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La doctrine catholique sur les cas de légitime défense

Publié le par Clément LECUYER

 Depuis plusieurs jours, l'actualité nous présente le cas d'un bijoutier de Nice ayant tué le délinquant qui venait de le violenter et de cambrioler son magasin ; à ce jour, les faits exacts restent obscurs : le bijoutier avait-il l'intention de tuer en tirant ? Ce dernier affirme que non. Quoi qu'il en soit, pouvait-il - au regard de la doctrine catholique - tirer sur les malfaiteurs pour tenter de récupérer ses biens, au risque d'en tuer accidentellement ?   

C'est donc l'occasion de rappeler ce que nous enseigne la morale catholique sur la légitime défense.


"II n'est pas permis de tuer en se défendant, à moins que ce ne soit avec l'intention de proportionner la défense à l'attaque... on ne doit pas précisément se proposer de tuer quelqu'un pour se défendre soi-même"
(Saint Thomas d'Aquin, Somme Théologique, Seconde partie, Quest. 64)

     - Est-il permis de tuer quelqu'un en se défendant ?

Rien n'étant plus naturel que de défendre sa propre vie, on peut, d'après toutes les lois divines et humaines, repousser la force par la force, en mesurant la défense à l'attaque. Il n'est pas de nécessité de salut que, de peur de tuer un agresseur, nous négligions de défendre notre vie : nous sommes tenus de la conserver plutôt que celle du prochain. User d'une violence sans proportion avec la fin qu'on se propose, ce serait sans doute un acte illicite; mais repousser l'attaque avec une juste modération, c'est une défense très légitime. Toutefois, comme il n'est permis de tuer un homme que par autorité publique et pour le bien général, on doit se proposer la conservation de sa propre vie et non le meurtre de l'agresseur, à moins que l'on ne soit investi soi-même d'une autorité qui émane de la société et qu'en tuant un homme pour sa propre défense on ne contribue au bien général, comme le soldat qui combat contre les ennemis de la patrie ou l'agent judiciaire qui lutte contre des voleurs.

- Est-il permis à une personne privée de tuer un malfaiteur ?

Tuer un malfaiteur n'étant une mesure licite qu'autant qu'elle se rapporte au salut de la société, ce droit n'appartient qu'au chef chargé du soin général de la communauté, comme il n'appartient qu'au médecin à qui est confié le salut du corps entier de retrancher un membre gangréné. En conséquence, les princes investis de l'autorité publique peuvent seuls frapper de mort les malfaiteurs. Les particuliers n'ont pas ce pouvoir...

Il est permis aux simples particuliers de faire, pour le bien commun, une action qui ne nuit à personne. Mais, lorsqu'il s'agit de causer un dommage, il est nécessaire que l'autorité compétente décide ce qu'il convient d'enlever à la partie pour le salut du tout, ou prononce par un jugement public que le bien de la communauté exige la mort même du malfaiteur.

Source :  Petite Somme théologique de saint Thomas d'Aquin: à l'usage des ecclésiastiques et des gens du monde par l'abbé Frédéric Lebrethon, ed. 1862, T. III, p. 285 (Partie II, quest. 64). (Ouvrage réédité par les éditions saint Rémi )

> Télécharger l'article original de saint Thomas d'Aquin :  Est-il quelquefois permis de donner la mort en se défendant?

Publié dans Divers

Le célibat sacerdotal ne pourra jamais être remis en question par l'Eglise catholique

Publié le par Clément LECUYER


"Par l’éclat de sa chasteté, le prêtre devient semblable aux anges, et apparaît ainsi plus digne de la vénération du peuple chrétien"
(Saint Pie X - Exhortation Haerent animo du 4 août 1908 au clergé)

La semaine dernière, une information a fait l'effet d'une petite bombe dans les médias :

 Le nouveau numéro 2 du Vatican, Pietro Parolin, 58 ans, actuellement nonce apostolique au Venezuela, a estimé dans un entretien avec le journal local «El Universal» que le célibat des prêtres «n'est pas un dogme» et constitue un précepte dont il est possible de «discuter».


