Comme l'écrivait en 2002 M. l'abbé Ricossa dans sa revue Sodalitium (n° 52), beaucoup de gens - dont les administrateurs du site La Question - croient à tort que c’est le Saint-Esprit qui garantit l’élection d'un Pape en inspirant les cardinaux, ce pour quoi l’élu du Conclave serait choisi directement par Dieu. Tout d'abord, on ne retrouve rien de tel dans les actes du magistère catholique. Au contraire, le cardinal Journet rappelle que, lorsqu’on parle de sainteté de l’élection papale :
“On ne veut pas dire par ces mots que l’élection du pape se fait toujours par une infaillible assistance puisqu’il est des cas où l’élection est invalide, où elle demeure douteuse, où elle reste donc en suspens. On ne veut pas dire non plus que le meilleur sujet soit nécessairement choisi. On veut dire que, si l’élection est faite validement (ce qui, en soi, est toujours un bienfait), même quand elle résulterait d’intrigues et d’interventions regrettables (mais alors ce qui est péché reste péché devant Dieu), on est certain que l’Esprit Saint qui, par-delà les papes, veille d’une manière spéciale sur son Eglise, utilisant non seulement le bien, mais encore le mal qu’ils peuvent faire, n’a pu vouloir, ou du moins permettre cette élection que pour des fins spirituelles, dont la bonté ou bien se manifestera parfois sans tarder dans le cours de l’histoire, ou bien sera gardée secrète jusqu’à la révélation du dernier jour. Mais ce sont là des mystères dans lesquels la foi seule peut pénétrer” ( L'Eglise du verbe incarné - pp. 978-979).
Qui plus est, comment peut-on évoquer une quelconque infaillibilité du Conclave alors que le Concile Vatican I définit que l'infaillibilité du magistère ordinaire universel des évêques est possible uniquement si ces derniers sont en union avec le Pape régnant. Or, en cas de Conclave, du fait de l'absence de Pape, aucune autorité humaine ne détient une quelconque infaillibilité. Seul le pape est autorité suprême dans l’Eglise et possède juridiction sur l’Eglise universelle. Les évêques participent à cette autorité suprême dans la seule mesure où le pape les en fait participer.
Affirmer le contraire revient à adhérer à la doctrine de Vatican II sur la collégialité qui affirme que le sujet de l’autorité suprême dans l’Eglise est le collège des évêques avec le Pape. Ceci est contraire à la doctrine définie par les Conciles de Florence et de Vatican I.
Enfin, si un Conclave est infaillible, comment peut-on expliquer le fait que le Pape Paul IV ait décrété et défini ex cathedra que "si jamais il advient qu'un évêque, [...] qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... " (Constitution apostolique Cum ex apostolatus) ? Il y a manifestement contradiction ! Si les cardinaux étaient infaillibles dans leur choix, il est strictement inconcevable qu’ils puissent hypothétiquement élire, comme le stipule Paul IV, un hérétique. Certains répondront que la bulle de Paul IV, reprise par Saint Pie V, n'a plus de valeur juridique. Rien n'est moins certain. Mais la question n’est pas de savoir si la législation de Paul IV est ou non toujours en vigueur car quoi qu'il en soit, la Bulle de Paul IV est certainement valable en tant que principe et garde sa valeur magistérielle.
Nous pouvons tenir le même raisonnement quant à une déclaration du Pape Jules II :
"Est absolument nulle l'élection qui serait faite par simonie, même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux ; l'élu perd pour toujours charges et bénéfices même antérieurs, y compris le cardinalat. Cette élection n'est validée, ni par l'obédience et l'hommage des cardinaux, ni par la prescription qui résulte d'un temps notable." (Bulle Cum tam divino du 14 janvier 1503)
Ainsi, il est absolument faux et absurde de prétendre que l'élection du Pape par
les cardinaux relève de l'infaillibilité de l'Eglise. Le grand schisme d'Occident et les conclaves à partir de Vatican II en sont d'ailleurs l'illustration.
Rien de nouveau sous le soleil pourrait-on dire. Le site La Question a attaqué de nouveau, il y a maintenant plusieurs mois de cela, la position catholique du sédévacantisme. Toujours en usant de méthodes malhonnêtes et gravement injurieuses à l'encontre de la foi et de la Constitution même de l'Eglise et de la Papauté, se complaisant dans son libre-examen, La Question remet cette fois-ci en cause la constitution apostolique Cum ex Apostolatus Officio. Selon ce triste site, la bulle Cum ex Apostolatus Officio est un écrit de circonstance, rédigé dans des conditions critiquables n'ayant plus de valeur depuis que le Pape Pie XII a promulgué la Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis. Pire, La Question en vient à soutenir que Pie XII a stipulé comme légitime la participation au conclave, donc l'élection à la Papauté, de prélats tombés dans l'hérésie !
Nous ne pouvons rester sans voix face à de tels blasphèmes contre l'Eglise et la Papauté. Dans ce dossier, nous allons démontrer que la doctrine - selon laquelle l'élection à la papauté d'un prélat tombé dans l'hérésie est nulle, invalide et sans valeur - dépasse le cadre du disciplinaire mais est un jugement découlant d'une doctrine concernant la foi, couvert du saut de l'infaillibilité pontificale ex cathedra et donc par nature irréformable.
"Une définition ex cathedra est un jugement absolu, définitif, garanti contre toute erreur, de soi indéformable, immuable, qu'on doit donc admettre dans le sens où il a été porté, avec une certitude absolue, une soumission pleine et entière"
(Revue pratique d'apologétique, G.
Beauchesne)
C'est en se basant sur un principe de droit divin que le Pape Paul IV a défini ex cathedra que :
"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est nulle, invalide, vaine... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, n'ont pas le oindren effet juridique, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées seraient, par le fait même, sans qu'il faille quelque autre déclaration ultérieure, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."
