En quittant ses disciples pour retourner à son Père, Notre Seigneur Jésus-Christ leur demanda d'accomplir la tâche immense d' "enseigner toutes les nations, les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit" (Matt., XXVIII,19) ; mais Il leur laissa aussi de magnifiques promesses:
"Voici, je suis avec vous tous les jours jusqu'à la fin du monde" (Mt. XXVIII, 20)
"Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous" (Act I. 8)
"L'Esprit-Saint vous enseignera à l'heure même ce qu'il faudra que vous disiez" (Lc XII, 12)
Ainsi, l'Eglise, assistée par le Saint-Esprit, se voyait protégée des assauts de ses ennemis mais elle avait, par les promesses de Jésus-Christ, l'assurance qu'elle durerait éternellement, que les portes de l'enfer, les hérésies, ne prévaudront jamais contre elle.
La Pentecôte vit donc le magnifique accomplissement de ces promesses, et dès lors l'Esprit Saint est toujours demeuré dans l'Eglise (Jn. XIV, 16). Il est l'âme et la vie de ce corps dont Christ est la tête, et comme la sève de cet arbre immense. (Mat. XII, 31) Principe créateur, moteur, directeur, Il donne à tout dans l'Eglise le mouvement, la force, l'ordre, le progrès, et la conduit dans toute la vérité. (Jn. XIV, 26) C'est par lui, par l'intermédiaire des catholiques, que se font les conversions, et que les âmes peuvent parvenir à la connaissance de la Vérité et peuvent être sauvées.
Il est important aujourd'hui de revenir sur cette vérité de foi selon laquelle le Saint-Esprit veille et assiste perpétuellement l'Eglise et ainsi l'immunise contre l'erreur.
Cette vérité de foi, qui a comme fondement les paroles divines de Notre Seigneur, est enseignée
depuis longtemps par les Pères de l'Eglise.
Saint Éphrem, le grand docteur de l’Église syriaque, parle en ces termes pour célébrer la grandeur de l’enseignement pontifical :
"Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint" (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)
"Aucune hérésie ne peut souiller celui qui est assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui l'enseigne" (Pape St Léon I, sermon 98)
Mgr d'Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, lors du Concile Vatican I :
"Le Saint-Esprit, l'Esprit de Vérité demeure tous les jours dans l'Église, l'Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l'assistance du Saint-Esprit. Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation,
mais non définies encore, soit enfin celles qui font l'objet d’une foi implicite. Ces vérités, l'Eglise les enseigne quotidiennement, tant principalement par le Pape , que par chacun des évêques en communion avec lui. Tous, et le Pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l'infaillibilité même de l'Église. Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le Pape qui les confirme mais le Pape, lui n'a besoin de rien d'autre que de l'assistance du Saint-Esprit . Ainsi il enseigne et n'est pas enseigné, il confirme et n'est pas, confirmé." (Dom Paul Nau, "Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l'autorité des enseignements du souverain pontife", in: Revue thomiste)
Derrière la Chaire de Pierre au Vatican, se trouve le vitrail de la divine colombe, le Saint Esprit.
Ainsi, il est toujours aussi surprenant d'entendre dire que le Concile Vatican II et les réformes liturgiques et doctrinales infestées d'hérésies proviennent de l'Eglise catholique, qui est assistée tous les jours par le Saint-Esprit. Par ailleurs, il est impensable que Paul VI, Jean-Paul II et aujourd'hui Benoît XVI puissent être des Vicaires du Christ ! N'est-ce pas remettre en cause et nier l'action du Saint-Esprit sur l'Eglise ?
"L'Esprit-Saint n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler par son inspiration une nouvelle doctrine, mis pour qu'avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c'est-à-dire le Dépôt de la Foi." (Constitution Pastor Aeternus)
En ce jour de la Pentecôte, sans oublier de demander au Saint-Esprit de nous combler de ses sept dons, prions spécialement pour l'Eglise :
" Que vous êtes belle, Ô Eglise de Dieu, rendue sensible dans cet auguste prodige de l'Esprit divin
qui agit désormais sans limites ! Vous nous retracez le magnifique spectacle qu'offrait la terre, lorsque la race humaine ne parlait qu'un seul langage. Et cette merveille ne sera pas seulement
pour la journée de la Pentecôte, et elle ne durera pas seulement la vie de ceux en qui elle éclate en ce moment. Après la prédication des Apôtres, la forme première du prodige s'effacera peu à
peu, parce qu'elle cessera d'être nécessaire ; mais jusqu'à la fin des siècles, Ô Eglise, vous continuerez de parler toutes les langues ; car vous ne serez pas confinée dans un seul pays, mais
vous habiterez tous les pays du monde. Partout on entendra exprimer une même foi dans la langue de chaque peuple, et ainsi le miracle de la Pentecôte, renouvelé et transformé, vous accompagnera
toujours, Ô Eglise ! Et demeurera l'un de vos principaux caractères.
C'est ce qui fait dire au grand docteur saint Augustin parlant aux fidèles, ces paroles admirables :
" L'Eglise répandue parmi les nations parle toutes les langues. Qu'est cette Eglise, sinon le corps du Christ ? Dans ce corps vous êtes un membre. Etant donc membre d'un corps qui parle toutes
les langues, vous avez droit de vous considérer vous-même comme participant au même don." (In Johan. Tract. XXII.).
Depuis Vatican II, ceux qui occupent le Vatican professent publiquement l'hérésie : modernisme, liberté religieuse, œcuménisme, culte de l'homme, libéralisme, etc. Nombreuses sont donc les personnes estimant qu'un pape peut défaillir de la foi ; le site La Question défend cette opinion erronée. Selon lui, un Pape peut enseigner l'hérésie et détruire l'Eglise : "Même s’il tombe dans une hérésie notoire, ce qu’à Dieu ne plaise, le Pape ne perd jamais son pontificat". (La Question, dans Le sédévacantisme est luthérien)
1. Réponse au site La Question qui affirme qu'un Pape peut tomber dans l'hérésie.
Dire qu'un Pape peut être hérétique, détruire l'Eglise, c'est contredire Notre Seigneur lui-même !