En premier lieu, convenons que cette déclaration ne nous concerne pas, nous qui sommes catholiques, puisqu'elle émane d'un dirigeant de cette religion néo-moderniste post-Vatican II. C'est d'ailleurs une raison pour laquelle nous refusons de tomber dans cette obsession que certains catholiques ont de passer toute l'actualité vaticane au crible fin... 


Ceci étant rappelé, il reste intéressant et utile parfois de revenir sur certains faits d'actualité, dont celui concernant le célibat des prêtres.   

Ce débat n'est pas nouveau dans l'histoire, les protestants l'ayant mis sur la table au XVI° siècle ; régulièrement, le sujet fait surface depuis l'avènement du modernisme... Sans doute est-ce une stratégie moderniste pour habituer peu à peu les populations à accepter le "mariage des prêtres". Que le lecteur nous permette de remarquer que si les 'prêtres' modernistes se voyaient octroyer le droit au mariage par le Vatican, cela ne changerait pas grand chose pour nous (en soit) étant donné qu'ils ne sont pas prêtres pour la très grande majorité d'entre eux.   


Le décor étant posé, venons-en au point soulevé par Pietro Parolin. Sur le fond, il est exact que le célibat ecclésiastique n'est pas, à strictement parler, un dogme défini par l'Eglise ; il s'agit d'une loi disciplinaire :
 

 Canon 9 de la session 24 du Concile de Trente : "Que celui-là soit hérétique, qui soutient que les ecclésiastiques promus aux ordres sacrés , ou les moines qui ont fait vœu de chasteté peuvent se marier, et que leur mariage est valide, nonobstant les lois ecclésiastiques qui l'ont défendu."  

 Pour autant, ce qui pose problème est la possibilité que cette règle puisse être discutée et remise en question. En effet, la discipline du célibat n'est pas une simple loi ecclésiastique mais elle est ancrée sur le roc des apôtres, émanant très probablement d'une Tradition non-écrite d'origine apostolique.   

1. Tradition d'origine apostolique

 Dans les siècles passés, plus d'un historien et d'un théologien catholique ont soutenu1 dans leurs écrits l'origine apostolique du célibat ecclésiastique tels saint Robert Bellarmin au 16ème siècle. Moins loin derrière nous, une étude approfondie de la question est parue, intitulée Les Origines apostoliques du célibat sacerdotal par le Père Christian Cochini. A travers une longue enquête (500 pages) couvrant l'ensemble des Eglises d'Orient et d'Occident aux sept premiers siècles, le Père Cochini démontre que la loi du célibat-continence était bien une tradition non-écrite d'origine apostolique :  

"Nous pensons que l'unanimité des témoignages des Pères sur le genre de vie mené par les apôtres au lendemain de leur vocation a été l'un des supports qui servirent à transmettre la discipline du célibat-continence comme une tradition d'origine apostolique [...]  Le principe augustinien voulant que "ce qui est gardé par toute l'Eglise et a toujours été maintenu, sans avoir été établi par les conciles, (soit) regardé à juste titre comme n'ayant pu être transmis que par l'autorité apostolique" nous paraît donc trouver dans la discipline du célibat-continence membres supérieurs du clergé que connaissaient les premiers siècles une application adéquate et justifiée. L'examen des documents et des faits historiques auquel nous nous sommes livrés le démontre, croyons-nous, avec assez de certitude. Concluons que l'obligation faite aux diacres, aux prêtres et aux évêques mariés de garder la continence parfaite avec leur épouse n'est pas dans l'Eglise le fruit d'une élaboration tardive, mais est au contraire, dans toute l'acception du terme, une tradition non-écrite d'origine apostolique qui, à notre connaissance, trouva sa première expression canonique au IVe siècle."  (Les Origines apostoliques du célibat sacerdotal par le Père Christian Cochini p. 474-475)

