L'Union Sacerdotale Marcel Lefebvre : blanc bonnet et bonnet blanc

Publié le par Clément LECUYER

 Le 15 juillet dernier, prenait naissance au couvent d'Avrillé l’Union Sacerdotale Marcel Lefebvre, union d'anciens prêtres de la F$$PX, dirigée par Mgr Richard Williamson. L’abbé de Mérode a été nommé coordonnateur pour la France.

 Cela fait depuis longtemps que nous démontrons régulièrement que Mgr Williamson enseigne les mêmes abominations hérétiques que Mgr Fellay et combat ainsi l'Eglise catholique ! Nous avons publié fin août la traduction d'un article de Mgr Sanborn qui vient réfuter les graves déviances de l'évêque de l'Union Sacerdotale Marcel Lefebvre, déviances qui sont de  même nature que les erreurs pernicieuses de la Fraternité Saint Pie X. Si bien qu'entre la fraternité de Mgr Fellay et l'union sacerditale de Mgr Williamson, c'est blanc bonnet & bonnet blanc ; c'est ce que Monsieur l'abbé Belmont met en lumière dans une déclaration sur son site Quicumque :

—  Mais pourquoi, pourquoi donc ne parlez-vous pas de l’« union sacerdotale Marcel-Lefebvre », de ces prêtres courageux qui ont choisi la voie de la fidélité en se séparant de la fraternité Saint-Pie-X qui va vers le ralliement ? Auriez-vous quelque défiance à leur égard ?

—  Mais pourquoi donc en parlerais-je ? Serait-ce pour dire la tristesse d’une nouvelle division qui a comme effet de scandaliser les âmes et d’introduire une guerre sans aucun profit pour la doctrine catholique, ni pour la sanctification des chrétiens, ni pour la splendeur de l’Église ?

L’opposition entre la Résistanceet le Loyalisme (les deux partis se nommant eux-mêmes plus ou moins de cette manière – majuscules de rigueur !) est une opposition à l’intérieur du même monde, avec les mêmes carences doctrinales et les mêmes aberrations canoniques.

La déclaration initiale de l’union sacerdotalen’amorce aucun retour vers la doctrine catholique ; elle ne contient aucun désaveu de l’édification d’une hiérarchie acéphale ; aucun reniement des prétendues annulations de vœux et de mariages, ou des dispenses d’empêchements de mariage ; aucun regret des confirmations (à coup sûr invalides) conférées par de simples prêtres. Si bien qu’entre Résistance et Loyalisme, c’est blanc bonnet & bonnet blanc. Il y a une effrayante disproportion entre les maux (réels) produits par une lutte fratricide et le bien (imaginaire) censé justifier tout ce tintamarre. On critique blanc bonnet, on appelle à quitter blanc bonnet, on voue blanc bonnet aux gémonies, et on fait bonnet blanc.

Pour passer de l’un à l’autre, on a semé division, confusion, détraction et rivalités ; on a développé un comportement (encore plus) anarchique. C’est grande tristesse de voir les familles déchirées, les chapelles divisées, les guerres surgies de partout – et les âmes froissées – pour rien.

Et puis… quelle obligation y aurait-il, pour qui que ce soit, d’avoir une opinion sur telle personne, tel mouvement, telle position ? Chacun d’entre nous est tenu de professer la foi catholique dans son intégrité (et donc de la connaître, de l’étudier, de la méditer, de l’appliquer), mais non point d’émettre un jugement ni d’avoir un avis à propos de faits contingents, mal connus, fluctuants, tristement humains (trop humains…). C’est d’autant plus vrai que l’union sacerdotaleen question renvoie au domaine de l’opinion des vérités qui intéressent de façon vitale l’exercice de la foi catholique, comme la papauté d’un Pape ou l’œcuménicité d’un concile [1].

D’ailleurs… j’ai déjà deux fois abordé le sujet, anticipant sur les événements. Je n’ai rien à ajouter, car rien n’a changé et que tout était aisément prévisible. Je reproduis ci-dessous ces deux textes.

La seule chose positive de l’affaire est que le (pseudo-)dogme (jamais énoncé mais toujours agissant) « Hors de la fraternité Saint-Pie-X pas de salut » qui depuis des décennies détourne tant d’âmes et de cœurs de l’étude sereine et objective de la doctrine catholique, a volé en éclats.

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[1]  Le fait que untel est Pape est un fait dogmatique, un fait qui, bien que contingent, constitue la règle prochaine de la foi catholique. Même si, dans un temps de confusion, il est difficile de discerner du premier coup, rien ne change dans la nature des choses.