Pourtant, c'est ce que fait le site La Question !
Au lieu de développer des longues thèses théologiques, voyons tout simplement ce que nous enseigne Notre Seigneur et l'Eglise catholique sur ce sujet.
● Notre Seigneur) a promis dans l'Evangile que saint Pierre et ses successeurs ne pourraient pas dévier de la foi : "Mais j'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point" (Luc XXII, 32).
Dieu ne peut évidemment pas permettre le contraire de ce qu'il a promis. Voici le commentaire du Pape saint Léon IX à la promesse de Notre Seigneur :
"Quelqu’un sera-t-il donc assez fou pour oser penser que la prière de celui pour qui vouloir c’est pouvoir, puisse être sans effet sur un point ?Le Siège du prince des apôtres de l’Eglise romaine, n’a-t-il pas, soit par Pierre lui-même, soit par ses successeurs, condamné, réfuté et vaincu toutes les erreurs des hérétiques? N’a-t-il pas confirmé les cœurs des frères dans la foi de Pierre, qui jusqu’à maintenant n’a pas failli et qui, jusqu’à la fin ne faillira pas?" (Lettre In terra pax du 2 septembre 1053)
Le Pape Saint Grégoire VII rajoute :
"L'Évangile nous apprend que le Seigneur a prié pour Pierre, lorsqu'il a dit au moment de sa Passion : J'ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille point; à ton tour, confirme tes frères. Par là il insinuait manifestement que les successeurs de Pierre ne dévieraient pas un seul instant de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y ramèneraient les autres, qu'ils y affermiraient les esprits vacillants ; et en lui accordant ainsi la puissance de confirmer ses frères, il imposait à ceux-ci l'obligation d'obéir à Pierre." (Ad Patriarcham Constantinopolitanum)
● Les docteurs de l'Eglise et les Papes disent de même
Saint Cyprien, évêque, Père et Docteur de l'Eglise :
"La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité sacerdotale auprès de laquelle l'erreur ne peut avoir accès"(Lettre40 et 55).
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Eglise :
"Ceux-là sont la peste et la ruine de l’Église qui prétendent et veulent que le Pasteur suprême puisse errer dans ses jugements en matière de foi."(Source)
Le site La Question contribue à la peste et la ruine de l'Eglise... dixit Saint Alphonse !
- Saint Léon Ier, Pape :
"Au cours de tant de siècles, aucune hérésie ne pouvait souiller ceux qui étaient assis sur la chaire de Pierre, car c’est le Saint-Esprit qui les enseigne."(Sermon 98)
- Paul IV, Pape :
"Il ne faut pas que l’on puisse reprocher au pontife romain de dévier dans la foi. Il est sur terre le Vicaire de Dieu et de Notre Seigneur Jésus-Christ; il a la plénitude de l’autorité sur les nations et les royaumes." (Constitution apostolique Cum ex apostolatus)
En 1870, le Concile Vatican I définit définitivement que le Siège Apostolique est "TOUJOURS pur de toute erreur doctrinale selon la divine promesse du Seigneur [...] sa foi est à JAMAIS indéfectible"(extrait de la Constitution dogmatique Pastor aeternus).
Il va sans dire que la chaire de Pierre ou encore le Siège Apostolique désigne la personne du Pape :
"Sous le nom de Siège Apostolique ou de Saint-Siège sont désignés dans le Code non seulement le pontife romain, mais encore, à moins que la nature des choses ou le contexte n’indiquent le contraire, les Congrégations, Tribunaux et Offices par lesquels le pontife romain a coutume de traiter les affaires de l’Église universelle." (Canon 7 du Droit Canonique de 1917)
● Application à la situation actuelle de l'Eglise
Nous avons vu qu'il est de foi que le pape, vicaire du Christ, représentant de Dieu sur terre, ne peut pas enseigner officiellement des hérésies. Or, ceux qui occupent la chaire de saint Pierre depuis Vatican II professent publiquement de nombreuses erreurs contre la foi. Ils ne peuvent donc pas détenir l'Autorité pontificale ; Paul VI, Jean-Paul II et Benoît XVI ne sont pas de vrais Papes catholiques.
2. Réponse au site La Question qui estime qu'un Pape ne peut pas perdre son pontificat en cas d'hérésie.
Longtemps débattu par les théologiens, cette question (un "Pape hérétique" perd-il son ponficat ?") n'a plus lieu d'être pour deux raisons :
1. elle n'est pas appliquable à la situation actuelle. Effectivement, tous ces théologiens qui ont débattu à leur époque considéraient le cas de l'hérésie du Pape en tant que personne privée ; or, aujourd'hui, nous avons à faire à des hérésies publiques prononcées non en tant que personne privée mais en tant que (prétendu) "pape".
2. L'Eglise a tranché ces questions lors du Concile Vatican I. Il définit justement que le pontife romain a unefoi "à jamais indéfectible" et qu'elle"ne saurait subir de défaillance" (Pastor aeternus, ch. 4). Qui plus est, au cours des délibérations de ce Concile, Mgr Zinelli, le rapporteur de la députation de la foi, fit cette intervention contre la thèse du "docteur privé hérétique" :
"Et n'ont aucun poids valide les cas hypothétiques du pontife tombé dans l'hérésie en tant que personne privée ou étant incorrigible, qui peuvent être mis en parallèle avec les cas autres, tels celui du pontife tombé en démence etc... Faisant confiance à la providence surnaturelle, nous estimons, avec une probabilité largement suffisante, que cela (un pape hérétique) n'arrivera jamais" (rapport de Mgr Zinelli, relateur de la députation de la foi, au premier concile du Vatican, in: Gerardus Schneemann (ed.): Acta et decreta sacrosancti oecumenici concilii Vaticani cum permultis aliis documentis concilium ejusque historiam spectantibus, Freiburg 1892, col. 357).