Le Père Ignace de la Potterie (1914-2003), exégète jésuite, abonde dans le même sens : 
 

"Les chercheurs s'accordent généralement pour dire que l'obligation du célibat ou du moins de la continence est devenu une loi canonique depuis le IV siècle [...]. Mais il est important d'observer que les législateurs des IV° et V° siècles affirmaient que cette disposition canonique était fondée sur une tradition apostolique. Le Concile de Carthage (en 390) disait par exemple:  "Il faut que ceux qui sont au service des mystères divins soient parfaitement continents (continentes esse in omnibus) afin que ce qu'ont enseigné les apôtres et a maintenu l'antiquité elle-même, nous l'observions nous aussi" " (Cf. I. de la Potterie, Le fondement biblique du célibat sacerdotal, dans Riflessioni sul celibato sacerdotale, Cinisello Balsamo, 1993, pp. 14-15.)


2. Une nécessité inhérente à l'exercice du sacerdoce  


 Comme nous pouvons le lire dans l'instructif livre Le célibat des prêtres dans ses rapports religieux et politiques (1836) du chanoine Jauger,  le prêtre de la nouvelle Loi est le représentant d'un Dieu vierge, d'un Dieu parfait et qui recommande la perfection : "Soyez parfaits comme je le suis". Mais cette perfection que Jésus-Christ recommande, pour qui est-elle, si elle n'est pas pour le prêtre? La sainteté que Jésus-Christ demande, les conseils évangéliques qu'il donne, ne concernent-ils pas plus spécialement, selon l'esprit de l'Évangile, ceux qui sont à la tête du troupeau, puisqu'ils sont le sel de la terre, la lumière du monde, et destinés, d'après l'expression de St. Paul, à servir de spectacle au monde, aux anges et aux hommes ? Le célibat, dans l'idée de tous les peuples, est un état plus saint et plus parfait : le christianisme a ennobli cette idée. Et le prêtre de la nouvelle loi, dont les fonctions sont si sublimes, ne serait point obligé à cette sainteté et à cette perfection ! Mais comment prêcherait-il ? comment se montrerait-il à la tête de son troupeau? Cette raison n'a point échappé aux Pères de l'Eglise. "Jésus-Christ, dit Tertullien, ayant souvent reproché aux Scribes et aux Pharisiens d'enseigner des choses qu'ils ne pratiquaient pas, il eût été révoltant que ses disciples eussent exhorté à la continence, usant eux-mêmes du mariage""Eh! Comment - dit  S. Isidore en parlant des apôtres - auraient-ils pu conduire des vierges, s'ils ne l'avaient pas été eux-mêmes ?" Non, cela n'est pas possible; aussi l'idée du sacerdoce et du célibat a toujours été si étroitement liée dans l'esprit des Chrétiens, qu'on eut de la peine à concevoir l'un sans l'autre. On a cru et l'on croit peut être encore que c'est un préjugé. Non, cette opinion repose sur la tradition universelle du genre humain, sur un principe fixe, constant et commun à tous les peuples. Elle repose sur la sainteté inhérente au ministère ecclésiastique, sainteté dont le monde même n'a pas perdu l'idée.

 Enfin, le prêtre de la nouvelle loi entre tous les jours au sanctuaire, il y offre un sacrifice pur et sans tache, il s'unit à son Dieu. L'administration des sacrements l'appelle à chaque moment à des fonctions saintes et sublimes, qui demandent une pureté de cœur inconciliable avec les devoirs du mariage. Eh quoi! la sainteté du célibat a été jugée nécessaire pour le service des divinités impures du paganisme, sous le règne de lois corrompues et de mystères infâmes; et elle ne serait point nécessaire au prêtre du Dieu des Chrétiens, sous une loi de perfection, qui a ennobli le célibat en lui donnant une sanction divine!
 

  Le très anticlérical Michelet affirmait à l’époque du saint curé d'ars : "Jamais une Eglise à prêtres mariés n’aurait enfanté des Saint Bernard, des Saint Thomas, des Saint Vincent de Paul. A de tels hommes, il faut le recueillement solitaire... ou le monde pour famille".  