Cette déclaration est maintenant bien connue mais fait toujours grincer des dents les faux traditionalistes dont font partie les rédacteurs de La Question. D'où notre dossier pour mettre définitivement fin aux nombreuses contre-vérités et dénoncer les graves erreurs de La Question.
> Sommaire de notre dossier (29 pages) :
- Première partie : Le libre examen de La Question qui juge Paul IV. Contexte historique de la promulgation de la Bulle Cum ex Apostolatus
- Deuxième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus : déclaration ex cathedra, irréformable et immuable
- Troisième partie : La Bulle Cum ex Apostolatus abrogée par Pie XII ? Faux !
1. Gravissime erreur contre la foi de La Question
2. Quand La Question contredit le Pape Pie XII
3.Absurdité de La Question. Un Cardinal tombé dans l'hérésie perd son office de Cardinal et ne peut donc participer à l'élection et être élu
4. La Question contredit une loi divine
5. Aberration de La Question qui insinue donc que le Pape nouvellement élu serait canoniquement hérétique
6. Autre aberration de La Question qui invente une nouvelle doctrine
- Quatrième partie : Réponses à quelques objections
Pie XII déclare que "dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin"
La Bulle de Paul IV non reprise dans le Code de Droit Canon ?
- Annexes :
La Bulle de Paul IV reprise dans le Code de Droit Canon de 1917
Intervention de l'internaute Espada
Lire-télécharger notre dossier
"Le sédévacantisme veut dire que le siège est vacant, qu'il n'y a pas de pape, que Benoit XVI n'est pas pape. Une telle position revient à considérer que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est le refus d'un dogme de Foi."
L'internaute "Austremoine" nous ressort donc ici ce vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. Rappelons encore une fois que la position sédévacantiste n'aboutit pas à considérer que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux ; mais Austremoine n'est pas à sa première contre-vérité, loin de là.
"Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un priviliège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !"
Mgr Gibier, l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.
L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle ; le Siège Apostolique est une institution immortelle de nature perpétuelle. Ceci n'est pas une opinion, c'est la doctrine catholique et le bon sens.
En effet, si l'Eglise venait à cesser d'exister lors d'une vacance du Siège Apostolique, cela signifierait logiquement qu'elle aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape, et ce, peu importe la durée de vacance. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction avec la doctrine catholique.
C'est ce qu'affirme le Code de Droit Canonique de 1917, promulgué par le pape Benoît XV :
"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).
Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.
Dom Guéranger : "... Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation. " (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte)
Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)
Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant, "et ce quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).
De plus, la vacance actuelle a été prédite et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par plusieurs Souverains Pontifes tels que Léon XIII, ainsi que par d'imminents prélats comme le cardinal Pie et Mgr de Ségur.
Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)
"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.
Il n'est pas rare d'entendre des "traditionalistes" soutenir, contre la position sédévacantiste, l'objection suivante : "Ceux qui affirment que le Saint-Siège est vacant ou occupé s'attribuent une autorité qui ne leur appartient pas."
Afin de mettre fin à cette fausse idée malheureusement largement répandue , nous publions ci-dessous une réfutation - que nous nous sommes autorisés à légèrement retoucher et compléter - rédigée par un ami lecteur que nous remercions vivement.
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Évidemment, ce n'est pas à des membres de l'Eglise enseignée de prétendre constater publiquement, avec toute l'autorité requise, la vacance du Saint-Siège. Mais attribuer une telle prétention aux dits "sédévacantistes" relève au moins de l'ignorance la plus crasse (lors même que l'on entend disserter sur le dos desdits "sédévacantistes" !) et au pire de la malhonnêteté la plus criante.
Les "sédévacantistes" n'entendent que constater -d'une constatation qui est un jugement privé - qu'aucun des "papes de Vatican II" ne peut être pape en réalité et devant Dieu, car ce que font les "papes de Vatican II", aucun pape ne peut le faire : ni promulguer les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II et en maintenir les enseignements qui s'opposent à des jugements du magistère infaillible, ni promulguer et maintenir la "nouvelle messe" qui s'oppose "en général et dans le détail" à l'enseignement du Concile de Trente.
Ces mêmes "sédévacantistes" n'entendent pas se substituer à ceux qui ont pouvoir sur l'élection et encore moins à l'Eglise enseignante pour porter un jugement autorisé et public sur les "papes de Vatican II", mais porter tout au plus un jugement privé dans ce domaine.
Un tel jugement privé est-il légitime ? Peut-on légitimement porter un jugement privé sur la légitimité de tel ou tel pontife (en attendant un jugement public de l'Eglise enseignante) ?
Mais qu'ont fait les saints ? Qu'a fait par exemple saint Bernard lorsqu'il s'est prononcé (à
raison) contre la légitimité d'Anaclet II, sinon porter (certes publiquement) un jugement privé (c'est-à-dire un jugement qui de soi ne faisait pas autorité dans l'Eglise) ? Qu'ont fait les
saints du "Grand Schisme d'Occident" ? Sainte Catherine de Sienne en faveur d'Urbain VI (et avec quelle véhémence !), saint Vincent Ferrier en faveur de Benoît XIII (puis contre ce même Benoît
XIII, mais sans renier la légitimité d'origine de Benoît XIII) ? Et ce ne furent pas seulement les saints, mais la plupart des évêques, pères abbés, curés et chanoines (parfois en sens
contraire de leur évêque) qui se prononcèrent sur la légitimité de l'obédience urbaniste, de l'obédience clémentiste, ou de l'obédience pisane... avant que l'Eglise enseignante,
finalement, ne se prononce avec autorité que sur l'état des choses en 1417, laissant chacun libre de ses opinions concernant la période 1378-1417. Tous les membres de l'Eglise
(parmi lesquels des saints) auraient-ils pu avoir tort de se prononcer d'un jugement privé (ou d'un jugement public douteux, ce qui revient au même) sur la question de la légitimité du (des)
pontife(s) durant tout ce laps de temps ?