L'Eglise a tranché : Roma locuta est, causa finita est !
Un concile oecuménique a une autorité infiniment supérieure à celle de n'importe quel théologien, qui n'est pas, lui, infaillible dans tout ce qu'il écrit.
L'opinion de ceux qui estiment qu’un pape peut tomber dans l'hérésie n'est plus une opinion libre, mais une opinion contraire à la foi solennellement définie par un concile œcuménique.
Mgr de Ségur, prélat ami du Pape Pie IX :
"Tout le monde est donc obligé, sous peine de péché mortel, sous peine d'hérésie et d'apostasie, de croire, du fond du cœur, sans aucune restriction, que le Souverain Pontife ne peut errer lorsqu'il enseigne l'Église. On doit le croire, parce que c'est une vérité divine et révélée, une, vérité définie par l'Eglise. On doit le croire de cœur, et le professer de bouche, comme on croit toutes les autres vérités de la foi: la Trinité, l'Incarnation, la présence réelle, etc." (Le pape est infaillible - Chapitre IX - cet ouvrage a été approuvé par Pie IX par un bref...)
Cependant, faisons tout de même remarquer que l'opinion - "même hérétique, un Pape ne perd pas son pontificat" - du Cardinal Cajetan (XV°- XVI° siècle) citée par La Question était loin d'être partagée par les autres théologiens de son époque.
Saint Alphonse de Liguori, évêque et docteur de l'Église :
"Il est hors de doute que si un pape était hérétique déclaré, comme le serait celui qui définirait publiquement une doctrine opposée à la loi divine, il pourrait, non pas être déposé par un concile, mais être déclaré déchu du pontificat en sa qualité d'hérétique." (Oeuvres complètes T. IX p. 262)
Saint Robert Bellarmin, évêque, jésuite et docteur
de l'Eglise, tout en rejetant la possibilité qu'un Pape tombe dans l'hérésie, déclarait hypothétiquement que dans cette situation, le Pape perdrait ipso
facto sa papauté :
"La quatrième opinion est celle de Cajetan, selon laquelle le Pape manifestement hérétique n'est pas déposé ipso facto, mais peut et doit être déposé par l'Eglise. À mon avis, cette opinion ne peut se défendre. Puisqu'à prime abord, il est prouvé, avec arguments d'autorité et de raison, que l'hérétique manifeste est déposé ipso facto. L'argument d'autorité est tiré de Saint Paul (Tite, c. 3), lequel ordonne que soit évité l'hérétique après deux avertissements, c'est-à-dire après qu'il se soit manifesté obstiné, et donc avant toute excommunication ou sentence juridique. Et c'est ce que Saint Jérôme écrit, en ajoutant que tous les autres pécheurs sont exclus de l'Eglise par sentence d'excommunication, tandis que l'hérétique, de par son son propre mouvement, s'exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ. Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d'éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d'un membre qui nous est uni ? (extrait de Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30 à lire en entier ICI)
Dans le Dictionnaire de Droit Canonique, nous lisons :
"Résumons en guise de conclusion, l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretalium, l. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, IL NE SERAIT PAS PRIVÉ DE SA CHARGE PAR UN JUGEMENT DES HOMMES, MAIS PAR SON PROPRE FAIT, PUISQUE L’ADHÉSION FORMELLE À UNE HÉRÉSIE L’EXCLUERAIT DU SEIN DE L’ÉGLISE." (R. NAZ, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159)
L'opinion de Cajetan est donc rejetée par des docteurs renommés de l'Eglise. Mais rappelons-le une dernière fois encore : ce débat de la perte ou non de la charge pontificat d'un Pape n'a pas lieu d'être et la position dite 'sédévacantiste' n'utilise pas ces arguments avancés par saint Robert Bellarmin ou par les autres docteurs de l'Eglise car nous croyons fermement qu'il est impossible qu'un Pape tombe dans l'hérésie et détruise l'Eglise.
3. Réponse à quelques objections et calomnies
A. "Vous jugez le Pape - Vous êtes des luthériens - Vous conduisez au conclavisme"
La Question, dans son article Le sédévacantisme est luthérien ! :
"Parce que l’attitude sédévacantiste n’est pas basée sur des principes sûrs et objectifs, mais sur le subjectivisme de nature réformée qui fait imaginer dans la tête de certains que le Pape est déposé, elle fonctionne comme un puissant repoussoir à l’égard de l’Eglise et agit dans l’esprit selon le mode de la « Désolation Spirituelle » qui est un mal intérieur de l’âme extrêmement grave. De plus, conduisant à la division de l’unité ecclésiale par le conclavisme, qui fait éclater l’ensemble du Corps mystique en une myriade de sectes, elle doit être expressément écartée, combattue avec fermeté et rejetée avec la plus extrême intransigeance car d’essence luthérienne !"
La Question, sans prouver quoi que ce soit, nous taxe de luthériens ! Pourquoi ? Pas l'ombre du commencement d'une démonstration ! Paradoxalement, notre dernier article démontre, preuves à l'appuie, que prétendre refuser un concile œcuménique approuvé par un vrai Pape, c'était donner raison à Luther ! Et pourtant, ce raisonnement luthérien est défendu par le site La Question, qui persiste dans son erreur et qui n'a pas pu réfuter, ceci est normal, notre dossier de réponse.
"Il est nécessaire de s'en tenir avec une adhésion inébranlable à TOUT ce que les pontifes romains ont enseigné ou enseigneront, et, toutes les fois que les circonstances l'exigeront, d'en faire profession publique"
(Léon XIII, encyclique Immortale dei,novembre 1885)
Ajoutons que le libre-examen d'essence luthérien est du côté de la FSSPX et de la CRS (entre autres). Ce n'est pas nouveau : la FSSPX passe au crible fin les écrits et déclarations de celui qu'elle considère être Pape ! Le site La Question lui aussi ne manque pas de critiquer les prétendus Papes et leurs réformes comme ici par exemple :
"Certes, la Réforme liturgique dans son ensemble, la réforme des rites du sacrement de l’ordre incluse, est moralement inacceptable et s’éloigne de façon impressionnante de la foi catholique telle qu’elle a été définie par le Concile de Trente. [...] ces rites sont, bien que douteux et hautement contestables sur le plan liturgique – ceci est certain – des rites de l’Eglise catholique, ils ne peuvent être ni illicites ou encore moins invalides." (La Question, dans Les sacrements de l’Eglise sont valides)
N'est-ce pas critiquer les décrets de l'Eglise catholique, pour La Question ?
