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Rorate caeli desuper

Publié le par Clément LECUYER

 Nous voici à quelques heures de l’avènement du Sauveur. Préparons-nous à le bien recevoir. C’est le conseil que saint Jean-Baptise donne aux foules qui viennent l’entendre : « Le Messie approche, préparez-lui les voies. » Jean accueille les petits et les humbles, il ne rejette pas les pécheurs : « Faites pénitence, leur dit-il, car le Règne des cieux est proche ! »  

 Voici ci-dessous le motet consacré à ce temps de préparation Rorate caeli desuper, interprété par un des plus grands choeurs de garçons :

 

R./ Cieux , répandez d'en haut votre rosée et que les nuées fassent descendre le juste.

1. Ne te mets pas en colère, Seigneur, ne garde plus souvenir de l’injustice. Voici, la cité sainte est devenue déserte, Sion a été désertée, Jérusalem est en désolation, la maison de ta sanctification et de ta gloire, où nos pères avaient dit tes louanges.

2. Nous avons péché et sommes devenus impurs. Nous sommes tombés comme des feuilles mortes et nos iniquités nous ont balayés comme le vent. Tu as détourné de nous ta face, et nous as brisés sous le poids de nos fautes.

3. Vois, Seigneur, l’affliction de ton peuple, et envoie celui que tu dois envoyer : envoie l’Agneau, le maître de la terre, de Pétra dans le désert jusqu’à la montagne de ta fille Sion, afin qu’il ôte le joug de notre captivité.

4. Consolez-vous, consolez-vous, mon peuple : vite viendra ton salut, pourquoi es-tu consumé dans l’affliction, pourquoi la douleur se renouvelle-t-elle en toi ? Je te sauverai, n’aie pas peur, moi, je suis le Seigneur Dieu, le Saint d’Israël, ton Rédempteur.

Publié dans Spiritualité

Dans trois jours Noël !

Publié le par Clément LECUYER

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Eh oui ! le temps passe vite !
Finissons de "régler les derniers préparatifs" avant la Nativité.

Publié dans Spiritualité

Austremoine nie explicitement un dogme de l'Eglise

Publié le par Clément LECUYER


"Vous recevrez la force du Saint-Esprit qui descendra sur vous, et vous serez Mes témoins à Jérusalem, et dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre" (Act 1, 8)

Notre-Seigneur aux Apôtres

 Alors que l'internaute "Austremoine" propage sur les forums et blogs supposés "traditionnalistes" une doctrine clairement pernicieuse contre la foi, nous pensons qu'il est temps de montrer à tous à qui nous avons affaire. En dépit des fausses apparences, Austremoine est, qu'il en ait conscience ou non, un ennemi de la doctrine de toujours de l'Eglise, de cette doctrine immuable, découlant de la sainteté de l'Eglise catholique.

 Le dernier exemple que nous mettrons ici en valeur est son reniement d'un dogme catholique. Dans un message posté sur le forum libéral FECIT, il compare le dogme de l'infaillibilité d'un Concile œcuménique approuvé par un Pape à une "ineptie" !

"Un concile œcuménique approuvé par le pape est infaillible de nature ? d'où sortez-vous cette ineptie ?" (Source : Fecit)


  Ce qu'Austremoine nomme ineptie est tout simplement une vérité de foi crue et enseignée par l'Eglise !

 Oui, il est de foi qu'un Concile convoqué et approuvé par un vrai Pape est par le fait-même infaillible ; tout catholique doit adhérer à ce dogme de foi. Car ex se et de jure, tout concile œcuménique fait partie du Magistère extraordinaire de l'Eglise et est donc infaillible (Concile Vatican 1, Constitution dogmatique Dei Filius, ch. 3).