Les catholiques ont-ils attendu la sentence canonique de l'Eglise pour dénoncer les hérésies de Luther et refuser de le reconnaître comme catholique, du fait de son rejet répété, pertinace et public de vérités dogmatiques enseignées par l'Eglise catholique ? Non.
Doit-on rappeler quelle fut l'attitude des prêtres et laïcs de Constantinople quand leur patriarche Nestorius a commencé à leur enseigner avec pertinacité que
la Sainte Vierge n’était pas la Mère de Dieu ? Ils ont dès ce moment cessé de le reconnaître comme Pasteur légitime et ont refuser de le nommer au canon de la messe – non una cum ! ; l’Église, qui a excommunié Nestorius plusieurs années après, le début des faits, ne leur en a fait aucun
reproche, bien au contraire, elle a canonisé au moins l’un d’entre eux, saint Hypace.
Que ce jugement privé puisse être faux de fait (c'est-à-dire dénier la papauté à qui est réellement pape) ne change rien à la chose : de droit, il peut être légitime de porter un tel jugement privé. Citons ici Don Felix Sarda y Salavany :
« L’Église seule possède le magistère doctrinal suprême en fait et en droit, juris et factis ; son autorité souveraine est personnifiée dans le Pape. À lui seul appartient le droit de prononcer la sentence finale, décisive et solennelle. Cela n’exclut cependant pasd’autres jugements moins autorisés, mais d’un grand poids, que l’on ne saurait mépriser et qui doivent même lier la conscience chrétienne.Ce sont :
5. le jugement de la simple raison humaine dûment éclairée.
Oui, la raison humaine occupe – pour parler à la manière des théologiens – une place théologique dans l’ordre de la religion. La foi domine certes la raison, qui doit lui être subordonnée en tout. Mais il est entièrement faux de dire que la raison ne peut rien faire dans l’ordre de la foi, qu’elle n’a aucune fonction à y remplir ; il est faux de dire que la lumière inférieure, placée par Dieu dans la compréhension humaine, ne peut pas briller du tout sous prétexte qu’elle ne brille pas avec la même puissance et la même clarté que la lumière supérieure. Oui, il est permis et même commandéaux fidèles d’indiquer la raison de leur foi, de tirer les conséquences de celle-ci, de lui trouver des applications, d’en tirer des parallèles et des analogies.Ainsi est-ce par l’usage de leur raison queles fidèles ont le droit d’évaluer et de discuter l’orthodoxie de toute nouvelle doctrine qui leur est présentée en comparant cette dernière à une doctrine déjà définie. Si la nouvelle doctrine n’est pas conforme à l’ancienne, ils peuvent la combattre comme étant mauvaise et stigmatiser à juste titre comme étant mauvais le livre ou le journal qui la soutient. Il ne peuvent évidemment la définir ex cathedra, mais il leur est loisible de la tenir pour perverse et de la dénoncer comme telle, de jeter un cri d’alarme, de mettre en garde contre elle et de lui porter le premier coup.Le laïc fidèle a la faculté de faire tout cela, et il l’a d’ailleurs fait à toutes époques sous les applaudissements de l’Église. Ce faisant, il ne s’érige nullement en pasteur du troupeau, et pas même en son humble second ; il se borne à lui servir de chien de garde chargé de donné l’alarme. Opportet allatrare canes : « Il faut que les chiens aboient », a dit fort opportunément un grand évêque espagnol à propos de ces questions. » (Don Felix Sarda y Salavany, Le Libéralisme est un Péché)
S'il n'est donc pas donné à de simples membres de l'Eglise (considérés de ce seul point de vue) de se prononcer d'un jugement public et autorisé (c'est-à-dire faisant autorité) sur la légitimité d'un sujet apparemment pape, il est donc avéré qu'ils peuvent en être amenés à pouvoir et même devoirporter un jugement privé là-dessus.
Dans le même ordre d’idées, il n’est donné à aucun des simples fidèles et prêtres de se substituer à l’Eglise enseignante et de porter un (prétendu) jugement public contre les enseignements d’un présumé concile œcuménique : collégialité, œcuménisme, théologie d’Israël, liberté religieuse etc. ni pareil (prétendu) jugement à l’encontre d’un ordo missæ promulgué et maintenu par de présumés papes. Ce serait, de la même façon, mériter le blâme pour prétendre "juger le pape".
Évidemment, ce n’est pas ce que font les "traditionalistes", qui ne prétendent certes pas porter un jugement autorisé et public à l’encontre de Vatican II et de la "nouvelle messe", mais simplement constater que les uns et les autres (Vatican II, "nouvelle messe" etc.) "s’éloignent considérablement"de la doctrine catholique et même de la foi catholique (si ce n’est de la foi divine !). Il ne s’agit là encore que de jugements privés revendiqués comme tels.
Donc ces "traditionalistes" ne méritent pas le blâme pour prétendre juger le "pape" ou "juger à la place du pape"…
… à la condition toutefois qu’ils puissent juger. En effet, si le fait que Paul VI et successeurs ne sont pas papes n’est pas vrai et constatable, et si l’on ne se rend pas à cette conclusion (jugement privé), DE QUEL DROIT peut-on porter quelque jugement privé que ce soit à l’endroit de ce que Paul VI et successeurs ont promulgué ?
En effet, si Paul VI et successeurs sont bel et bien Papes, s’ils sont de surcroît regardés comme tels par nos "traditionalistes", ces derniers ne sont-ils pas en train de juger celui et ceux qu’ils regardent comme papes ?Ne sont-ils, pas de leur propre aveu, non seulement en train de juger objectivement le Pape, mais (encore plus grave car l’erreur de droit est incomparablement plus grave que l’erreur de fait) ne sont-ils pas en train de juger celui qu’ils regardent comme Pape ?