N'est-ce pas du libre examen ?
Par ailleurs, il va sans dire que le conclavisme n'a rien à voir avec la position dite "sédévacantiste". Qui plus est, nous dénoncons tous ces groupuscules qui sont tombés dans cette absurdité contraire à la foi catholique, à l'unité et à l'ordre de l'Eglise.
B. Vous allez à l'encontre de la succession
apostolique
"Redisons-le avec tous les docteurs et théologiens de l’Eglise, la lignée corporelle de l’Eglise, non seulement de ses membres mais encore et surtout de la hiérarchie, ne peut jamais tolérer une interruption physique. Si, par une hypothèse absurde, cette lignée était interrompue même seulement pour un court laps de temps, l’Eglise ferait défaut et ne pourrait pas être rétablie. Cette continuité du corps de l’Eglise, qui est essentiellement hiérarchique, est analogique au feu, qui une fois qu’il a été éteint reste éteint." (La Question, dans Le sédévacantisme est luthérien)
"L’affirmation hâtive de la thèse sédévacantiste ne permet pas de résoudre une interrogation majeure et centrale, celle de savoir comment l’Église peut-elle continuer d’exister sans un pape à sa tête ? Si l’on suit la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège l’Eglise n’existerait plus. Mais dès lors qu’il y a l’Eglise, et Eglise il y a, il y bien un Pape qui la gouverne." (La Question, dans Le sédévacantisme est un péché mortel)
"De fait il est impossible que depuis quarante ans l’Eglise reste sans pape." (Abbé Barrère - Extrait du Sainte Anne n° 206 de février 2009)
On nous ressort donc un vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. La position sédévacantiste ne consiste nullement à dire que la succession apostolique est interrompue et que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux. Si l'Eglise cesse d'exister lors de la vacance de la chaire de Saint Pierre, si la succession apostolique s'interrompt dans cette même situation, cela signifie logiquement que l’Église aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction ave la doctrine catholique.
R.P Goupil : "Remarquons que cette succession formelle ininterrompue doit s'entendre moralement et telle que le comporte la nature des choses : succession de personnes, mode électif, comme l'a voulue le Christ et l'a comprise toute l'antiquité chrétienne. Cette perpétuité n'exige donc pas qu'entre la mort du prédécesseur et l'élection du successeur il n'y ait aucun intervalle, ni même que dans toute la série des pasteurs aucun ne puisse avoir été trouvé douteux ; mais “on entend par là une succession de pasteurs légitimes telle que jamais le siège pastoral, même vacant, même occupé par un titulaire douteux, ne puisse réellement être réputé tombé en déshérence ; c'est-à-dire encore que le gouvernement des prédécesseurs persévère virtuellement dans le droit du siège toujours en vigueur et toujours reconnu, et que toujours aussi ait persévéré le souci d'élire un successeur.” (Ch. Antoine, “De Ecclesia”).
R.P. Zapelena : "Il s'agit d'une succession qui doit durer continuellement jusqu'à la fin des siècles. Il suffit, évidemment, d'une continuité morale, qui n'est pas interrompue durant le temps pendant lequel est élu le nouveau successeur." (De Ecclesia Christi, pars apologetica, Roma, Universita Gregoriana, 1955, p. 315)
Dom Guéranger : "Jésus avait dit : “Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise” ; mais Pierre devait mourir. La promesse n’avait donc pas pour objet sa personne seulement, mais toute la suite de ses successeurs jusqu’à la fin des siècles. Quelle étonnante et énergique action du divin Esprit produit ainsi, anneau par anneau, cette dynastie de princes spirituels arrivée à son deux cent cinquantième Pontife, et devant se poursuivre jusqu’au dernier jour du monde ! Aucune violence ne sera faite à la liberté humaine ; le divin Esprit lui laissera tout tenter ; mais il faut cependant qu’il poursuive sa mission. Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation. " (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte)
Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)
Le Code de Droit Canon, promulgué par le pape Benoît XV affirme de même :
"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).
Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.
Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant, "et ce quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).
La Chaire de St Pierre à Rome
Ainsi, il est certain que :
- la succession de Pierre doit durer jusqu'à la fin des siècles,
- elle n'est pas rompue pendant l'intervalle de temps séparant la mort d'un Pape de l'élection de son successeur, et ce, peu importe cette durée de vacance.
Enfin, la vacance actuelle a été prédit et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par les Souverains Pontifes Léon XIII et saint Pie X, sans oublier des prélats tels que Mgr de Ségur.
Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)
"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.
C. Défendre la position "sédévacantiste" consiste à soutenir que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est contraire à la promesse de Notre Seigneur
"Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle". Voici la portée de cette divine parole : l'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que ce soit." (Léon XIII - Satis Cognitus)
Nous avons répondu à cette objection dans le point précédent. L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle (cf. Droit Canon, R.P. Goupil, etc).
Prévaloir signifie remporter la victoire finale. Jésus-Christ n'a jamais dit que l'enfer ne gagnerait pas de victoire sinon il aurait dit que "les portes de
l'Enfer ne vaudront pas sur l'Eglise". Bien au contraire n'a-t-Il pas déclaré ceci : "Lorsque le Fils de l’Homme viendra sur terre, trouvera-t-Il
encore la foi" (Luc XVIII, 8) ?