 Un Jean-Marie Vianney aurait-il pu devenir le Saint Curé d’Ars, modèle de sanctification sacerdotale,… s’il avait été marié?  Ce n'est pas sans raison que saint Paul – sans 'dénigrer' bien évidemment le sacrement du mariage - enseignait dans ses épîtres qu'il était préférable de vivre dans le célibat car "celui qui n'est pas marié s'inquiète des choses du Seigneur, des moyens de lui plaire" (1 Corinthiens 7:32).

  Toute fonction sacerdotale exige la continence; delà il suit rigoureusement que tout ministère perpétuel exige la continence absolue. Se refuser à cette conclusion, c'est renoncer au bon sens, à l'esprit de l'Evangile, et aux notions du genre humain. Les protestants et les philosophes n'ont pas compris les raisons du célibat. Plusieurs n'y ont vu qu'une politique de la cour de Rome. Souvent nos théologiens, en les combattant, ne leur ont opposé que le précepte de l'Eglise. Ni les uns ni les autres ne se sont aperçus que le célibat repose sur une raison intrinsèque, sur la sainteté inséparable du ministère ecclésiastique. Nous ne voulons pas dire cependant que le célibat soit autre chose qu'un point de discipline, et que l'Eglise ne puisse, en certaines circonstances, faire une exception à la règle; mais ce point de discipline a des racines si profondes, il est si intimement lié avec le dogme, qu'aucune raison ne peut porter l'Église à l'abolir généralement. Aussi elle l'a observé dès la naissance du christianisme, même dans les circonstances les plus difficiles.   

L'usage du mariage est donc incompatible avec l'exercice du sacerdoce comme l'ont d'ailleurs enseigné et répété les Pères et docteurs de l'Eglise ainsi que de nombreux Papes. Lisons le prince des théologiens, saint Thomas d'Aquin et le Pape Pie XI :

Saint Thomas d'Aquin :
 

"L’état religieux demande l’éloignement de tout ce qui empêche la volonté humaine de se porter tout entière au service de Dieu. Or la pratique de l’union charnelle empêche l’âme de se consacrer totalement au service de Dieu...  Ensuite, à cause des soucis qu’apporte à l’homme le gouvernement de la femme, des enfants, et des biens temporels que demande leur entretien. Comme dit S. Paul (1 Co 7, 32) : " Celui qui n’a pas de femme se préoccupe des choses du Seigneur et de plaire à Dieu ; celui qui est marié se préoccupe des choses du monde et de plaire à sa femme. "  C’est pourquoi, au même titre que la pauvreté volontaire, la continence perpétuelle est requise pour la perfection de l’état religieux." (Somme théologique, quest. 186)

Pie XI :
 

"De fait, la loi du célibat ecclésiastique, dont la première trace écrite, qui suppose évidemment une coutume plus ancienne, se rencontre dans un canon du Concile d’Elvire  au début du IVe siècle, alors que la persécution sévissait encore, ne fait que rendre obligatoire une certaine exigence morale, pourrions-nous dire, qui ressort de l’Evangile et la prédication apostolique. Constater la haute estime dont le divin Maître avait fait montre pour la chasteté en l’exaltant comme une chose qui dépasse les forces ordinaires (cf. Mt 19, 11) ; savoir qu’il était " fleur d’une mère vierge ", et depuis l’enfance élevé dans la famille virginale de Marie et de Joseph ; voir sa prédilection pour les âmes pures, comme les deux Jean, le Baptiste et l’Evangéliste ; entendre le grand Apôtre Paul, fidèle interprète de la loi évangélique et des pensées du Christ, prêcher le prix inestimable de la virginité, spécialement dans le but d’un service de Dieu plus assidu : celui qui est sans épouse se préoccupe des choses du Seigneur ; il cherche comment plaire à Dieu (1 Co 7, 32) ; tout cela devrait pour ainsi dire nécessairement faire sentir aux prêtres de la Nouvelle Alliance l’attrait céleste de cette vertu choisie, leur faire désirer d’être du nombre de ceux à qui il a été donné de comprendre cette parole (cf. Mt 19, 11), et leur faire adopter spontanément cette observance, sanctionnée très tôt par une loi très grave dans toute l’Eglise latine, "afin que ce que les Apôtres ont enseigné – comme l’affirme à la fin du IVe siècle le IIIe Concile de Carthage – et ce que nos prédécesseurs ont observé, nous aussi, nous y soyons fidèles.... Ainsi libéré des principaux liens qui pourraient le tenir attaché au monde, le prêtre sera davantage enflammé de ce feu céleste de l’amour, l’amour des âmes s’entend, qui jaillit du Cœur de Jésus-Christ et ne cherche qu’à se communiquer aux cœurs apostoliques et à embraser toute la terre." (Ad cath. sacerdotii fastigium) 