  "L’infaillibilité conciliaire et pontificale sont interreliées mais non identiques. Les décrets d’un concile approuvés par le Pape sont infaillibles par le simple fait de cette approbation, parce que le Pape est également infaillible extra concilium... L’infaillibilité du concile est intrinsèque, i.e. découle de sa nature." (Catholic encyclopedia, 1913, vol. IV, avec Imprimatur du cardinal Mgr John Murphy Farley, archevêque de New-York et Cardinal) 

 

  "Tous [les théologiens catholiques] admettent comme positif que le concile œcuménique, confirmé par le pontife romain, est infaillible par lui-même." (Théologie dogmatique, T.6, du R.P Perronne, recteur du collège des jésuites, 1858) 

 

 "Les conciles œcuméniques et généraux [approuvés par le Pape] ont par eux-mêmes une autorité suprême et infaillible, tant pour ce qui regarde la foi que pour ce qui regarde les mœurs et certains points généraux de discipline commune à toute l'Église... Cette infaillibilité des conciles œcuméniques leur vient de ce qu'ils représentent tonte l’Église qui est infaillible, selon les promesses de Jésus-Christ." (Dictionnaire de théologie à l'usage des gens du monde de l'abbé Jacquin, 1858) 


 Il ne peut y avoir place au doute ; un Concile œcuménique, c’est l’Église enseignante dans sa totalité, c’est l’organe du magistère universel de l’Église. "Les conciles œcuméniques représentent l'Église universelle" disait le Mgr Thomas Gousset (Archevêque-Cardinal de Reims dans sa Théologie dogmatique, 1853) qui ne faisait que de répéter une vérité enseignée depuis des siècles. Au XV° siècle, lors du Concile de Constance, le Pape Martin V l'affirmait déjà.

 Or, l'Eglise ne peut ni se tromper, ni nous tromper, ceci est l'acte de Foi.

 L'éminent Mgr Louis-Gaston de Ségur, qui s'est vu maintes fois encouragé et félicité par le Pape Pie IX pour ses publications, l'écrit de façon suffisamment claire pour que tout doute soit écarté :

  "Le Concile [convoqué et approuvé par un Pape] n'est autre chose que l'Eglise enseignante assemblée; et c'est pour cela que le Concile est infaillible, et que tous ses décrets, toutes ses décisions ont un caractère d'autorité souveraine et divine. Tout le monde doit s'y soumettre ; tout le monde, sans exception. Et c'est tout simple : qui a le droit de ne pas se soumettre à Dieu ?" (Le Pape est infaillible, 1870) 

 

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 Il est donc de foi qu'un Concile est, de par nature, infaillible par le fait qu'il soit approuvé par un Pape. Quiconque refuse de reconnaître ce dogme, promulgué lors du Concile Vatican I, professe l'hérésie. Citons pour finir un extrait d'un Dictionnaire de Théologie :

  "Il est certain qu'un Concile auquel ont été invités tous les Pasteurs de l'Eglise universelle , qui est présidé par le Souverain Pontife ou par ses Legats, confirmé par son autorité, est la voix de l'Eglise Catholique, à laquelle tous les fidèles, sans exception, sont obligés de se soumettre. L’Église ne peut professer sa croyance d'une manière plus authentique et plus éclatante que par la voix de ses Pasteurs assemblés et réunis à leur chef. Quiconque refuse de se conformer à cet enseignement est hérétique, cesse d'être membre de l'Eglise de Jésus-Christ."  (Dictionnaire de Théologie du Chanoine Berger, 1823)  


 Nous demandons donc à Austremoine de rétracter son hérésie publique qui le désavoue auprès des lecteurs du forum FECIT et du blog Tradinews. Il est malheureux que des plates-formes internet se proclamant de la Tradition relaient des messages clairement acatholiques. 

Télécharger en fichier PDF (3 pages) en cliquant ICI

> Pour aller plus loin :

- Infaillibilité du "Concile" Vatican II : réfutation d'un article de La Question
- M. l'abbé BELMONT : Le concile Vatican II est-il infaillible ?