Finissons en citant le Cardinal Pie, évêque de Poitiers (1815-1880) :
"Mais ce qui est certain, c'est qu'à mesure que le monde approchera de son terme, les méchants et les séducteurs auront de plus en plus l'avantage. On ne trouvera quasi plus de foi sur la terre, c'est-à-dire elle aura presque complètement disparu de toutes les institutions terrestres. Les croyants eux-mêmes oseront à peine faire une profession publique et sociale de leurs croyances. La scission, la séparation, le divorce des sociétés avec Dieu, qui est donné par saint Paul comme un signe précurseur de la fin, «nisi venerit discessio primum» ira se consommant, de jour en jour. L'Église, société sans doute toujours visible, sera de plus en plus ramenée à des proportions simplement individuelles et domestiques. Elle, qui disait à ses débuts : Le lieu m'est étroit, faites-moi de la place où je puisse habiter : Angustus mihi locus, fac spatium ut habitem, elle se verra disputer le terrain pied à pied, elle sera cernée, resserrée de toutes parts : autant les siècles l'avaient fait grande, autant on s’appliquera à la restreindre. Enfin, il y aura pour l'Église de la terre comme une véritable défaite, il sera donné à la Bête de faire la guerre avec les saints et de les vaincre. L'insolence du mal sera à son comble.
Or, dans cette extrémité des choses, dans cet état désespéré, sur ce globe livré au triomphe du mal et qui sera bientôt envahi par les flammes, que devront faire encore tous les vrais chrétiens, tous les bons, tous les saints, tous les hommes de foi et de courage ?
S'acharnant à une impossibilité plus palpable que jamais, ils diront avec un redoublement d'énergie et par l'ardeur de leurs prières et par l'activité de leurs œuvres et par l'intrépidité de leurs luttes : O Dieu ! ô notre Père qui êtes dans les cieux, que votre nom soit sanctifié sur la terre comme au ciel ; que Votre règne arrive sur la terre comme au ciel ; que Votre volonté soit faite sur la terre comme au ciel, sicut in cœlo et in terra... Sur la terre comme au ciel ! ils murmureront encore ces mots et la terre se dérobera sous leurs pieds. Et, comme autrefois à la suite d'un épouvantable désastre, on vit tout le sénat de Rome et tous les ordres de l'État s'avancer à la rencontre du consul vaincu, et le féliciter de ce qu'il n'avait pas désespéré de la république ; ainsi, le sénat des cieux, tous les chœurs des anges, tous les ordres des bienheureux viendront au devant des généreux athlètes qui auront soutenu le combat jusqu'au bout, espérant contre l'espérance même : contra spem in spem. Et alors, cet idéal impossible, que tous les élus de tous les siècles avaient obstinément poursuivi, deviendra enfin une réalité. Dans ce second et dernier avènement, le Fils remettra le Royaume de ce monde à Dieu Son Père, la puissance du mal aura été évacuée à jamais au fond des abîmes ; tout ce qui n'aura pas voulu s'assimiler, s'incorporer à Dieu par Jésus-Christ, par la foi, par l'amour, par l'observation de la loi, sera relégué dans le cloaque des immondices éternelles. Et Dieu vivra et Il régnera pleinement et éternellement, non seulement dans l'unité de Sa nature et la société des trois personnes divines, mais dans la plénitude du corps mystique de Son Fils incarné et dans la consommation des saints ! " (Histoire du Cardinal Pie, III, 527 à 529)
Voici en fichier PDF un des excellents écrits du regretté Père BARBARA (prêtre
"sédévacantiste" décédé depuis quelques années) concernant l'infaillibilité du Magistère ordinaire du Pape. Ce dogme de foi est malheureusement rejeté par beaucoup, dont la
FSSPX.
« ... Les hérétiques manifestes ne se maintiennent en aucune façon dans
l'Eglise.
Tout comme les Papes, Pères et docteurs de l'Eglise, Saint Alphonse de
Liguori (grand docteur) enseigne qu'un hérétique ne peut pas être pape :
Pie IX : Quiconque ne croit pas en l'infaillibité du magistrat solennel ET ordinaire est hérétique
Pour lire ce dossier (d'après le livre Mystère d'iniquité), cliquez sur le lien suivant :
Question: A qui donc appartient-il CHAQUE JOUR que Dieu fait :
1. de déclarer les vérités implicitement contenues dans la Révélation?
2. de définir les vérités explicites?
3. de venger les vérités attaquées?
Réponse: Au pape, soit en concile, soit hors du concile. Le pape est, en effet, le Pasteur des pasteurs et le Docteur des docteurs" (Mgr d'Avanzo, rapporteur de la Députation pour la foi du premier concile du Vatican, 1870).
* * *
Depuis la définition du dogme de l’infaillibilité pontificale en 1870, les catholiques croient qu'un pape ne peut pas se tromper, lorsqu'il enseigne solennellement une vérité de foi, mais les avis sont partagés quant à son enseignement ordinaire. Un pape, infaillible dans les définitions solennelles, peut-il tomber dans l'hérésie dans son enseignement de tous les jours, ou bien l'assistance du Saint-Esprit fait-elle que sa foi ne puisse défaillir à aucun moment de son Pontificat?
ARGUMENTS DES PERES DE L'EGLISE :
St. Cyprien(v. 200 - 258) défendit l’autorité et
l’infaillibilité pontificale dans son célèbre traité Sur 1’unité de l’Église. « La chaire de Pierre est cette Église principale d’où est sortie l’unité
sacerdotale auprès de laquelle l’erreur ne peut avoir d’accès » (Lettre 40 et 55).
