur Jean-Paul II

 

http://www.pileface.com/sollers/IMG/jpg/jeanpaul2_ratzinger.jpgJPII & Ratzinger
La continuité: J-P II et Ratzinger

  Jean-Paul II, connu pour ses multiples hérésies et apostasies publiques, a lui aussi participé à une « concélébration de la parole » dans la cathédrale anglicane de Canterbury (le 29/05/82) et a prié dans le temple luthérien à Rome (le 11/12/83). Mais ce n'est pas tout. En 1998, les Eglises luthériennes signent avec le Vatican un accord , la Déclaration commune sur la justification par la foi, sur une conception commune de la « justification par la foi », parvenant à un accord sur l'un des points principaux de désaccord issue de la réforme de Luther.


Deux déclarations de Wojtila, parmi tant d'autres :


« Aujourd'hui, je viens à vous, vers l’héritage de Martin Luther, je viens comme pèlerin. Par cette rencontre dans un monde qui a changé, je viens poser un signe d'union dans le mystère central de notre foi... » (Rencontre de J.P. Il avec le Conseil de l'Eglise Evangile. 17-11-1980).

« Dans notre dialogue avec la fédération luthérienne mondiale nous avons commence à redécouvrir les liens profonds qui nous unissent dans la foi et qui furent masques par les polémiques du passé. » (J.P. II aux membres du secrétariat pour l’unité des chrétiens, 8-2-1980)


Rappel : Le 15 juin 1520, le pape Léon X excommunie Luther et condamne ses erreurs : « Nous condamnons, réprouvons et rejetons tout à fait tous et chacun des articles ou erreurs précités, comme respectivement, ainsi qu'il est indiqué, hérétiques ou scandaleux ou faux, ou séducteurs des esprits simples et s'opposant à la vérité catholique. » (Bulle Exsurge Domine)

  Ratzinger suit donc la voie tracée par son maître et continue sa mission : l'intégration des luthériens et anglicans dans l'Eglise conciliaire moderniste ; un pas de plus vers l'Eglise mondiale !

 

4. Le silence - contraire à l'enseignement de saint Pie X - de Mgr Fellay

 

 

« Trêve donc au silence, qui désormais serait un CRIME ! Il est temps de lever le masque à ces hommes-là et de les montrer à l’Église universelle tels qu’ils sont ! »

Saint Pie X dans l’encyclique Pascendi Dominici Gregis du 8 septembre 1907
 

  Nous vous l'avions déjà signalé : Après les synagogues de Cologne et de New-York, Benoît XVI est allé se recueillir dans celle Rome, le 17 janvier 2010. Dans un discours de repentance à l'encontre des « erreurs de l'Eglise faites contre le judaïsme », d'éloges et de sympathie envers la religion talmudique et les rabbins, il a, à plusieurs reprises, fait référence et cité le Talmud, livre qui, rappelons-le, « s’éloigne énormément de la Bible et est plein de blasphèmes envers Dieu, le Christ et la Vierge Marie » (Pape Innocent IV -Impia judeorum perfidia).

  Mais là encore, l'abbé Ratzinger n'a fait qu'imiter J-P II qui s'était lui aussi rendu à la synagogue de Rome, le 13 avril 1986. La différence que l'on peut néanmoins remarquer est qu'à cette occasion Mgr Lefebvre avait alors publiquement accusé J-P II de pactiser avec Satan et d'être un « hérétique public et d'avoir quasiment apostasié » (lire sa déclaration entière ICI). Nous ne pouvons que regretter le fait que Mgr Lefebvre n'est pas posé la conclusion qui s'imposait : la vacance de la Chaire de saint Pierre occupée, depuis Vatican II, par des imposteurs.

 
Devant les nouveaux scandales de Benoît XVI,
Mgr Fellay, lui, se tait et se réfugie dans un mutisme complet. Le lendemain de la visite de Ratzinger à la Synagogue de Satan, comme si rien n'était, il a continué à envoyer sa « commission théologique » pour dialoguer avec les occupants non catholiques du Vatican ! Quelle illusion de dialoguer, de discuter, de négocier avec ces gens-là ! N'est-ce pas jouer avec le feu ? Ce n'est pas pour rien que Mgr Dolan décrétait à Rennes le 18 octobre 2009 cela : « C'est net, et cela doit être net, çà ce sont les paroles de Dieu, ce ne sont pas les miennes. Avec les hérétiques, on ne discute pas : bien sûr, on prie pour les hérétiques, on les corrige, mais l'on ne fait pas ensemble des négociations ! C'est tout à fait ce que nous dit Saint Paul aujourd'hui. »


 Le plus grave est que Mgr Fellay ait choisi de servir Benoît XVI plutôt que de rester fidèle à saint Pie X, le pourfendeur du modernisme ! Nul ne peut servir deux maîtres nous disait Notre Seigneur. Mgr Fellay a choisi le sien... fort du soutien de tout un réseau de nombreux rabbins qui souhaitent l'intégration totale et officielle de la FSSPX dans l'Eglise conciliaire moderniste. Lire l'article paru sur le Salon Beige : FSSPX : des rabbins soutiennent Benoît XVI

 

http://www.sodalitium.eu/images/benvenuto_files/001_StemmaSedeVacante.jpg  Qu'attendent les prêtres et les fidèles de la FSSPX pour quitter cette organisation qui est entrain de devenir, tout comme les luthériens et anglicans un nouveau giron de l'Eglise conciliaire mondiale ? Les martyrs ont donné leur sang pour rester fidèles à Notre Seigneur et à son Eglise ! Les prêtres et les fidèles de la FSSPX auront-ils le courage de sacrifier leur petit confort et de rejoindre la vraie résistance catholique ?