3. Les clercs mariés dans les premiers siècles de la vie de l’Église


Saint Pierre au nom des Apôtres :
"Maître, nous avons tout quitté et nous t'avons suivi,
quelle sera donc notre part?" (Mt 19, 27)

 Il était chose normale au tout premier temps de l'Eglise d’appeler aux ordres sacrés des hommes mariés, des pères de famille. Il y eut dans l’antiquité chrétienne une multitude de diacres et prêtres mariés. L'apôtre Saint Pierre, premier Pape de l'Eglise était un homme marié. Mais est-ce pour autant que l'on peut en tirer quelque induction contre le célibat des prêtres ? Non. Les Pères de l'Eglise Tertullien, Saint Jérôme et Saint Isidore de Damiette enseignent que quand "ils se seraient mariés avant d'appartenir à l'Evangile, ils ont cessé d'user du mariage, lorsqu'ils ont été élevés à l'apostolat". Une fois ordonnés, ces nouveaux ecclésiastiques ont vécu dans la chasteté parfaite :
 

D. Pourquoi les adversaires du célibat ecclésiastique répètent-ils si souvent et avec tant de complaisance , que dans la primitive église il y avait des prêtres mariés?
R. C'est que par cette assertion captieuse ils espèrent faire croire que la loi du célibat n'est ni ancienne, ni d'une grande autorité dans l'église. Aussi ont-ils bien soin de taire que ces prêtres ne se sont pas mariés depuis leur ordination, et que dès-lors ils se sont conduit avec leurs femmes comme avec leurs propres sœurs.
Source : Catéchisme sur le célibat ecclésiastique (Claude Le Coz - 1808) 

Le premier cas historique connu de prêtre s'étant marié date de la fin du IX° siècle : un nommé Angelric, prêtre du diocèse de Chaalons. Ses paroissiens s'opposèrent aussitôt à cette entreprise et l'évêque excommunia ce prêtre. D'ailleurs, en 1139, le deuxième Concile de Latran interdit de donner à ce genre d'unions le nom de mariages et prononce officiellement la nullité absolue du mariage des prêtres contracté après leur ordination.   

Laissons le P. Cochini conclure :  

"La liste nous montre qu'il n'existe aucun exemple de clerc marié dont on puisse affirmer qu'il a vécu maritalement avec son épouse après l'ordination en conformité avec une coutume reconnue ou une discipline officielle. Bien plus, les récits nous prouvent que certains vécurent dans la continence parfaite par soumission à une discipline bien établie, comme dans les Gaules ou en Italie. Dans d'autres cas, comme pour l'Arménie en communion avec Rome, on peut le supposer avec raison." (Source)

 

 Ainsi, du fait que la chasteté ecclésiastique est intrinsèquement nécessaire à la fonction du prêtre représentant de Notre-Seigneur, en raison de la Tradition remontant aux apôtres et de l'enseignement constant de la sainte Eglise catholique, le célibat est une loi qui ne pourra jamais être supprimée par une autorité légitime de l'Eglise car "le Saint-Esprit n'a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler par son inspiration une nouvelle doctrine" (Constitution Pastor Aeternusou une nouvelle discipline révolutionnaire qui ébranlerait les fondements apostoliques de l'Eglise, corps mystique du Christ qui a accompli sa mission rédemptrice dans le célibat.
Notes :

