"Afin que la Foi et la Vie soient conservées, il faut évidemment des Evêques. Pas de Sacrements sans Sacerdoce sans Evêques"
(Mgr Guerard des Lauriers)
Dans les rangs des catholiques soutenant la vacance du Siège Apostolique depuis
Vatican II, le sujet des sacres épiscopaux sans mandat romain, du fait de la situation, a toujours
fait couler beaucoup d'encre. Alors que plusieurs lois ecclésiastiques exigent normalement la délivrance d'un mandat romain (autorisation du Pape régnant) pour la survenue d'un sacre épiscopal, la situation actuelle extraordinaire et inédite de l'Eglise - absence de Pape depuis
plus de quarante ans, réforme liturgique invalide, raréfaction des vrais sacrements intégralement catholiques, etc - peut-elle justifier la non observation de ces lois ? Nous répondons par
l'affirmatif. Effectivement, contrairement à ce que défendent
certains, une consécration épiscopale sans mandat romain, qui plus est durant la vacance du Siège apostolique, ne va pas contre la nature même de l’épiscopat et la constitution divine de
l’Eglise. L'exigence du mandat romain, rappelons-le rapidement, est d'origine humaine et non d'institution divine. Ainsi, puisque saint Thomas d'Aquin enseigne explicitement qu'une loi
d'origine humaine ne s'applique plus lorsque, par des circonstances non prévues par son législateur, elle nuit au bien commun de l'Eglise et/ou à une loi divine (vertu d'épikie), nous pensons
qu'aujourd'hui, les consécrations épiscopales sans mandat romain sont, en soi, parfaitement licites, à condition notamment de reconnaitre la vacance de la chaire de Pierre. Cependant, précisons que ces consécrations ne confèrent pas à ces évêques le pouvoir de juridiction
qui découle uniquement du Pape, du fait, bien évidemment de l'absence de ce dernier.
Outre les
arguments doctrinaux, nous pouvons prouver ces propos par des faits historiques qui se sont réalisés au cours de l'histoire de l'Eglise : Entre 1268 et 1271, lors de la vacance du
Siège pontifical, des sacres épiscopaux, sans mandat romain explicite, ont eu lieu et ont été ensuite ratifiés lorsqu'un Pape, Grégoire X, a été élu :
"Le 29 Novembre 1268, le Pape Clément IV mourut, et commençât alors une des plus longues périodes d'interrègne ou de vacance du siège pontifical dans l'histoire de l'Église Catholique. Les cardinaux à ce moment-là devaient se réunir en conclave dans la ville de Viterbe, mais en raison des intrigues de Carlo d'Anglio, roi de Naples, la discorde éclata entre les membres du Sacré Collège et la perspective d'une élection devenait de plus en plus éloignée.
Après presque trois ans, le maire de Viterbe enferma les cardinaux dans un palais, leur permettant seulement le strict minimum pour survivre, jusqu'à ce qu'une décision soit prise qui donnerait à l'Eglise son chef visible. Enfin, le 1er septembre 1271, le Pape Grégoire X fut élu à la Chaire de Pierre.
Au cours de cette longue période de vacance du Siège apostolique, la vacance d'office se produisit également dans de nombreux diocèses dans le monde entier. Afin que les prêtres et les fidèles ne puissent pas être laissés sans bergers, des évêques furent élus et consacrés pour combler les sièges vacants. Ainsi furent accomplies au moins vingt-et-une élections et consécrations dans les différents pays. L'aspect le plus important de ce précédent historique, c'est que toutes ces consécrations d'évêques ont été ratifiées par le Pape Grégoire X, qui a, par conséquent, confirmé la légalité de telles consécrations."