- Les portes de l'enfer et Austremoine

Les portes de l'enfer et Austremoine

Publié le par Clément LECUYER

  "Le sédévacantisme veut dire que le siège est vacant, qu'il n'y a pas de pape, que Benoit XVI n'est pas pape. Une telle position revient à considérer que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, ce qui est le refus d'un dogme de Foi."
Austremoine, forum FECIT

   L'internaute "Austremoine" nous ressort donc ici ce vieil argument périmé de longue date car réfuté depuis longtemps. Rappelons encore une fois que la position sédévacantiste n'aboutit pas à considérer que l'Eglise n'existe plus ! Ceci est complètement faux ; mais Austremoine n'est pas à sa première contre-vérité, loin de là.


"Jésus-Christ donne au Pape l'immortalité. Le Pape meurt ... mais, remarquez-le bien, sa primauté n'est pas un priviliège personnel. Elle survit à l'homme qui disparaît [...] Le Pape est mort. Vive le pape !"
Mgr Gibier,  l'Église et son oeuvre, tome 4, 1905.

 L'absence de pape ne signifie pas que l'Eglise cesse d'exister donc que les portes de l'enfer ont prévalu contre elle  ; le Siège Apostolique est une institution immortelle de nature perpétuelle.  Ceci n'est pas une opinion, c'est la doctrine catholique et le bon sens.

 En effet, si l'Eglise venait à cesser d'exister lors d'une vacance du Siège Apostolique, cela signifierait logiquement qu'elle aurait disparu et ressuscité plus de 250 fois depuis sa fondation (puisqu'il y a eu la vacance du Siège apostolique a eu lieu plus de 250 fois dans l’histoire de l’Église à la mort des Souverains pontifes) ! Qui voudrait soutenir pareille absurdité ? Le Siège pontifical et l’Église catholique peuvent subsister temporairement sans Pape, et ce, peu importe la durée de vacance. L’Église visible est tantôt dotée, tantôt privée d’un Pape. Cela n'est nullement en contradiction avec la doctrine catholique.

  C'est ce qu'affirme le Code de Droit Canonique de 1917, promulgué par le pape Benoît XV :

"L’Église catholique et le Siège apostolique sont des personnes morales" (canon 100).
"Une personne morale de droit ecclésiastique est de nature perpétuelle" (canon 102).

  Donc étant de nature perpétuelle, l’Église catholique ne peut pas disparaître, fût-elle privée temporairement de Pape.

  Dom Guéranger "... Qu’un Décius produise par ses violences une vacance de quatre ans sur le siège de Rome, qu’il s’élève des anti-papes soutenus les uns par la faveur populaire, les autres par la politique des princes, qu’un long schisme rende douteuse la légitimité de plusieurs Pontifes, l’Esprit-Saint laissera s’écouler l’épreuve, il fortifiera, pendant qu’elle dure, la foi de ses fidèles ; enfin, au moment marqué, il produira son élu, et toute l’Eglise le recevra avec acclamation. " (Année liturgique, éd. 1867, mercredi de la Pentecôte) 

  Cardinal Billot : "Dieu peut permettre que le Siège  apostolique demeure vacant assez longtemps." (De Ecclesio)

 Et le Pape Paul IV précise que cette vacance peut durer fort longtemps. Si un usurpateur était élu illégitimement, le Siège serait vacant,  "et ce quelle que soit la durée de cette situation" (Cum ex apostolatus, § 6).

 De plus, la vacance actuelle a été prédite et annoncée par Notre Seigneur lui-même, par plusieurs Souverains Pontifes tels que Léon XIII,  ainsi que par d'imminents prélats comme le cardinal Pie et Mgr de Ségur.

 Le Pape Léon XIII : "L'Eglise, épouse de l'Agneau Immaculé, la voici saturée d'amertume et abreuvée de poison, par des ennemis très rusés ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu'elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l'impiété ; en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé. (Exorcisme de Léon XIII contre Satan et les anges apostats, 1884)

"D'après l'enseignement des apôtres, dit la voix des siècles, un jour viendra où Satan, plein de rage contre Jésus-Christ et les chrétiens, regagnera le terrain qu'il a perdu, affermira son règne et l'étendra au loin. Alors il se jettera sur Rome, parce qu'elle est sa rivale et le séjour des Pontifes. Il s'en rendra maître, chassera le Vicaire de Jésus-Christ, persécutera les vrais fidèles et égorgera les religieux et les prêtres". Cornelius a Lapide, Suarez, saint Robert Bellarmin. Cité par Mgr Gaume, La Situation, p. 28, 1860.