1 Au 16ème siècle, le jésuite Robert Bellarmin, dans une étude intitulée Coelibatum iure Apostolico rectissime annexum ordinibus sacris ; César Baronius, l'auteur des Annales ecclesiastici ; et le cardinal Stanislas Hosius, au chapitre 56 de sa Confessio catholicae fidei christiana. Au 17ème, l'oratorien Louis Thomassin, dans son Ancienne et nouvelle discipline de l'Eglise catholique touchant les bénéfices et les bénéficiers, et le bollandiste Jean Stiltinck, avec deux dissertations critiques parues dans les Acta Sanctorum. Au 18ème, le jésuite François-Antoine Zaccaria, avec deux volumes de polémique d'une haute tenue scientifique. Au 19ème siècle enfin, la monumentale compilation d'Augustino de Roskovany, qui reste, malgré ses limites, un précieux ouvrage de référence ; et les deux articles de l'orientaliste allemand Gustav Bickell qui s'opposa à François-Xavier Funk dans une controverse célèbre. J'aimerais joindre à ces études ex professo le témoignage de Newman, dans son Apologia pro vita sua : « Il y avait aussi le zèle avec lequel l'Eglise romaine maintenait la doctrine et la règle du célibat, que je reconnaissais comme apostolique, et sa fidélité à  bien d'autres coutumes  de l'Eglise primitive qui m'étaient chères : tout ceci plaidait en faveur de la grande Eglise romaine ». Source 

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Notre-Dame des sept douleurs : sommes-nous de ces chrétiens qui enfonçons des poignards dans son cœur ?

Publié le par Clément LECUYER

« Un glaive transpercera ton âme » (Luc, II, 35) déclare le vieillard Siméon à Marie, lors de la Présentation de Jésus au Temple. On ne peut manquer de voir la réalisation de cette prophétie, quand le centurions perça le côté de Jésus, de sa lance (Jean, XIX 34). C’est l’origine, plus ou moins lointaine dans le temps, de la dévotion à Notre-Dame, connue sous le nom de Notre-Dame des Douleurs, mais plus communément sous le titre de Notre-Dame des Sept Douleurs .

Ce titre doit son nom aux sept Douleurs dites éprouvées par la Vierge Marie :

  • La prophétie de Siméon sur l'Enfant Jésus.

  • La fuite de la Sainte Famille en l'Égypte.

  • La disparition de Jésus pendant trois jours au temple.

  • La rencontre de Marie et Jésus portant sa croix sur la route du calvaire.

  • Marie contemplant la souffrance et le décès de Jésus sur la Croix.

  • Marie accueille son fils mort dans ses bras lors de la Descente de croix.

  • Marie abandonne le corps de son fils lors de la mise au tombeau.

Saint Anselme écrit : « Votre peine, Vierge sacrée, a été la plus grande qu'une pure créature ait jamais endurée ; car toutes les cruautés que nous lisons que l'on a fait subir aux martyrs, ont été légères et comme rien en comparaison de votre douleur. Elle a été si grande et si immense, qu'elle a crucifié toutes vos entrailles et a pénétré jusque dans les plus secrets replis de votre cœur. »

Face à cela, quelle attitude un bon chrétien doit adopter pour consoler sa sainte Mère du Ciel ? Tout d'abord, la première chose à faire est de ne pas lui être source de peine ; elle a déjà tant souffert ! Et qu'est-ce-qui lui cause le plus de souffrance aujourd'hui ? Comme l'a dit Notre-Seigneur à Lucie de Fatima, ce qui fait le plus souffrir Notre Dame, ce sont les blasphèmes contre son immaculée conception, sa virginité, sa maternité divine et les offenses et moqueries de ceux qui cherchent publiquement à mettre dans le cœur des enfants l'indifférence, le mépris et jusqu'à la haine à l'égard de cette Mère Immaculée et de la religion catholique.