Dès lors qui sont vraiment les disciples de Luther, sinon ceux qui jugent ceux qu’ils regardent comme Papes ? Car prétendre que l’on peut, tout en reconnaissant la légitimité du Pape en question, refuser de reconnaître et d'appliquer un concile œcuménique et des réformes liturgiques approuvés et promulgués par un vrai Pape, consiste bel et bien à donner raison à Luther ! En effet, n'est-ce pas lui qui déclarait que :
« Il nous a été donné de pouvoir infirmer l’autorité des conciles, de contredire librement à leurs actes, de nous faire juge des actes qu’ils ont portés, et d’affirmer avec assurance tout ce qui nous paraît vrai; que cela soit approuvé ou réprouvé par n’importe quel concile. » (29° proposition de Luther)
Cette proposition (que beaucoup de 'traditionalistes' [FSSPX, FSSP] adoptent pour soutenir leur position) fut, avec tant d'autres, réprouvée par Léon X (bulle Exsurge Domine, 16 mai 1520).
En ce sens, seulsles "sédévacantistes" ont le droit de juger d’un jugement privé les enseignements de Vatican II et la "nouvelle liturgie". Les "sédéplénistes" d'obédience "lefebvriste" ou d'obédience "nantiste", par le fait même qu’ils portent de tels jugements à l’endroit du "concile" et de la "messe" de ceux qu’ils regardent comme papes se condamnent surtout eux-mêmes !
« Le pape Adrien VI ne favorisa jamais, ni de près ni de loin, les opinions gallicanes. Que les partisans du Gallicanisme veuillent donc retirer Adrien de la liste des Papes entachés de leurs erreurs. »
Père H. Montrouzier (jésuite, professeur
de théologie, de Droit Canon et d'histoire ecclésiastique), Revue du monde catholique, 1869, Volume 27, p.
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Le blog La Question, vient de publier récemment un article dans lequel il tente de nouveau de prouver la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Cette fois-ci, son angle de tir concerne le Pape Adrien VI.
« Toutefois, la raison de la célébrité de ce pontife aujourd’hui ne vient pas de ses origines, mais d’une déclaration qu’il écrivit affirmant avec certitude « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge. »
Ce n'est pas la première fois que nous nous opposons aux dires de ce blog. Il y a quelques mois, nous avons déjà réfuté plusieurs de ses articles qui soutenaient qu'un Pape, en tant que tel, pouvait tomber dans l'hérési e ou encore qu'il y a déjà eu des Papes hérétiques. Face aux poids de nos arguments tirés de l'Evangile, du magistère de l'Eglise catholique et de l'histoire, les rédacteurs de La Question n'ont jamais su que répondre. Ils se voyaient être dans l'obligation de rejeter et condamner leurs erreurs gravissimes.
Hélas, loin de se soumettre à la vérité et à la doctrine de l'Eglise catholique, ils ont préféré persévérer
dans leurs erreurs publiques, continuer d'attaquer de plus belle la Papauté et notre position, toujours en usant d'amalgames et de contre-vérités.
Car si on en croit les affirmations du blog La Question que l'on pourrait qualifier de gallican, il existerait un document pontifical soutenant la possibilité d'un pape hérétique à la tête de l'Eglise. Le Pape qui en serait l'auteur serait Adrien VI. Nous allons démontré qu'il n'en est rien.
Oui, nous affirmons qu'il est faux et manipulateur de faire croire qu'il y aurait un document pontifical déclarant « qu’un pape pouvait errer en matière de foi et tomber dans l’hérésie dans l’exercice de sa charge ».
Non seulement il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI (Adrien Florent) affirmant de tels propos, mais nous allons montré que le texte que La Question cite est très controversé.
> Sommaire de notre dossier :
1. Il n'existe pas de document pontifical du Pape Adrien VI affirmant de tels propos.
a/ Des propos tenus par un théologien particulier et non par un Pape
b/ Un texte très controversé publié à l'insu d'Adrien Florent
c/ Dernière tentative de La Question : l'édition de 1522
2. Les sources de La Question inexistantes
3. Rappel de la doctrine de l'Eglise catholique qui condamne La Question
4. Notre conclusion
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« Que dire de ces hommes qui passent leur temps à répéter des calomnies mille fois confondues ?
Est-ce leur ignorance ou leur mauvaise foi qu'il faut stigmatiser ?»
Père H. Montrouzier
« Ceux-là sont la peste et la ruine de l'Eglise qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi. »
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise
Mais il n'est jamais trop tard pour se rallier au camp de la vérité... Il n'est jamais trop tard pour défendre notre sainte Mère, la sainte Eglise de Dieu, et la pierre infaillible sur laquelle elle est bâtie : la Papauté !
> Lire notre dossier (fichier PDF de 12 pages) : Le Pape Adrien VI et l'infaillibilité pontificale : les mensonges du blog La Question
Ici où là, on entend ou on lit parfois le raisonnement suivant :
"L'Eglise est fondée sur Pierre, c'est-à-dire sur le Pape qui est la tête de l'Eglise. Or, vu que le Pape
est la tête de l'Eglise, le fait que depuis 40 ans le Siège apostolique est vacant signifie donc que l'Eglise a, pour ainsi dire la tête décapitée, donc qu'elle est moribonde."
Plusieurs points de ce raisonnement sont erronés. Tout d'abord, une chose est absolument certaine :
l'Eglise catholique ne peut pas disparaître :
Le Pape Léon XIII :
"L'Eglise n'est point une sorte de cadavre : elle est le Corps du Christ, animé de sa vie
surnaturelle (...) mais comme l'Eglise est telle (corps et âme unis) par la volonté et par l'ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption, jusqu'à la fin des
temps, sans quoi elle n'aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et l'espace:
double conclusion contraire à la Vérité. Il est donc certain que cette réunion d'éléments visibles et invisibles, étant, par la volonté de Dieu, dans la nature et la constitution intime de
l'Eglise, doit nécessairement durer autant que durera l'Eglise elle-même." (Encyclique Satis Cognitum)

Ubi Petrus, ibi Ecclesia: Là où est Pierre, là est l'Eglise. (Saint Ambroise, Psal. XL.)
