Notre-Dame des sept douleurs : sommes-nous de ces chrétiens qui enfonçons des poignards dans son cœur ?

Publié le par Clément LECUYER

« Un glaive transpercera ton âme » (Luc, II, 35) déclare le vieillard Siméon à Marie, lors de la Présentation de Jésus au Temple. On ne peut manquer de voir la réalisation de cette prophétie, quand le centurions perça le côté de Jésus, de sa lance (Jean, XIX 34). C’est l’origine, plus ou moins lointaine dans le temps, de la dévotion à Notre-Dame, connue sous le nom de Notre-Dame des Douleurs, mais plus communément sous le titre de Notre-Dame des Sept Douleurs .

Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie :

  • La prophétie de Siméon sur l'Enfant Jésus.

  • La fuite de la Sainte Famille en l'Égypte.

  • La disparition de Jésus pendant trois jours au temple.

  • La rencontre de Marie et Jésus portant sa croix sur la route du calvaire.

  • Marie contemplant la souffrance et le décès de Jésus sur la Croix.

  • Marie accueille son fils mort dans ses bras lors de la Descente de croix.

  • Marie abandonne le corps de son fils lors de la mise au tombeau.

Saint Anselme écrit : « Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. »

Face à cela, quelle attitude un bon chrétien doit adopter pour consoler sa sainte Mère du Ciel ? Tout d'abord, la première chose à faire est de ne pas lui être source de peine ; elle a déjà tant souffert ! Et qu'est-ce-qui lui cause le plus de souffrance aujourd'hui ? Comme l'a dit Notre-Seigneur à Lucie de Fatima, ce qui fait le plus souffrir Notre Dame, ce sont les blasphèmes contre son immaculée conception, sa virginité, sa maternité divine et les offenses et moqueries de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l'indifférence, le mépris et jusqu'à la haine à l'égard de cette Mère Immaculée et de la religion catholique.

Quelle doit souffrir notre si douce Mère du Ciel quand elle voit sur cette terre tant d'hommes courir à leur perte ! Quelle doit souffrir en voyant toutes les horreurs commis par les humains ! Mais ce qui lui fait verser le plus de larmes de douleur, ce n'est pas uniquement les athées, les infidèles, les hérétiques ; ce sont malheureusement tous ces catholiques tombés dans une vie de païens en ne prenant pas au sérieux leurs engagements de chrétiens. Les catholiques en état de concubinage ; les catholiques violant la pratique dominicale obligatoire ; les catholiques se laissant plonger dans l’infamie mortelle de l'immoralité ; les catholiques viciés par l'impureté et autres déviances sexuelles graves ; les catholiques au cœur de pierre, insensibles face à la violence de notre société ; les catholiques renonçant à leurs promesses de soldats du Christ, n'ayant pas la force d'esprit de résister à l'influence des mauvaises compagnies qu'ils acceptent de suivre ; les catholiques n'osant plus apparaître comme tels devant les autres ; les catholiques complaisant à l'égard des ennemis de Dieu : socialistes, communistes, francs-maçons, anarchistes, capitalistes, révolutionnaires... ; les catholiques tolérant face aux hérésies : voilà ceux qui enfoncent des épines dans le cœur de Notre Dame !
 

Notre-Seigneur pleure, avec Sa Sainte Mère, sur tous ces hypocrites de "catholiques" seulement capables de faire semblant, mais incapables de vivre une vraie vie de catholique à tout moment de la journée ; incapables de défendre autour d’eux l'Eglise et sa sainte doctrine ; incapables de proclamer sans complexe l’Evangile aux païens du quotidien quand les situations se présentent ; incapables de s'attaquer aux dépravations morales graves envahissant notre monde occidental ; incapables aussi de dépasser le stade du respect humain par honte d'être catholiques ! Voilà les vrais persécuteurs de Notre-Dame ! Ce sont tous ces hypocrites de "catholiques" ne prenant pas avec sérieux l’enseignement pourtant salutaire de Notre-Seigneur... et n'osant pas aussi annoncer autour d’eux avec assurance et certitude la Vérité de l'Evangile par peur de se faire lyncher ! Ils préfèrent au contraire – comme Saint Pierre avant la Passion – le renier à longueur de journée comme des poules-mouillées pour ne pas avoir à porter la Croix de la Vérité avec les saintes femmes. Qu’il est triste de voir autant de jeunes qui auraient dû être « la lumière du monde et le sel de la terre »(Mt 5, 13-14) comme le dit Notre-Seigneur mais qui préfèrent se vautrer dans la même médiocrité que la masse des gens, qui préfèrent se compromettre avec l’esprit de ce monde « pour faire comme tout le monde » tels des moutons... Ils renoncent à leur idéal (la sainteté !) par paresse spirituelle, par passivité, par mollesse, par influence de leurs camarades, par lâcheté,… Ils seront jugés beaucoup plus sévèrement ces hypocrites-là, il ne faut pas s’en douter... Malheurs aux catholiques qui se seront comportés comme de vulgaires païens ici-bas !