(extrait d’Il Nuovo Cattolico Osservatore par le Dr Stephano Filiberto, Docteur en Histoire ecclésiastique)
Selon le document «Hierarchia Catholica Medii Aevi" du Père Conrad Eubel, OFM, MST, imprimé en 1913, les évêques ci-dessous ont été consacrés au cours de la période de la vacance mentionnée plus haut :
- Mgr Radulfus de Thieville :Diocèse d'Avranches, France. Consacré en novembre 1269
- Mgr Nicolaus Forteguerra : Diocèse de Aleria, Corse. Consacré en 1270
- Mgr Nicolaus Forteguerra : Diocèse de Antivari, Grèce. Consacré en 1270
- Mgr Erardus de Lesinnes : Diocèse d'Auxerre, France. Consacré en janvier 1271
- Mgr Erardus de Lesinnes : Diocèse d'Auxerre, France. Consacré en janvier 1271
- Mgr Potius de Sissey : Diocèse de Chalons sur Saorie, France. Consacré en 1269
- Mgr Jacobus : Diocèse de Cagli, Italie. Consacré le 8 septembre 1270
- Mgr Geoffridus d'Ass : Diocèse du Mans, en France. Consacré en 1270
- Mgr Taurs Petrus (Pepers) : Diocèse de Cefalu, Sicile. Consacré en 1269
- Mgr Borgognoni Théodoric, OP : Diocèse de Cervia, Italie. Consacré en 1270
- Mgr Johannes OP Magnesi : Diocèse de Civita Castellana, Italie. Consacré en 1270
- Mgr Philippus de Chaourse : Diocèse d'Evreux, France. Consacré en février 1270
- Mgr Ravaldinus : Diocèse de Forlimpopoli, Italie. Consacré en 1270
- Mgr Johannes de Rupe (Roche) : Diocèse de Lismore Waterford, en Irlande. Consacré en 1270
- Mgr Paganellus : Diocèse de Lucques, en Italie. Consacré en 1269
- Mgr Petrus de Gualis : Diocèse de Saint-Jean de Maurienne, France. Consacré en 1270
- Mgr Johannes de Garlande : Diocèse de Meaux, France. Consacré en 1269
- Mgr Laurientius von Leisteberg : Diocèse de Metz, en Allemagne. Consacré en 1269
- Mgr Raudulfus de Valpelline : Diocèse de Sion, Suisse. Consacrée en juin 1271
- Mgr Bertandus de Lisle Jourdain : Diocèse de Toulouse, France. Consacré le 20 octobre 1270
- Mgr Johannes de Nanteuil : Diocèse de Troyes, France. Consacré en juin 1269
- Mgr Petrus Urg : Diocèse de Abril, Espagne. Consacré le 3 novembre 1269
Ces faits démontrent incontestablement que les catholiques opposés aux sacres épiscopaux sans mandat romain à l'heure actuelle se trompent lourdement et que leurs affirmations comme quoi "un mandat apostolique est nécessaire d'institution divine" ou que "les sacres sans mandat violent la constitution divine de l’Eglise" sont absolument erronées.
Nous avons tiré ces informations d'un document rédigé par Mgr Mark Pivarunas (évêque américain non una cum) intitulé les consécrations épiscopales pendant les interrègnes. Mgr Pivarunas revient sur l'ensemble du problème et répond ensuite à une objection émise par les opposants actuels aux sacres. Nous invitons bien sûr nos lecteurs à lire l'ensemble du travail de Mgr Pivarunas qui a été traduit en français pour notre site par une âme généreuse.
> Lire le dossier PDF en français de Mgr Pivarunas (8 pages) : Les consécrations épiscopales pendant les interrègnes
Voici un texte qui s'adresse particulièrement aux "légalistes" de la "Tradition" qui prétendent que - du fait de la situation actuelle de l'Eglise catholique - sacres et ordinations ne sont plus possibles puisque mandat romain et lettres dimissoriales (lois purement ecclésiastiques) font défauts. Rapellons que les lois purement ecclésiastiques font partie des lois humaines. Or, selon l'enseignement de saint Thomas d'Aquin, docteur angélique et prince des théologiens, les lois humaines ne doivent pas être suivies en cas de nécessité ou quand elles viennent contredire leur finalité.

Parmi les sujets du Bac de philosophie qui s'est déroulé hier, on trouvait
celui-ci :
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"Parce que les actes humains pour lesquels on établit des lois consistent en
des cas singuliers et contingents, variables à l'infini, il a toujours été impossible d'instituer une règle légale qui ne serait jamais en défaut. Mais les législateurs, attentifs à ce qui
se produit le plus souvent, ont établi des lois en ce sens. Cependant, en certains cas, les observer va contre l'égalité de la justice, et contre le bien commun, visés par la
loi. Ainsi, la loi statue que les dépôts doivent être rendus, parce que cela est juste dans la plupart des cas. Il arrive pourtant parfois que ce soit dangereux, par exemple si un
fou a mis une épée en dépôt et la réclame pendant une crise, ou encore si quelqu'un réclame une somme qui lui permettra de combattre sa patrie. En ces cas et d'autres semblables,
le mal serait de suivre la loi établie ; le bien est, en négligeant la lettre de la loi, d'obéir aux exigences de la justice et du bien public.