 "Le Christ a permis ceci: que l’Antéchrist, tête de tous les schismatiques, siègerait dans le temple de Dieu, que les siens (les vrais chrétiens) seraient exilés, et que ceux qui ne sont pas les siens occuperaient un jour le siège de Pierre." (Pierre le vénérable, De miraculis libri duo, livre II, ch.16; Bol. T.14, page 473).
 
  Austremoine devrait savoir que prévaloir signifie remporter la victoire finale. Jésus-Christ n'a jamais dit que l'enfer ne gagnerait pas de victoire sinon Il aurait proclamé que "les portes de l'Enfer ne vaudront pas sur l'Eglise". Bien au contraire n'a-t-Il pas déclaré ceci : "Lorsque le Fils de l’Homme viendra sur terre, trouvera-t-Il encore la foi" (Luc XVIII, 8) ?
 
 Qu'Austremoine arrête donc de réitérer ses erreurs mensongères. Non seulement il propage l'erreur en affirmant que la position Sede Vacante considère que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise, mais il devrait admettre plutôt que les faux "traditionalistes", dont il fait partie, soutiennent, eux, que les portes de l'enfer ont prévalu contre l'Eglise. En effet, n'affirment-ils pas que l'Eglise catholique propage l'erreur depuis Vatican II ? Citons Léon XIII : "Et les portes de l'enfer ne prévaudront point contre elle".   Voici la portée de cette divine parole : l'Eglise, appuyée sur Pierre, quelle que soit la violence, quelle,que soit l'habileté que déploient ses ennemis visibles et invisibles, ne pourra jamais succomber ni défaillir en quoi que  ce soit." (Encyclique Satis Cognitus).
 
Par ses propos, Austremoine symbolise bel et bien cette dérive de cette fausse "Tradition" méprisant la doctrine traditionnelle de l'Eglise. 

Un blog à consulter : Prières Catholiques Traditionnelles

Publié le par Clément LECUYER

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  "Mais Priez mes enfants" suppliait Notre-Dame à Pontmain. A l'heure où nous traversons la pire crise de la chrétienté (apostasie des nations, blasphèmes quotidiens et publics contre le Ciel, occupation des postes d'autorité de l'Eglise par des antichrists, enseignement d'une nouvelle religion mondialiste moderniste...), les rares catholiques se doivent de prier plus que jamais

 C'est dans cette optique qu'un blog Prières Catholiques Traditionnelles a été créé par un fidèle de la vraie Tradition (non una cum). Le but louable fixé par celui-ci est de rendre disponibles à tous les prières traditionnelles que la religion catholique inspire à ses fidèles, ainsi que de rendre aisée la lecture de la vie des saints grâce à de petits résumés que nous réalisons.

 Car c'est par la prière que sera terrassé le dragon maléfique et que ses oeuvres seront anéanties. 

 N'hésitez donc pas à consulter régulièrement le blog Prières Catholiques Traditionnelles

Publié dans Spiritualité

Après Jean XXIII et Jean-Paul II "béatifiés", bientôt autour de Paul VI

Publié le par Clément LECUYER

  Selon plusieurs sources, Paul VI pourrait être prochainement "béatifié" ; voici à titre d'information ce qu'écrit le site "Le Suisse Romain"  (nos rapides commentaires sont en vert)

http://lesuisseromain.hautetfort.com/media/02/00/2344027837.jpg"Selon Andrea Tornielli, le Pape [l'imposteur] Paul VI pourrait être béatifié durant l'année de la foi. La commission des cardinaux a voté oui à l'unanimité. Reste un miracle et la voie sera libre pour la béatification du Pape du Concile, mais aussi d'Humanae Vitae etc. [le promulgateur et porte-parole des réformes révolutionnaires invalides]

Après le bienheureux Jean XXII, initiateur du Grand Concile, ce sera au tour du Pape qui l'a porté à son achèvement. Son pontificat fut aussi un véritable martyr [sic! Martyr de quoi, de qui ? du modernisme et de l'oecuménisme ?] , qui fait du Pape Paul VI un grand précurseur du bienheureux Jean Paul II."