St. Athanase (v. 295 - 373) se servit d’une lettre d’un pape pour lutter contre les hérétiques ariens. Le pape St Denys avait écrit, vers l’an 260, une lettre doctrinale à Denis, l’évêque d’Alexandrie, où il condamna l’hérésie des sabelliens, qui devait être reprise plus tard par les ariens. C’est pourquoi saint Athanase reprocha aux ariens d’avoir déjà été condamnés depuis longtemps par un jugement définitif, ce qui prouve qu’il croyait en l’infaillibilité pontificale (De sententia Dionysii). Dans une lettre à Félix, il écrivit cette phrase mémorable: « l’Église romaine conserve toujours la vraie doctrine sur Dieu »
St. Éphrem (v. 300 - 373), le grand docteur de l’Église syriaque, célébra la grandeur de l’enseignement pontifical, continuellement assisté par le Saint-Esprit: « Salut, ô sel de la terre, sel qui ne peut jamais s’affadir ! Salut, ô lumière du monde, paraissant à l’Orient et partout resplendissante, illuminant ceux qui étaient accablés sous les ténèbres, et brûlant toujours sans être renouvelée. Cette lumière, c’est le Christ; son chandelier c’est Pierre ; la source de son huile, c’est l’Esprit-Saint » (Enconium in Petrum et Paulum et Andream, etc.)
St. Épiphane (v. 315 - 403) interpréta Matthieu XVI,18. Il affirma qu’il était impossible que l’Eglise Romaine fût vaincue par les portes de l’enfer, c’est-à-dire par les hérésies, parce qu’elle était appuyée sur la foi solide de Pierre, auprès de qui on trouvait la bonne réponse à toutes les questions, doctrinale. « À Pierre, le Père manifeste son propre Fils, et c’est pour cela qu’il est appelé bienheureux. Pierre à son tour manifeste le Saint-Esprit [dans son discours aux juifs, le jour de la Pentecôte], ainsi qu’il convenait à celui qui était le premier entre les apôtres, à celui qui était la pierre inébranlable sur laquelle l’Église de Dieu est fondée, et contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront pas. Par ces portes de l’enfer il faut entendre les hérésies et les auteurs, des hérésies. En toutes manières, la foi est fondée solidement en lui: il a reçu les clefs du ciel, il délie et lie surla terre et au ciel. en lui se résolvent les questions de la foi les ardues » (Anchoratus. Ch. 9)
St. Basile (329 - 379) informa son ami saint Athanase qu’il avait l’intention de demander au souverain pontife d’exercer son autorité pour exterminer l’hérésie de Marcel d’Ancyre (Lettre 69). « La lettre de saint Basile, mentionnant cette demande d’intervention de l’évêque de Rome comme une affaire courante et ordinaire, attire à conclure qu’à cette époque c’était non seulement la conviction personnelle de Basile, mais aussi la conviction de tous, même en Orient, que l’évêque de Rome possède le pouvoir de juger souverainement, par lui-même, les questions doctrinales » (Vacant et Mangenot: Dictionnaire de théologie catholique, article « infaillibilité du pape »). Pourquoi consulter Rome et pas une autre autorité? « Pierre », dit saint Basile, « fut chargé de former et de gouverner l’Église, parce qu’il excellait dans la foi » (Contra Enom, livre 2). Grâce à la promesse du Christ, le pape persévérait absolument sans aucune défaillance, car sa foi avait la même stabilité que celle du Fils de Dieu Lui-même! « Pierre a été lancé placé pour être le fondement. Il avait dit à Jésus Christ: Vous êtes le Christ, Fils du Dieu vivant», et à son tour il lui fut dit qu’il était Pierre, quoiqu’il ne fut pas pierre immobile, mais seulement par la volonté de Jésus-Christ. Dieu communique aux hommes ses propres dignités. Il est prêtre, et il fait des prêtres; Il est pierre, et il donne la qualité de pierre, rendant ainsi ses serviteurs participants de ce qui lui est propre » (Homélie 29). Ce dernier passage de saint Basile jouit d’une autorité particulière dans l’Église catholique, puisqu’il fut inséré dans le catéchisme du concile de Trente (explication du symbole, section Credo in... Ecclesiam).
St. Grégoire de Naziance(v. 330-390) loua l’indéfectibilité de la foi romaine dans un poème. « Quant à ce qui est de la foi, l’ancienne Rome, dès le principe comme aujourd’hui, poursuit heureusement sa course, et elle tient l’occident tout entier dans les liens de la doctrine qui sauve » (Carmen de Vita sua, vers 268 - 270).
St. Grégoire de Nysse (mort en 394), frère cadet de saint Basile, affirma: « L’Église de Dieu à sa solidité dans Pierre, car c’est lui qui, d’après la prérogative qui lui a été accordée par le Seigneur, est la pierre ferme et très solide sur laquelle le Sauveur a bâti l’Église » (Laudat. 2 in St. Stephan vers la fin)
St. Ambroise (340 - 397) interpréta le passage de Luc XXII, 32 en ce sens que le Seigneur avait affermi la foi de Pierre, afin que, « immobile comme un rocher », elle pût soutenir efficacement l’édifice de l’Eglise (Sermon 5). Dans sa glose sur le Psaume XL, Ambroise établit une équation qui allait devenir célèbre: « Là où est Pierre, là est l’Église. Là où est l’Église n’est pas la mort, mais la vie éternelle » Ennarratio in Psalmum XL, ch. 19). Autant dire: hors du pape, point de salut.
St. Jean Chrysostome (340 - 407) est le plus célèbre des Pères grecs. En raison de ses enseignements admirables, il mérita le surnom de "chrysostome" , c’est-à-dire « bouche d’or ». Saint Jean Chrysostome suggéra la solidité admirable de la foi de Pierre par une image: « Il y a beaucoup de flots impétueux et de cruelles tempêtes, mais je necrains pas d’être submergé, parce que je me tiens sur la pierre. Que la mer s’agite furieuse, peu m’importe: elle ne peut renverser cette pierre inébranlable » (Lettre 9 à Cyriaque). Il insista sur l’étymologie symbolique du nom du premier pape: « Saint Pierre a été ainsi nommé, en raison de sa vertu. Dieu a comme déposé dans ce nom une preuve de la fermeté de l’apôtre dans la foi » (Quatrième Homélie sur les changements de noms).