C'est à cela que sert l'équité. Aussi est-il clair que l'équité est une vertu. L'équité ne se détourne pas purement et simplement de ce qui est juste, mais de la justice déterminée par la
loi. Et même, quand il le faut, elle ne s'oppose pas à la sévérité qui est fidèle à l'exigence de la loi ; ce qui est condamnable, c'est de suivre la
loi à la lettre quand il ne le faut pas. Aussi est-il dit dans le Code [Code publié par Justinien en 529] : « II n'y a pas de doute qu'on pèche contre la loi si, en s'attachant à sa lettre, on contredit la volonté du législateur ». II juge de la loi celui qui dit qu'elle est mal faite.
Mais celui qui dit que dans tel cas il ne faut pas suivre la loi à la lettre, ne juge pas de la loi, mais d'un cas déterminé qui se présente." (Somme théologique, I-II, q. 120. art. 1) |
Il s'agit de la vertu d'"épikie" qui ne consiste pas, comme certains le
pensent, à changer la loi mais à suivre la fin visée par cette même loi. Dans certains cas, ceci est une exigence et un devoir, nous enseigne St Thomas d'Aquin.
On peut aussi penser à cet autre extrait tiré de la Somme théologique :
|
"Toute loi est ordonnée au salut commun des hommes, et c'est seulement dans cette mesure qu'elle acquiert force et raison de loi; dans la mesure, au contraire, où elle y manque, elle perd de sa force d'obligation. […] C'est pourquoi, s'il surgit un cas où l'observation de telle loi soit préjudiciable au salut commun, celle-ci ne doit plus être observée."
(Somme théologique, I-II, q. 96. art. 6) |
C'est pourquoi, il est possible, si ce n'est un devoir exigé par le droit divin, d'ordonner des prêtres et de sacrer des évêques (par un vrai évêque catholique, bien évidemment), pour que s'accomplisse la finalité pour laquelle Jésus-Christ a fondé son Eglise : acheminer les hommes vers le Ciel, leur enseigner la vérité et leur donner la grâce au moyen des sacrements.
Aujourd'hui, un certain nombre de fidèles
et quelques prêtres de nos milieux dits "sédévacantistes" refusent de reconnaître les sacres catholiques opérés depuis la vacance du Siège de
Saint Pierre. Cette position signifie donc que non seulement, il n'y aurait plus aujourd'hui de vrais évêques catholiques mais que tous les prêtres ordonnés par des évêques sacrés
sans mandats romains ne seraient pas de vrais prêtres ou ne pourraient pas donner les sacrements et célébrer la Messe.
1. "LES SACRES D’ÉVÊQUES SANS MANDAT EXPLICITE DU SOUVERAIN PONTIFE" (n° 9 de la Voix des francs catholiques)
- Arguments du R. P. H Montrouzier, théologien (XIX-XX°
siècle) et de l'abbé Berto
2. "LA QUESTION DE
L'EPISCOPAT : Réponse à l'abbé Belmont" par M. l'abbé Ricossa, important dossier publié dans Sodalitium n°44.
- Les consécrations épiscopales sans mandat romain
- La situation actuelle de la hiérarchie dans l’Eglise
- Les consécrations épiscopales dans les rangs des catholiques qui ont refusé Vatican II et la réforme liturgique
- La thèse de l’abbé Belmont...
- ... est enseignée par Vatican II...
- ... soutenue par les Gallicans...
- ... elle est constamment démentie par le magistère de l’Eglise !
- Commentaire des textes du magistère
- Conséquences: l’“épiscopat diminué” n’est pas un “cercle carré” mais une chose exceptionnellement possible
- Le canon 2370
- Exemples de consécrations sans mandat considérée comme légitimes par l’Eglise
- L’aspect prudentiel: consécrations imprudentes et inopportunes ?
3. Extraits du livre : "LE PROBLEME DE L'AUTORITE ET DE L'EPISCOPAT DANS L'EGLISE" par Mgr Guerard
des Lauriers, publié par M. l'abbé Ricossa.

"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées serait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AUTRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."
(Constitution apostolique "Cum ex apostolatus )
> Un non-catholique ne peut pas être pape


> Sept arguments théologiques contre l'hérésie du Pape hérétique : ICI


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