> Dossier de Don Villa : Paul VI béatifié ?
> Paul VI ne peut pas être un vrai Pape
> Notre dossier : Jean-Paul II, un antichrist "béatifié" par les siens

Réfutation concernant la supposée usurpation d'autorité de la position "sédévacantiste"

Publié le par Clément LECUYER

Il n'est pas rare d'entendre des "traditionalistes" soutenir, contre la position sédévacantiste, l'objection suivante : "Ceux qui affirment que le Saint-Siège est vacant ou occupé s'attribuent une autorité qui ne leur appartient pas."

Afin de mettre fin à cette fausse idée malheureusement largement répandue , nous publions ci-dessous une réfutation - que nous nous sommes autorisés à légèrement retoucher et compléter - rédigée par un ami lecteur que nous remercions vivement.

______________

Sede Vacante

  Évidemment, ce n'est pas à des membres de l'Eglise enseignée de prétendre constater publiquement, avec toute l'autorité requise, la vacance du Saint-Siège. Mais attribuer une telle prétention aux dits "sédévacantistes" relève au moins de l'ignorance la plus crasse (lors même que l'on entend disserter sur le dos desdits "sédévacantistes" !) et au pire de la malhonnêteté la plus criante.  

 Les "sédévacantistes" n'entendent que constater - d'une constatation qui est un jugement privé - qu'aucun des "papes de Vatican II" ne peut être pape en réalité et devant Dieu, car ce que font les "papes de Vatican II", aucun pape ne peut le faire : ni promulguer les Constitutions, Décrets et Déclarations de Vatican II et en maintenir les enseignements qui s'opposent à des jugements du magistère infaillible, ni promulguer et maintenir la "nouvelle messe" qui s'oppose "en général et dans le détail" à l'enseignement du Concile de Trente.

  Ces mêmes "sédévacantistes" n'entendent pas se substituer à ceux qui ont pouvoir sur l'élection et encore moins à l'Eglise enseignante pour porter un jugement autorisé et public sur les "papes de Vatican II", mais porter tout au plus un jugement privé dans ce domaine.  

  Un tel jugement privé est-il légitime ? Peut-on légitimement porter un jugement privé sur la légitimité de tel ou tel pontife (en attendant un jugement public de l'Eglise enseignante) ?  

  Mais qu'ont fait les saints ? Qu'a fait par exemple saint Bernard lorsqu'il s'est prononcé (à raison) contre la légitimité d'Anaclet II, sinon porter (certes publiquement) un jugement privé (c'est-à-dire un jugement qui de soi ne faisait pas autorité dans l'Eglise) ? Qu'ont fait les saints du "Grand Schisme d'Occident" ? Sainte Catherine de Sienne en faveur d'Urbain VI (et avec quelle véhémence !), saint Vincent Ferrier en faveur de Benoît XIII (puis contre ce même Benoît XIII, mais sans renier la légitimité d'origine de Benoît XIII) ? Et ce ne furent pas seulement les saints, mais la plupart des évêques, pères abbés, curés et chanoines (parfois en sens contraire de leur évêque) qui se prononcèrent sur la légitimité de l'obédience urbaniste, de l'obédience clémentiste, ou de l'obédience pisane... avant que l'Eglise enseignante, finalement, ne se prononce avec autorité que sur l'état des choses en 1417, laissant chacun libre de ses opinions concernant la période 1378-1417. Tous les membres de l'Eglise (parmi lesquels des saints) auraient-ils pu avoir tort de se prononcer d'un jugement privé (ou d'un jugement public douteux, ce qui revient au même) sur la question de la légitimité du (des) pontife(s) durant tout ce laps de temps ?  