A noter que le sens à donner à cet enseignement est celui-ci :
Mgr Félix Dupanloup (1802-1878) :
"On dit bien, et il faut le dire : Ubi Petrus, ibi Ecclesia [...] Le vrai et légitime usage pratique de ce mot célèbre, c'est que, dans les divisions produites par les schismes et les hérésies, pour reconnaître où est l'Église, il faut regarder où est le Pape. C'est ainsi que nous sommes certains que l'Église russe, l'Église anglicane ne sont pas l'Église de Jésus-Christ, parce qu'elles n'ont pas le Pape avec elles; et au contraire l'Église catholique romaine est la vraie Église, parce qu'elle reconnaît le successeur de Pierre pour Chef : Ubi Petrus, ibi Ecclesia"
Il est bien sûr exact que "l'Eglise est fondée sur Pierre" (Saint Jérôme).
Cependant, le fait que Notre Seigneur ait fondé son Eglise sur Pierre et que l'on peut savoir où elle se trouve en suivant le Pape (quand il y en a un) ne signifie pas que le Pape en est la tête.
Comme l'écrit l'abbé Marchiset dans sa publication Constat doctrinal sur la Tradition catholique :
"La question est de savoir si la situation qui résulte de l’absence d’un véritable et par conséquent légitime souverain Pontife et de l’occupation du siège de Pierre par un usurpateur signifie la destruction totale, la disparition absolue de l’Eglise, bref si les portes de l’enfer ont prévalu contre Elle, ce qui serait contraire aux promesses de Notre Seigneur Jésus-Christ. Il est donc fort regrettable qu’actuellement ceux qui entreprennent des ouvrages qui traitent de théologie du Corps mystique mais qui dans l’analogie qu’ils font entre la tête d’un corps humain qui reçoit et qui influe dans tous ses membres et le pape dont ils parlent en tant que tête de l’Eglise, ne fasse pas assez bien la distinction, entre le Christ, tête de Son Corps mystique qui est l’Eglise et Son vicaire sur terre, chef ou pasteur de son troupeau, celui dont Il lui a confié la charge."
C'est ce qu'enseigne très bien saint Augustin, docteur de l'Eglise, dans son traité
sur l'Eglise:
"La tête qui est-elle [de l'Eglise] ? Celui qui est né de la Vierge Marie. Son corps qui est-il ? Son Epouse, c'est-à-dire l’Eglise (…)". "Que le Christ parle donc, puisque, dans le Christ parle l’Eglise, et dans l’Eglise parle le Christ : la tête dans le corps et le corps dans la tête." (cité dans L'Eglise selon saint Augustin, de M.F. Berrouard O.P.)
Le Pape Boniface VIII dit, tout comme son successeur Pie XII, que l'Eglise n'a qu'une
tête : le Christ. Cependant, puisque le Pape régnant tient la place de Notre Seigneur sur terre et est par conséquent la tête visible du corps social de l'Eglise revient à
dire que "le Christ et son Vicaire ne forment qu'une Tête" :
Boniface VIII : "Cette Eglise, une et unique, n’a qu’un seul corps, une seule tête, et non deux têtes comme si elle était un monstre, c'est-à-dire le Christ et le vicaire du Christ, Pierre et le successeur de Pierre." (Bulle Unam sanctam au Roi de France Philippe IV – 18 novembre 1302)
Pie XII : "Car Pierre, par la vertu du primat, n'est que le Vicaire du Christ, et il n'y a par conséquent qu'une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ; c'est Lui qui, sans cesser de gouverner mystérieusement l'Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le Ciel, elle ne repose plus seulement sur Lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous [...] Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu'une seule Tête, Notre immortel prédécesseur Boniface VIII l'a officiellement enseigné dans le Lettre Apostolique Unam sanctam." (Encyclique Mystici Corporis - 29 juin 1943)
Cependant, on ne doit pas penser que l'on peut "s'attacher au Christ, Tête de l'Eglise, sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre." (Encyclique Mystici Corporis)
Effectivement, le fait que le Christ soit la tête de l'Eglise peut amener certains estimer (comme les protestants par exemple) qu'il n'y a pas besoin de reconnaître ou de suivre le Pape. Certains croient pouvoir s’attacher au Christ chef de l’Eglise, et simultanément, mépriser son Vicaire sur la terre ; ils se trompent, comme le juge le Pape XII. Il est bien évident qu'en règle normale, l'Eglise est pourvue d'un Pape qui dirige le troupeau qui doit lui être soumis ; le Pape est donc la tête visible du corps social de l'Eglise comme l'écrit Pie XII.
Saint Paul : "Il [le Christ]est la tête du corps, qui est l'Église; c'est en lui que commence la vie nouvelle, il est le Fils premier-né, le premier à avoir été ramené d'entre les morts, afin d'avoir en tout le premier rang." (Col.1, 18)
Le Pape est dit "chef de l'Eglise", en tant qu'il est le
vicaire, le représentant du seul chef de l'Eglise : le Christ. Toutefois, nous pouvons bien évidemment dire qu'il est le chef de l'Eglise
militante.
L'absence, même prolongée, de Pape ne signifie donc pas "décapitation de
l'Eglise". Dans le concret, il est évident que nous pâtissons tous de cette absence mais il ne faut pas oublier que :
1. l’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales de droit divin (Droit canon - 100)
.
2. Une personne morale, par sa nature, est perpétuelle, elle s’éteint par l’acte de l’autorité légitime qui la
supprime, ou si, pendant l’espace de cent ans, elle a cessé d’exister (canon 102).
3. Étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.