Quelle doit souffrir notre si douce Mère du Ciel quand elle voit sur cette terre tant d'hommes courir à leur perte ! Quelle doit souffrir en voyant toutes les horreurs commis par les humains ! Mais ce qui lui fait verser le plus de larmes de douleur, ce n'est pas uniquement les athées, les infidèles, les hérétiques ; ce sont malheureusement tous ces catholiques tombés dans une vie de païens en ne prenant pas au sérieux leurs engagements de chrétiens. Les catholiques en état de concubinage ; les catholiques violant la pratique dominicale obligatoire ; les catholiques se laissant plonger dans l’infamie mortelle de l'immoralité ; les catholiques viciés par l'impureté et autres déviances sexuelles graves ; les catholiques au cœur de pierre, insensibles face à la violence de notre société ; les catholiques renonçant à leurs promesses de soldats du Christ, n'ayant pas la force d'esprit de résister à l'influence des mauvaises compagnies qu'ils acceptent de suivre ; les catholiques n'osant plus apparaître comme tels devant les autres ; les catholiques complaisant à l'égard des ennemis de Dieu : socialistes, communistes, francs-maçons, anarchistes, capitalistes, révolutionnaires... ; les catholiques tolérant face aux hérésies : voilà ceux qui enfoncent des épines dans le cœur de Notre Dame !
 

Notre-Seigneur pleure, avec Sa Sainte Mère, sur tous ces hypocrites de "catholiques" seulement capables de faire semblant, mais incapables de vivre une vraie vie de catholique à tout moment de la journée ; incapables de défendre autour d’eux l'Eglise et sa sainte doctrine ; incapables de proclamer sans complexe l’Evangile aux païens du quotidien quand les situations se présentent ; incapables de s'attaquer aux dépravations morales graves envahissant notre monde occidental ; incapables aussi de dépasser le stade du respect humain par honte d'être catholiques ! Voilà les vrais persécuteurs de Notre-Dame ! Ce sont tous ces hypocrites de "catholiques" ne prenant pas avec sérieux l’enseignement pourtant salutaire de Notre-Seigneur... et n'osant pas aussi annoncer autour d’eux avec assurance et certitude la Vérité de l'Evangile par peur de se faire lyncher ! Ils préfèrent au contraire – comme Saint Pierre avant la Passion – le renier à longueur de journée comme des poules-mouillées pour ne pas avoir à porter la Croix de la Vérité avec les saintes femmes. Qu’il est triste de voir autant de jeunes qui auraient dû être « la lumière du monde et le sel de la terre »(Mt 5, 13-14) comme le dit Notre-Seigneur mais qui préfèrent se vautrer dans la même médiocrité que la masse des gens, qui préfèrent se compromettre avec l’esprit de ce monde « pour faire comme tout le monde » tels des moutons... Ils renoncent à leur idéal (la sainteté !) par paresse spirituelle, par passivité, par mollesse, par influence de leurs camarades, par lâcheté,… Ils seront jugés beaucoup plus sévèrement ces hypocrites-là, il ne faut pas s’en douter... Malheurs aux catholiques qui se seront comportés comme de vulgaires païens ici-bas !

Ne soyons pas de ceux-là ! Montrons à la Mère de Dieu que nous l'aimons. Pour cela :

  • Refusons d'accepter l'esprit du monde, ses plaisirs éphémères, ses joies mensongères, ses distractions impures : Dans nos relations avec les gens du monde (écoles, au travail, relations sociales) nous devons être vigilants, afin de ne pas être influencés par le même état d’esprit, ou entraînés dans le péché, même petit. Gardons à l'esprit cette exhortation de Notre-Seigneur : « N’aimez point le monde, ni les choses qui sont dans le monde. Si quelqu’un aime le monde, l’amour du Père n’est point en lui. » « Celui donc qui veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » 

  • Refusons de participer aux péchés des autres : ne pas prendre part aux conversations malsaines, aux actions mauvaises, aux plaisirs impurs, aux actes malhonnêtes. C'est pour cela qu'il est primordial de bien choisir ses amis : « Ne vous y trompez pas: les mauvaises compagnies corrompent les bonnes mœurs. » (Saint Paul - 1 Corinthiens 15:33)

  • Combattons tous les jours contre notre défaut particulier et efforçons-nous à ne plus commettre les péchés que nous commettons si souvent.