St. Jérôme (v.347-420), dans sa lettre au pape Damase, défendit rigoureusement la nécessité d’être uni au pontife romain. « J’ai cru que je devais consulter la chaire de Pierre et cette foi romaine louée par saint Paul (...). Vous êtes la lumière du monde, vous êtes le sel de la terre. Je sais que l’Église est bâtie sur cette pierre; quiconque aura mangé l’agneau hors de cette maison, est un profane » (Lettre 15). D’après saint Jérôme, les fidèles pouvaient en toute sûreté suivre les enseignements pontificaux, car la chaire de Pierre gardait incorruptiblement l’héritage de la foi: « La sainte Église romaine, qui est toujours demeurée sans tache, demeurera encore dans tous les temps à venir ferme et immuable au milieu des attaques des hérétiques, et cela par une protection providentielle du Seigneur et par l’assistance du bienheureux Pierre (in: Mgr de Ségur: Le Souverain Pontife, in Œuvres complètes Paris 1874, t. III, p. 80).
St. Augustin (354 - 430) fit une interprétation très pertinente de Luc XXII, 32. Avant de la reproduire ici, signalons que le pape Léon XIII, après avoir mis en valeur les talents de chacun des Pères de l’Eglise, conclut en affirmant qu’"entre tous, la palme semble revenir à St. Augustin" (encyclique Aeterni Patris, 4 août 1879). L’évêque d’Hippone fut donc le plus grand des Pères de l’Église. Or il se prononça catégoriquement en faveur de l’infaillibilité permanente du pontife romain ! Voici son texte magistral:
« Si, défendant le libre arbitre non selon la grâce de Dieu, mais contre elle, tu dis qu’il appartient au libre arbitre de persévérer ou de ne pas persévérer dans le bien, et que si l’on y persévère, ce n’est pas par un don de Dieu, mais par un effort de la volonté humaine, que machineras-tu pour répondre à ces paroles du Maître: «J’ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas»? Oseras-tu dire que malgré la prière du Christ pour que la foi de Pierre ne défaille pas, cette foi eût défailli néanmoins, si Pierre avait voulu qu’elle défaillît, c’est-à-dire s’il n’avait pas voulu persévérer jusqu’à la fin? Comme si Pierre eût pu vouloir autre chose que ce que le Christ demandait pour lui qu’il voulût! Qui ignore que la foi de Pierre devait périr, si sa propre volonté, la volonté par laquelle il était fidèle, défaillait, et qu’elle devait demeurer jusqu’au bout, si sa volonté restait ferme? Mais puisque la volonté est préparée par le Seigneur, la prière du Christ pour lui ne pouvait être vaine. Quand il a prié pour que sa foi ne défaille pas, qu’a-t-il demandé en définitive, sinon qu’il ait une volonté de croire à la fois parfaitement libre, ferme, invincible et persévérante? Voilà comment on défend la liberté de la volonté, selon la grâce, et non contre elle. Car ce n’est pas par sa liberté que la volonté humaine acquiert la grâce, mais plutôt par la grâce qu’elle acquiert sa liberté, et pour persévérer, elle reçoit, en outre, de la grâce le don d’une stabilité délectable et d’une force invincible » (De la correction et de la grâce, livre VIII, ch. 17).
St. Cyrille d’Alexandrie (380 - 444), dans son Commentaire sur Luc (XXII, 32), expliqua que l’expression « confirme tes frères » signifiait que Pierre était le maître et le soutien de ceux qui venaient au Christ par la foi. Il commenta également l’évangile selon St. Matthieu. « D’après cette promesse (Tu es Petrus ... ), l’Église apostolique de Pierre ne contracte aucune souillure de toutes les séductions de 1’hérésie (St. Cyrille, in: St. Thomas d’Aquin: Chaîne d’or sur Matthieu XVI, 18).
St. Fulgence de Ruspe (467 - 533) constata. « Ce que l’Église romaine tient et enseigne, l’univers chrétien tout entier le croit sans hésitation avec elle » (De incarnatione et gracia Christi, ch. 11).
St. Bernard (1090 - 1153) fut le dernier des Pères de l’Église. Citons quelques paroles, qui serviront de conclusion: « Les atteintes qui sont portées à la foi doivent être réparées précisément par celui dont la foi ne peut être en défaut. C’est là la prérogative de ce Siège » (De error Abaelardi, préface).
Aucun Père ne parle de la possibilité (même purement théorique) qu’un pape
puisse errer dans un seul instant.
« C’est principalement pour l’explication de la parole sainte qu’ils [les Pères de l’Église] demeureront toujours nos maîtres. Nulle recherche, nulle science. si profonde soit-elle, ne nous rendra ce qu’ils avaient alors: le monde tel que Jésus l’avait connu, le même aspect des lieux et des choses, et surtout l’entretien des fidèles Lui, ayant vécu près des apôtres, pouvaient rapporter leurs instructions. Ces circonstances réunies donnent à l’autorité des Pères un tel éclat, que les théologiens protestants eux-mêmes en ont été frappés. Ils l’avouent: «S’écarter d’un sentiment commun parmi eux, c’est une folie et une absurdité» » (Abbé C. Fouard: La vie de Notre-Seigneur Jésus Christ vingt-sixième édition, Paris 1920, p XVI.
Le 13 novembre 1564, le Pape Pie IV instaura l’obligation pour tout le clergé de jurer obéissance à une profession de foi, qui disait, entre autres: « J’interpréterais toujours l’Écriture selon le consentement unanime des Pères ».
CONCLUSION : LES PERES DE L'EGLISE NOUS AFFIRMENT QU'UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI !
D'après le livre Mystère d'iniquité
Suite du chapître : UN PAPE NE PEUT PAS DEVIER DE LA FOI
ARGUMENTS DE SAINT THOMAS D'AQUIN :
Le docteur angélique est partisan de l’infaillibilité absolue et permanente du souverain pontife : « L’Église apostolique [de Pierre], placée au-dessus de tous les évêques, de tous les pasteurs, de tous les chefs des Églises et des fidèles, demeure pure de toutes les séductions et de tous les artifices des Hérétiques dans ses pontifes, dans sa foi toujours entière et dans l’autorité de Pierre. Tandis que les autres églises sont déshonorées par les erreurs de certains hérétiques, seule elle règne, appuyée sur des fondements inébranlables, imposant silence et fermant la bouche à tous les hérétiques; et nous [... ], nous confessons et nous prêchons en union avec elle la règle de la vérité et de la sainte tradition apostoliques » (citation de St. Cyrille d’Alexandrie reprise par St. Thomas dans sa Chaîne d’or, à l’endroit où il commente Matthieu XVI, 18).