C'est ce qui faisait dire au théologien et canoniste Naz ceci :
"D'après Gierke, la notion Siège apostolique a été dégagée dès le Moyen Age par les
canonistes pour marquer la permanence de l'autorité centrale dans l'Église, quels que soient les changements susceptibles de se produire dans les personnes qui l'exercent. Le pouvoir en
effet, est attaché à la fonction, non à l'individualité du fonctionnaire. D'où il suit que l'autorité souveraine est attachée à la dignité
pontificale et survit à la disparition des personnes qui en sont revêtues." (Dictionnaire de droit canonique, Tome VII,
col.837-838, ed. 1965)
Mgr Gibier (1849-1931) :
"Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. [...] Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un
privilège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !"
(Conférences aux hommes, l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.)
Ainsi, notre situation actuelle de vacance de la Chaire de St Pierre ne contredit ni l'indéfectibilité ni la permanence et la
sauvegarde de l'Eglise catholique :
R.P. Goupil :
"Remarquons que cette succession formelle ininterrompue doit s'entendre
moralement et telle que le comporte la nature des choses : succession de personnes, mode électif, comme l'a voulue le Christ et l'a comprise toute l'antiquité chrétienne.
Cette perpétuité n'exige donc pas qu'entre la mort du prédécesseur et l'élection du successeur il n'y ait aucun intervalle, ni même que dans toute la série des pasteurs aucun ne
puisse avoir été trouvé douteux ; mais “on entend par là une succession de pasteurs légitimes telle que jamais le siège pastoral, même vacant,
même occupé par un titulaire douteux, ne puisse réellement être réputé tombé en déshérence ; c'est-à-dire encore que le gouvernement des prédécesseurs persévère virtuellement dans
le droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu, et que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur.” (Ch. Antoine, “De Ecclesia”). (L’Eglise, 5ème édition,
1946)
Un Pape ne peut pas défaillir dans la foi, c'est ce qu'affirment Notre Seigneur, les Papes, les docteurs de l'Eglise et le Concile Vatican I. A l'inverse, il est possible qu'un mauvais Pape dirige l'Eglise ; cela s'est produit plusieurs fois au cours de l'histoire.
Mgr de Ségur, peu après le Concile Vatican I, écrivait ce qui suit :
"De même qu'un mauvais prêtre ne cesse pas pour cela d'être prêtre, de sorte que sa messe, ses absolutions, etc., sont valides; de même un Pape, qui aurait le malheur de n'être pas vertueux et saint, ne cesserait pas pour cela d'être Pape, et, comme tel, de jouir de tous les privilèges accordés par le bon Dieu à la Papauté. Quelque mauvais qu'on le suppose, il n'en serait pas moins le Pape, le représentant visible de Jésus-Christ, le Pasteur et le Docteur infaillible de toute l'Église. Méprisable comme homme, il serait toujours vénérable comme Pape, et Notre-Seigneur, dont les promesses sont immuables, le rendrait aussi facilement infaillible que s'il avait affaire à un homme saint et pur.
Dans la longue série des deux cent cinquante-huit papes qui, depuis saint Pierre jusqu'à ce jour, ont gouverné l'Eglise de Dieu, il y a eu deux Papes qui ont été notoirement indignes de leur sainte mission; et Dieu a permis que ces deux indignes n'aient eu à définir aucune vérité durant leur Pontificat.
Jamais un Pape ne s'est trompé en enseignant la foi, parce que le bon Dieu y a pourvu, en maintenant son Vicaire, quel qu'il fût, bon ou mauvais, au-dessus de l'infirmité naturelle de l'intelligence humaine, qui peut toujours se tromper, qui peut toujours faillir.
Ainsi, au point de vue de l'autorité et de l'infaillibilité, il importe très-peu que le Pape soit bon ou mauvais, juste ou pécheur." (Le Pape est infaillibl e. Opuscule populaire. 1870 dans Comment un mauvais Pape peut être et est infaillible, tout comme un bon)
"Tout en étant infaillible comme Vicaire de JÉSUS-CHRIST, le Pape ne cesse pas d'être peccable, parce qu’il ne cesse pas d'être homme. S'il eût été nécessaire au bien de l'Église et au salut du monde que le Chef de l'Église fût impeccable, qui doute que Dieu ne l'est fait impeccable comme il l'a fait infaillible. Cela n'était pas nécessaire: il ne l'a pas fait.
Que faut-il, en effet, à l'Église? Qu’elle ait une règle certaine et infaillible en matière de croyance; et elle l'a, au moyen de l'infaillibilité de son Chef; puis, qu'elle ait une autorité souveraine, indiscutable, certainement sainte, en matière de direction et de conduite; et cette autorité, elle la trouve dans la suprême autorité, à laquelle il n'est jamais permis de désobéir. Voilà ce qui est nécessaire à l'Eglise. Mais on ne voit pas à quoi lui servirait l'impeccabilité de son Chef. Si le Pape était impeccable, cette grâce lui serait certainement très-précieuse; mais elle ne servirait guère qu'à lui. Pour la conduite de l'Eglise, son infaillibilité et son autorité souveraine suffisent complètement." (Le Pape est infaillible. Opuscule populaire. 1870 dans Si le Pape est impeccable parce qu'il est infaillible)
La position dite "sédévacantiste" n'a jamais consisté à se baser sur le (faux) principe qu'un mauvais Pape ne peut pas être Pape ! Pour avoir soutenu une telle idée, Jean Huss fut excommunié par l'Eglise en 1415 :
"Si le pape est mauvais, et surtout s'il est réprouvé, il est, comme Judas l'Iscariote, un diable, un voleur et un fils de perdition, et non la tête de la sainte Eglise militante puisqu'il n'en est même pas membre."
"Un pape ou un prélat mauvais réprouvé n'est pasteur que d'une manière équivoque ; en réalité, c'est un voleur et un brigand."