 Les catholiques ont-ils attendu la sentence canonique de l'Eglise pour dénoncer les hérésies de Luther et refuser de le reconnaître comme catholique, du fait de son rejet répété, pertinace et public de vérités dogmatiques enseignées par l'Eglise catholique ? Non.

 Doit-on rappeler quelle fut l'attitude des prêtres et laïcs de Constantinople quand leur patriarche Nestorius a commencé à leur enseigner avec pertinacité que la Sainte Vierge n’était pas la Mère de Dieu ? Ils ont dès ce moment cessé de le reconnaître comme Pasteur légitime et ont refuser de le nommer au canon de la messe – non una cum ! ;  l’Église, qui a excommunié Nestorius plusieurs années après, le début des faits, ne leur en a fait aucun reproche, bien au contraire, elle a canonisé au moins l’un d’entre eux, saint Hypace.

  Que ce jugement privé puisse être faux de fait (c'est-à-dire dénier la papauté à qui est réellement pape) ne change rien à la chose : de droit, il peut être légitime de porter un tel jugement privé. Citons ici Don Felix Sarda y Salavany :

« L’Église seule possède le magistère doctrinal suprême en fait et en droit, juris et factis ; son autorité souveraine est personnifiée dans le Pape. À lui seul appartient le droit de prononcer la sentence finale, décisive et solennelle. Cela n’exclut cependant pasd’autres jugements moins autorisés, mais d’un grand poids, que l’on ne saurait mépriser et qui doivent même lier la conscience chrétienne.Ce sont : 

       5. le jugement de la simple raison humaine dûment éclairée.

  Oui, la raison humaine occupe – pour parler à la manière des théologiens – une place théologique dans l’ordre de la religion. La foi domine certes la raison, qui doit lui être subordonnée en tout. Mais il est entièrement faux de dire que la raison ne peut rien faire dans l’ordre de la foi, qu’elle n’a aucune fonction à y remplir ; il est faux de dire que la lumière inférieure, placée par Dieu dans la compréhension humaine, ne peut pas briller du tout sous prétexte qu’elle ne brille pas avec la même puissance et la même clarté que la lumière supérieure. Oui, il est permis et même commandéaux fidèles d’indiquer la raison de leur foi, de tirer les conséquences de celle-ci, de lui trouver des applications, d’en tirer des parallèles et des analogies.Ainsi est-ce par l’usage de leur raison queles fidèles ont le droit d’évaluer et de discuter l’orthodoxie de toute nouvelle doctrine qui leur est présentée en comparant cette dernière à une doctrine déjà définie. Si la nouvelle doctrine n’est pas conforme à l’ancienne, ils peuvent la combattre comme étant mauvaise et stigmatiser à juste titre comme étant mauvais le livre ou le journal qui la soutient. Il ne peuvent évidemment la définir ex cathedra, mais il leur est loisible de la tenir pour perverse et de la dénoncer comme telle, de jeter un cri d’alarme, de mettre en garde contre elle et de lui porter le premier coup.Le laïc fidèle a la faculté de faire tout cela, et il l’a d’ailleurs fait à toutes époques sous les applaudissements de l’Église. Ce faisant, il ne s’érige nullement en pasteur du troupeau, et pas même en son humble second ; il se borne à lui servir de chien de garde chargé de donné l’alarme. Opportet allatrare canes : « Il faut que les chiens aboient », a dit fort opportunément un grand évêque espagnol à propos de ces questions. » (Don Felix Sarda y Salavany, Le Libéralisme est un Péché)

  S'il n'est donc pas donné à de simples membres de l'Eglise (considérés de ce seul point de vue) de se prononcer d'un jugement public et autorisé (c'est-à-dire faisant autorité) sur la légitimité d'un sujet apparemment pape, il est donc avéré qu'ils peuvent en être amenés à pouvoir et même devoirporter un jugement privé là-dessus.  