 

ANNEXE


Extraits de l'encyclique Mortalium Animos


«  Il est vrai, quand il s’agit de favoriser l’unité entre tous les chrétiens, certains esprits sont trop facilement séduits par une apparence de bien. N’est-il pas juste, répète-t-on, n’est-ce pas même un devoir pour tous ceux qui invoquent le nom du Christ, de s’abstenir d’accusations réciproques et de s’unir enfin un jour par les liens de la charité des uns envers les autres ? Qui donc oserait affirmer qu’il aime le Christ s’il ne cherche de toutes ses forces à réaliser le voeu du Christ lui-même demandant à son Père que ses disciples soient « un » (Joan. XVII, 21) ? Et de plus le Christ n’a-t-il pas voulu que ses disciples fussent marqués et distingués des autres hommes par ce signe qu’ils s’aimeraient entre eux: «  C’est à ce signe que tous connaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres  » (Joan. XIII, 35) ?
Plaise à Dieu, ajoute-t-on, que tous les chrétiens soient « un » ! Car par l’unité, ils seraient beaucoup plus forts pour repousser la peste de l’impiété qui, s’infiltrant et se répandant chaque jour davantage, s’apprête à ruiner l’Evangile.
Tels sont, parmi d’autres du même genre, les arguments que répandent et développent ceux qu’on appelle panchrétiens. [...] Mais en fait, sous les séductions et le charme de ces discours, se cache une erreur assurément fort grave, qui disloque de fond en comble les fondements de la foi catholique.
Avertis par la conscience de notre charge apostolique de ne pas laisser circonvenir par des erreurs pernicieuses le troupeau du Seigneur, nous faisons appel, vénérables frères, à votre zèle pour prendre garde à un tel malheur.
C’est ici l’occasion d’exposer et de réfuter la fausse théorie dont visiblement dépend toute cette question et d’où partent les multiples activités concertées des non-catholiques en vue de confédérer, comme nous l’avons dit, les églises chrétiennes.
Les auteurs de ce projet ont pris l’habitude d’alléguer, presque à l’infini, les paroles du Christ : «  Qu’ils soient un… Il n’y aura qu’un bercail et qu’un pasteur  » (Joan. XVII, 21; X, 15), mais en voulant que, par ces mots, soient signifiés un voeu et une prière du Christ Jésus qui, jusqu’à ce jour, auraient été privés de résultat. Ils soutiennent, en effet, que l’unité de foi et de gouvernement, caractéristique de la véritable et unique Eglise du Christ, n’a presque jamais existé jusqu’à présent et n’existe pas aujourd’hui; que cette unité peut, certes, être souhaitée et qu’elle sera peut-être un jour établie par une entente commune des volontés, mais qu’il faut entre-temps la tenir pour une sorte de rêve. Ils ajoutent que l’Eglise, en elle-même, de sa nature, est divisée en parties, c’est-à-dire constituée de très nombreuses églises ou communautés particulières, encore séparées, qui, malgré quelques principes communs de doctrine, diffèrent pour tout le reste; que chaque église jouit de droits parfaitement identiques; que l’Eglise ne fut une et unique que tout au plus depuis l’âge apostolique jusqu’aux premiers conciles oecuméniques.
Il faut donc, disent-ils, négliger et écarter les controverses même les plus anciennes et les divergences de doctrine qui déchirent encore aujourd’hui le nom chrétien, et, au moyen des autres vérités doctrinales, constituer et proposer une certaine règle de foi commune: dans la profession de cette foi, tous sentiront qu’ils sont frères plus qu’ils ne le sauront; seulement, une fois réunies en une fédération universelle, les multiples églises ou communautés pourront s’opposer avec force et succès aux progrès de l’impiété.
Il est vrai, ces panchrétiens qui cherchent à fédérer les églises, semblent poursuivre le très noble dessein de promouvoir la charité entre tous les chrétiens; mais comment la charité pourrait-elle tourner au détriment de la foi ? Personne sans doute n’ignore que saint Jean lui-même, l’Apôtre de la charité, que l’on a vu dans son Evangile, dévoiler les secrets du Coeur Sacré de Jésus et qui ne cessait d’inculquer dans l’esprit de ses fidèles le précepte nouveau: «  Aimez-vous les uns les autres  », interdisait de façon absolue tout rapport avec ceux qui ne professaient pas la doctrine du Christ, entière et pure : «  Si quelqu’un vient à vous et n’apporte pas cette doctrine, ne le recevez pas dans votre maison et ne le saluez même pas  » (Joan. II, 10). C’est pourquoi, puisque la charité a pour fondement une foi intègre et sincère, c’est l’unité de foi qui doit être le lien principal unissant les disciples du Christ.
Comment, dès lors, concevoir la légitimité d’une sorte de pacte chrétien, dont les adhérents, même dans les questions de foi, garderaient chacun leur manière particulière de penser et de juger, alors même qu’elle serait en contradiction avec celles des autres? Et par quelle formule, Nous le demandons, pourraient-ils constituer une seule et même société de fidèles, des hommes qui divergent en opinions contradictoires ? [...] En vérité, nous ne savons pas comment, à travers une si grande divergence d’opinions, la voie vers l’unité de l’Eglise pourrait être ouverte, quand cette unité ne peut naître que d’un magistère unique, d’une règle unique de foi et d’une même croyance des chrétiens. En revanche, nous savons très bien que, par là, une étape est facilement franchie vers la négligence de la religion ou indifférentisme et vers ce qu’on nomme le modernisme [...]. »