Ne soyons pas de ceux-là ! Montrons à la Mère de Dieu que nous l'aimons. Pour cela :

  • Refusons d'accepter l'esprit du monde, ses plaisirs éphémères, ses joies mensongères, ses distractions impures : Dans nos relations avec les gens du monde (écoles, au travail, relations sociales) nous devons être vigilants, afin de ne pas être influencés par le même état d’esprit, ou entraînés dans le péché, même petit. Gardons à l'esprit cette exhortation de Notre-Seigneur : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui. » « Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » 

  • Refusons de participer aux péchés des autres : ne pas prendre part aux conversations malsaines, aux actions mauvaises, aux plaisirs impurs, aux actes malhonnêtes. C'est pour cela qu'il est primordial de bien choisir ses amis : « Ne vous y trompez pas: les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » (Saint Paul - 1 Corinthiens 15:33)

  • Combattons tous les jours contre notre défaut particulier et efforçons-nous à ne plus commettre les péchés que nous commettons si souvent.

  • Aimons assister à la messe et réciter quotidiennement nos prières avec recueillement et piété. Bien prier veut dire prier avec son cœur, et non seulement avec ses lèvres (Mt 15, 8) ; ainsi, réciter ses prières machinalement, à toute vitesse, ne procurera pas les fruits attendus de la prière. Jésus a mis lui-même en évidence la valeur de la prière : « TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ, avec FOI, par LA PRIÈRE, vous le recevrez » (Matthieu 12 : 22).  « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Matthieu 26:41 )

  • Pratiquons régulièrement la confession ! C'est l’un des plus beaux cadeaux de Dieu. Car cela n’était pas assez encore de nous délivrer de la damnation éternelle en nous rachetant sur la Croix ! Il fallait encore nous délivrer souvent de nos erreurs quotidiennes et de nos péchés qui, malheureusement, reviennent parfois (et quelque fois souvent).

  • Pratiquons la vertu de charité. La loi de la charité nous commande d'aimer non seulement nos amis mais encore nos ennemis.

  • Enfin, cherchons toujours à connaître notre religion en étudiant la dotrine, en lisant des vies de saints, des lectures spirituelles, de défense de la foi. Car comment peut-on résister longtemps face aux mensonges, aux attaques perpétrés partout contre Dieu et notre sainte religion si nous ne sommes pas capables de savoir défendre les vérités enseignées par l'Eglise ? Nous devons connaître ce que nous croyons ; nous devons connaître la vraie foi avec la précision d’un spécialiste d’informatique qui connaît le système d’exploitation de son ordinateur ; nous devons la connaître comme un musicien connaît sa partition. Oui, nous devons être bien plus profondément enracinés dans la foi que celle de nos parents, pour pouvoir résister avec force et décision aux défis et aux tentations de ce temps. Nous avons besoin de l’aide divine, si nous ne voulons pas que notre foi s’évapore comme une goutte de rosée au soleil, si nous ne voulons pas succomber aux tentations et à l'esprit pervers de ce monde sous les ordres du diable, le prince du monde (Jean 14.40), le tentateur qui est à l’œuvre pour entraîner les enfants de Dieu dans son royaume de la damnation éternelle.

Ce n'est qu'ainsi que nous serons et resterons des zélés enfants de Dieu et de Notre-Dame et les portes du Ciel nous seront ouvertes pour l'éternité !