  • Aimons assister à la messe et réciter quotidiennement nos prières avec recueillement et piété. Bien prier veut dire prier avec son cœur, et non seulement avec ses lèvres (Mt 15, 8) ; ainsi, réciter ses prières machinalement, à toute vitesse, ne procurera pas les fruits attendus de la prière. Jésus a mis lui-même en évidence la valeur de la prière : « TOUT CE QUE VOUS DEMANDEREZ, avec FOI, par LA PRIÈRE, vous le recevrez » (Matthieu 12 : 22).  « Veillez et priez, afin que vous ne tombiez pas dans la tentation; l'esprit est bien disposé, mais la chair est faible. » (Matthieu 26:41 )

  • Pratiquons régulièrement la confession ! C'est l’un des plus beaux cadeaux de Dieu. Car cela n’était pas assez encore de nous délivrer de la damnation éternelle en nous rachetant sur la Croix ! Il fallait encore nous délivrer souvent de nos erreurs quotidiennes et de nos péchés qui, malheureusement, reviennent parfois (et quelque fois souvent).

  • Pratiquons la vertu de charité. La loi de la charité nous commande d'aimer non seulement nos amis mais encore nos ennemis.

  • Enfin, cherchons toujours à connaître notre religion en étudiant la dotrine, en lisant des vies de saints, des lectures spirituelles, de défense de la foi. Car comment peut-on résister longtemps face aux mensonges, aux attaques perpétrés partout contre Dieu et notre sainte religion si nous ne sommes pas capables de savoir défendre les vérités enseignées par l'Eglise ? Nous devons connaître ce que nous croyons ; nous devons connaître la vraie foi avec la précision d’un spécialiste d’informatique qui connaît le système d’exploitation de son ordinateur ; nous devons la connaître comme un musicien connaît sa partition. Oui, nous devons être bien plus profondément enracinés dans la foi que celle de nos parents, pour pouvoir résister avec force et décision aux défis et aux tentations de ce temps. Nous avons besoin de l’aide divine, si nous ne voulons pas que notre foi s’évapore comme une goutte de rosée au soleil, si nous ne voulons pas succomber aux tentations et à l'esprit pervers de ce monde sous les ordres du diable, le prince du monde (Jean 14.40), le tentateur qui est à l’œuvre pour entraîner les enfants de Dieu dans son royaume de la damnation éternelle.

Ce n'est qu'ainsi que nous serons et resterons des zélés enfants de Dieu et de Notre-Dame et les portes du Ciel nous seront ouvertes pour l'éternité !

Publié dans Spiritualité

Saint Pie X face à notre époque

Publié le par Clément LECUYER

  Giuseppe Sarto, plus connu sous le nom de Pape Pie X, naquit le 2 juin 1835 à Riese. Il fut élu pape le 4 août 1903. Son pontificat est absolument remarquable tant par la lutte énergique contre les erreurs du modernisme que par la rénovation liturgique et la promotion de la dévotion à l'Eucharistie. Il mourut le 20 août 1914. Il a été béatifié le 3 juin 1951, puis canonisé le 29 mai 1954 par le Pape Pie XII.

 C'est l'occasion de rappeler quelques uns de ses enseignements tels que :

- le respect et l'obéissance que tous les membres de l'Eglise catholique doivent avoir envers le Siège apostolique,
- la lutte contre l'hérésie moderniste,

- la défense des nations catholiques,
- la communion fréquente.

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