(Erreurs condamnées par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)
Ce genre d'erreurs n'était pas rare à cette époque puisqu'un certain John Wyclif soutenait les mêmes erreurs :
"Si le pape est réprouvé (prescitus) et mauvais, et par conséquent membre du diable, il n'a pas de pouvoir sur les fidèles qui lui ait été donné par quelqu'un d'autre que, peut-être, César." (Erreur condamnée par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)
Le cas d'un mauvais Pape n'est pas le même que celui d'un
prétendu "pape" proclamant ouvertement l'hérésie et détruisant l'Eglise catholique. Effectivement, l'Eglise a condamné cette première affirmation et a approuvé et définit la seconde.
Il n'y a donc aucun lien entre le prénommé Jean Huss avec la position catholique dite "sédévacantiste". Il est malheureux si ce n'est diffamant de prétendre le contraire, comme le fait notamment le site La Question.
N'oublions pas que Jean Huss pensait qu'un Pape pouvait défaillir (ce que soutient aujourd'hui beaucoup de "traditionalistes"). Or, cette proposition a été condamnée par le Concile de Constance :
"Les apôtres et les prêtres fidèles du Christ ont dirigé fermement l’Église pour les choses nécessaires au salut avant que la fonction de pape ne soit introduite; et ils feraient ainsi jusqu’au jour du jugement en cas de défaillance tout à fait possible du pape" (Erreur condamnée par le Concile de Constance, 15ème session, 6 juillet 1415 décret confirmé par Martin V le 22 février 1418.)
Répétons-le : parce qu'ils ont enseigné, défendu et approuvé l'hérésie, Paul VI, Jean-Paul I, Jean-Paul II ne pouvaient pas détenir l'autorité pontificale. Il en de même aujourd'hui : Benoît XVI ne peut pas être considéré comme Pape. Nous n'avons donc pas à faire à des mauvais Papes mais à des imposteurs qui ont pour but de détruire l'Eglise catholique.
Il ne s'agit aucunement de "s'ériger en juge". La foi et la doctrine catholiques nous commandent de rejeter l'enseignement, les réformes et les hérésies des "papes" de Vatican II, par conséquent, la foi nous indique que ces "papes" ne sont pas les Vicaires du Christ. Cette conclusion, absolument certaine, découle d’un raisonnement simple mais rigoureux dont le prémisse est une de foi divine.
Articles connexes :
> Réfutation de certaines erreurs colportées par le site La Question
> Infaillibilité du "Concile" Vatican II : réfutation d'un article de La Questio
Face aux hérésies et au modernisme des prétendus "papes" qui se succèdent sur la chaire de Pierre depuis Vatican II (Paul VI, J-P II et Benoît XVI), certains prétendent qu'il est possible que le Vicaire du Christ puisse tomber dans l'hérésie. Ainsi,
pour tâcher de prouver ses dires, l'abbé Boulet (FSSPX) dans
une de ses études en 2004 se base essentiellement sur des propos qu'aurait tenus le Pape Adrien VI († 1523). Le site La Question vient récemment d'y faire référence afin de tenter de réfuter la position "sédévacantiste". Voici
cette fameuse citation :
"Si dans l'Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu'un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques. Le dernier en date était le Pape Jean XXII (†1334). "
Nous pouvons constater que l'abbé Boulet - tout comme le site laquestion - n'indique aucune source. Faut-il s'en étonner ? Non, car d'après les recherches de l'abbé Zins, cette citation provient d'un ouvrage mis l'index par l'Eglise. La source exacte de cette citation du pape Adrien VI est celle-ci : Quaest. in IV Sent.; cité in Viollet, L'infaillibilité pontificale et le Syllabus :
|
" La Sacrée Congrégation des Éminentissimes et Révérndissimes cardinaux de la Sainte Église, préposés et délégués par Notre Très Saint Père le Pape Pie X et le Saint-Siège apostolique à l'indication des livres contenant une doctrine mauvaise, à leur proscription, à leur expurgation et à la permission de les lire dans tout l'univers chrétien, réunie dans le palais apostolique du Vatican, le 5 avril 1906, a condamné et condamne, a proscrit, et a ordonné et ordonne d'ajouter à l'Index des livres défendues les ouvrages suivants : Paul Viollet, L'infaillibilité du Pape et le Syllabus. Etude historique et théologique. Besançon-Paris, 1904
Sur l'ordre de Notre Saint Père le Pape Pie X, je, sécrétaire, ai relaté tout ce qui précède. Sa Sainteté a approuvé le décret et a ordonné de le promulger.
" André, card. Steinhuber, Préfet. |
Source
: Actes de Pie X, t. II, p.
304
Par ailleurs, l'abbé Belmont réagit à l'époque en écrivant un article dans son bulletin Notre-Dame de la Sainte Espérance, (n° 219) :
" En vérité, c’est chez les ennemis de l’Église qu’on trouve citée cette (prétendue) déclaration d’Adrien VI.Ainsi dans la justification des évêques schismatiques d’Utrecht :
« Déclaration des évêques de Hollande adressée à toute
l’Église catholique et acte d’appel des bulles d’excommunication lancées contre eux par Léon XII les 25 août 1825 et 13 janvier 1826 ». En vérité, ces révoltés ne mettent pas dans la bouche
d’Adrien VI le nom de Jean XXII, que l’auteur canadien place [sans vergogne] à l’intérieur de ses guillemets.
On trouve encore le texte latin de cette "citation" dans une histoire protestante des dogmes chrétiens (celle d’Eugène Haag) et ce texte latin porte : plures enim fuerunt pontifices romani
hæritici, ce qui en vérité veut dire plusieurs, et non pas beaucoup.
En vérité, on retrouve cette citation chez les gallicans de tout poil, trop contents de l’aubaine.
En vérité, aucun de ceux qui citent ce texte ne fait référence à un acte pontifical. Il semble plutôt qu’ils l’attribuent à un livre publié par Adrien VI (Adriaan Florensz) De ministro
Confirmationis (sent. iv, art. 3) que d’ailleurs ils citent de seconde main (au mieux) à travers l’historien Jean de Launoi, qui fut le maître ès gallicanismes de Bossuet au collège de Navarre,
et un précurseur des encyclopédistes.