S’appuyant sur Luc XXII, 32, le docteur commun enseigne que l’Église ne peut errer, parce que le pape ne peut errer. « L’Eglise universelle ne peut errer, car Celui qui est exaucé en tout au titre de sa dignité a dit à Pierre, sur la profession de foi duquel est fondée l’Église: J’ai prié pour toi pour que ta foi ne défaille point» » (Somme théologique, supplément de la IIIe partie, q. 25, a. 1).
« L’unité de foi pourrait être maintenue dans l’Église, comme l’exige l’Apôtre (1. Corinthiens I,10), si les questions soulevées au sujet de la loi n’étaient définies par le chef de l’Église, le souverain pontife » (Somme théologique, II-II, q. 1, a.10).
« Une fois que les choses ont été décidées par l’autorité de l’Église universelle celui qui refuserait opiniâtrement de se soumettre à cette décision, serait hérétique. Cette autorité de l’Église réside principalement dans le souverain Pontife. Car il est dit (Décret. XXIV, q. I., ch. 1.2): «Toutes les fois qu’une question de foi est agitée, je pense que tous nos frères et tous nos collègues dans l’épiscopat ne doivent s’en rapporter qu’à Pierre, c’est-à-dire à l’autorité de son nom et de sa gloire ». Ni les Augustin, ni les Jérôme, ni aucun autre docteur n’ont défendu leur sentiment contrairement à son autorité. C’est pourquoi saint Jérôme disait au pape Damase (in expo. symbol.) : «Telle est la foi, très-saint Père, que nous avons apprise dans l’Église catholique: si dans notre exposition il se trouvait quelque chose de peu exact ou de peu sûr, nous vous prions de le corriger, vous qui possédez la foi et le siège de Pierre. Mais si notre confession reçoit l’approbation de votre jugement apostolique, quiconque voudra m’accuser prouvera qu’il est ignorant ou mal intentionné, on qu’il n’est pas catholique. Mais il ne prouvera pas que je suis hérétique » (Somme théologique II-II. q 11.a.2).
« Il faut s’en tenir à la sentence du Pape à qui il appartient de prononcer en matière de foi, plutôt qu’à l’opinion de tous les sages » (Quaetiones quodlibetales q. 9.a 16)
Dans le Psaume XXXIX. 10 il est écrit: « J’ai annoncé ta justice dans la grande assemblée ». Voici le commentaire de St. Thomas. Le psalmiste a parlé « dans la grande assemblée », c’est-à-dire dans l’Église catholique, qui est grande par son pouvoir et sa fermeté: « Les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle» (Matthieu XVI, 18) » (St. Thomas: Commentaire sur les psaume). Cette « fermeté », l’Église la doit en première ligne à la foi sans faille du pontife romains comme il est expliqué dans l’un des Opuscules du saint docteur:
L’Église est une, sainte, catholique et « ferme ». « Quatrièmement, elle est ferme. Une maison est ferme 1. quand ses fondations sont solides ». La véritable fondation de l’Église est le Christ (1. Corenthiens III, 2) et les douze apôtres (Apocalypse XXI, 14). Pour suggérer la fermeté, Pierre est appelé le roc. « 2. La fermeté d’une maison apparaît en outre quand elle ne peut être renversée par une secousse ». L’Eglise n’a pu être renversée ni par les persécuteurs, ni par les séductions du monde, ni par les hérétiques. D’après Matthieu, XVI, 18, les « portes de l’enfer » (= les hérétiques) peuvent l’emporter sur telle ou telle église locale, mais point contre l’Église de Rome où réside le pape. « C’est pour cette raison que seulement l’Église de Pierre (à qui fut attribué l’Italie lors de l’envoi des disciples) demeurera toujours ferme dans la foi. Et tandis qu’ailleurs la foi n’y est pas du tout, ou bien mêlée avec beaucoup d’erreurs, l’Église de Pierre, elle, est forte dans la foi et pure de toutes les erreurs, ce qui n’est pas étonnant, vu que le Seigneur a dit à Pierre: «J’ai prié pour toi, pour que ta foi ne défaille point» » (St. Thomas: Opuscula, opuscule intitulé Expositio symboli apostolorum, passage relatif à l’article « je crois... en l’Église catholique » du symbole des apôtres).
L’enseignement du docteur angélique peut donc se résumer ainsi: la foi du pape est d’une fermeté absolu et permanente.

"...Si jamais il advient qu’un évêque, même ayant fonction d’archevêque, de patriarche ou de primat; qu’un cardinal de l’Église romaine, même légat; qu’un souverain pontife même, avant leur promotion ou leur élévation au cardinalat ou au souverain pontificat, ont dévié de la foi catholique ou bien sont tombés dans quelque hérésie, la promotion ou l’élévation, même si cette dernière a eu lieu avec l’assentiment unanime de tous les cardinaux, est NULLE, INVALIDE, VAINE... Toutes leurs paroles, tous leurs faits et gestes, tous leurs actes administratifs, avec tout ce qui en découle, N’ONT PAS LE MOINDRE EFFET JURIDIQUE, et ne confèrent à personne le moindre droit. Ces personnes ainsi promues ou élevées serait, par le fait même, SANS QU’IL FAILLE QUELQUE AUTRE DÉCLARATION ULTÉRIEURE, privées de toute dignité, position, honneur, titre, autorité, fonction et pouvoir à la fois..."
(Constitution apostolique "Cum ex apostolatus )
> Un non-catholique ne peut pas être pape


> Sept arguments théologiques contre l'hérésie du Pape hérétique : ICI