Pour ma part, je n’ai rien trouvé de semblable ni d’approchant dans mon Grand Bullaire Romain."
Mais ce n'est pas tout. L'abbé Boulet et le site laquestion tentent de nous faire croire que "le Bienheureux Pape Pie IX (†1878) a reconnu le danger qu'un pape soit hérétique et "enseigne (…) contrairement à la foi Catholique", et il a ordonné: "ne le suivez pas". Il dit encore: "si, dans le futur, un pape enseigne quoi que ce soit contre la foi Catholique, ne le suivez pas." (Lettre à Mgr. Brizen)."
Etonnante déclaration du Pape qui a promulgué le dogme de l'infaillibilité pontificale ! Il s'agirait d'une lettre que le pape Pie IX aurait adressée à un certain Mgr Brizen. Là encore, aucune référence donnée. Rien d'étonnant puisque, après de longues recherches, nous ne trouvons aucune trace d'un Mgr Brizenau XIX° siècle ! En revanche, sous le pontificat de Pie IX, un diocèse portait comme nom "Brixen", diocèse ayant eu deux évêques : Mgr Bernhard Galura (év. de 1829 à 1856) et Mgr Vinzenz Gasser (év. de 1856 à 1879).
M. l'abbé Belmont
:
"En vérité, le Canadien, qui prend ce texte à son compte, ne cite pas un seul fait : ce serait dangereux, ses lecteurs pourraient aller vérifier ; on est prié de le croire sur parole. Voilà
quelqu’un qui insulte l’Église, et il voudrait qu’on le croie sur sa seule parole. C’est une sorte de cléricalisme à rebours.
Non seulement ce serait dangereux de citer un nom, mais il faudrait aussi en être capable. Les théories des ennemis de l’Église à propos des Papes Vigile,
Honorius ou saint Libère ont été réfutées par les meilleurs historiens catholiques, en particulier par Dom Guéranger (La Monarchie pontificale ou encore Défense de la sainte
Église romaine). Quant à Jean XXII (le Pape qui a canonisé saint Thomas d’Aquin), il s’agit d’un fameux sermon qui mit la chrétienté en feu, mais qu’on ne peut déclarer hérétique, sinon par
anachronisme.
L’auteur canadien appartient à ces gens pour lesquels la théologie consiste à tenter de prendre leur Mère en défaut, je veux dire à chercher (et à prétendre trouver) des exemples historiques dans
lesquels l’Église se serait trompée, afin d’y découvrir un prétexte à faire ce que bon leur semble – c’est-à-dire n’importe quoi. Ce n’est pas de la théologie, c’est de
l’impiété.
Tout cela est malhonnête et d’une nullité affligeante.
Voici un exemple de cette nullité : le « Mgr Brizen », appelé au secours comme destinataire d’une lettre de Pie IX, n’existe pas. Il s’agit
de Mgr Vincenz Gasser (1809-1856-1879) prince-évêque de Brixen ou Bressanone (Tyrol du sud, aujourd’hui en Italie). Et la lettre que Pie IX est censé lui avoir adressée est inconnue au bataillon : serait-elle, elle aussi, le fruit d’un cauchemar qui a
impressionné un esprit faible ?"
Notre-Dame de la Sainte Espérance, (n° 219)
Affligeant ! Aller chercher des prétendues déclarations chez les ennemis de l'Eglise ou en inventer pour crédibiliser des thèses fausses, voilà où mène le combat de ceux qui rejettent coûte que coûte la position catholique dite sédévacantiste !
"Un Pape peut enseigner des hérésies" nous dit-on. Non ! Aucune déclaration sérieuse de Papes ou de docteurs de l'Eglise ne peut être trouvée en faveur de cette affirmation car le Pape "est toujours pur de toute erreur doctrinal [...] sa foi est à jamais indefectible" (Constitution dogmatique Pastor Aeternus - Concile vatican I).
__________________________________
Rappel sur deux raisonnements qui aboutissent, avec certitude, à la position dite "sédévacantiste" :
Premier raisonnement :
1. Le Pape, en tant que tel, ne peut ni enseigner, ni promulguer une hérésie (vérité de foi
enseignée par Notre Seigneur, les docteurs de l'Eglise, les Papes et le Concile Vatican I)
2. Jean XXIII, Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ont enseigné et/ou promulgué des hérésies et des erreurs contre la Foi.
3. Ils ne peuvent donc pas détenir l'autorité pontificale. Ce ne sont pas de vrais Papes.
Plus de précisions ICI
Second raisonnement :
1. Tout catholique doit être soumis au Pape
2. La foi nous commande de rejeter les déclarations de Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI et de leur résister
3. La foi nous assure donc que ces prétendus Papes sont démunis d'autorité pontificale.
Plus de précisions ICI
Voici "l'argument" classique de la FSSPX, qui tente ainsi
de justifier sa position comme quoi Benoît XVI est Pape bien qu'il dise des erreurs contre la foi :
A cette Fraternité - qui porte mal son nom - Saint Pie X, nous pouvons citer... saint Pie X :
Saint PIE X, Catéchisme Romain
Saint Pie X, 10.5.1909
Il n'y a donc aucune comparaison à faire entre un père de famille qui serait un mauvais père et LE TRÈS SAINT PERE, le
Vicaire du Christ sur la terre ...
Depuis les années 1970, d’innombrables auteurs traditionalistes, qui
ont rejeté les enseignements de Vatican II et la nouvelle messe mais qui s’opposent au "sédévacantisme", ont justifié leur propre position en ressortant sans aucun fondement la citation
suivante tirée de saint Robert Bellarmin :

"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées serait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AUTRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."
(Constitution apostolique "Cum ex apostolatus )
> Un non-catholique ne peut pas être pape


> Sept arguments théologiques contre l'hérésie du Pape hérétique : ICI