  Dans le même ordre d’idées, il n’est donné à aucun des simples fidèles et prêtres de se substituer à l’Eglise enseignante et de porter un (prétendu) jugement public contre les enseignements d’un présumé concile œcuménique : collégialité, œcuménisme, théologie d’Israël, liberté religieuse etc. ni pareil (prétendu) jugement à l’encontre d’un ordo missæ promulgué et maintenu par de présumés papes. Ce serait, de la même façon, mériter le blâme pour prétendre  "juger le pape".  

  Évidemment, ce n’est pas ce que font les "traditionalistes", qui ne prétendent certes pas porter un jugement autorisé et public à l’encontre de Vatican II et de la "nouvelle messe", mais simplement constater que les uns et les autres (Vatican II, "nouvelle messe" etc.) "s’éloignent considérablement"de la doctrine catholique et même de la foi catholique (si ce n’est de la foi divine !). Il ne s’agit là encore que de jugements privés revendiqués comme tels.  

  Donc ces "traditionalistes" ne méritent pas le blâme pour prétendre juger le "pape" ou "juger à la place du pape"…

à la condition toutefois qu’ils puissent juger. En effet, si le fait que Paul VI et successeurs ne sont pas papes n’est pas vrai et constatable, et si l’on ne se rend pas à cette conclusion (jugement privé), DE QUEL DROIT peut-on porter quelque jugement privé que ce soit à l’endroit de ce que Paul VI et successeurs ont promulgué ? 

  En effet, si Paul VI et successeurs sont bel et bien Papes, s’ils sont de surcroît regardés comme tels par nos "traditionalistes", ces derniers ne sont-ils pas en train de juger celui et ceux qu’ils regardent comme papes ?Ne sont-ils, pas de leur propre aveu, non seulement en train de juger objectivement le Pape, mais (encore plus grave car l’erreur de droit est incomparablement plus grave que l’erreur de fait) ne sont-ils pas en train de juger celui qu’ils regardent comme Pape ?  

  Dès lors qui sont vraiment les disciples de Luther, sinon ceux qui jugent ceux qu’ils regardent comme Papes ?  Car prétendre que l’on peut, tout en reconnaissant la légitimité du Pape en question, refuser de reconnaître et d'appliquer un concile œcuménique et des réformes liturgiques approuvés et promulgués par un vrai Pape, consiste bel et bien à donner raison à Luther ! En effet, n'est-ce pas lui  qui déclarait que :

« Il nous a été donné de pouvoir infirmer l’autorité des conciles, de contredire librement à leurs actes, de nous faire juge des actes qu’ils ont portés, et d’affirmer avec assurance tout ce qui nous paraît vrai; que cela soit approuvé ou réprouvé par n’importe quel concile. » (29° proposition de Luther)

  Cette proposition (que beaucoup de 'traditionalistes' [FSSPX, FSSP] adoptent pour soutenir leur position) fut, avec tant d'autres, réprouvée par Léon X (bulle Exsurge Domine, 16 mai 1520).

 En ce sens, seuls les "sédévacantistes" ont le droit de juger d’un jugement privé les enseignements de Vatican II et la "nouvelle liturgie". Les "sédéplénistes" d'obédience "lefebvriste" ou d'obédience "nantiste", par le fait même qu’ils portent de tels jugements à l’endroit du "concile" et de la "messe" de ceux qu’ils regardent comme papes se condamnent surtout eux-mêmes !

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Début de l'année liturgique : entrée dans l'Avent

Publié le par Clément LECUYER

  Voici que commence une nouvelle année religieuse. Ce temps de l’Avent doit nous préparer aux grands mystères de notre salut. Préparons-nous donc, dans le désire et l’espérance. Voici quelques mots de Dom Guéranger :

"Si la sainte Eglise notre Mère passe le temps de l'Avent dans cette solennelle préparation au triple Avènement de Jésus-Christ ; si, comme les vierges sages, elle tient sa lampe allumée pour l'arrivée de l'Epoux; nous, qui sommes ses membres et ses enfants, nous devons participer aux sentiments qui l'animent, et prendre pour nous cet avertissement du Sauveur : Que vos reins soient ceints d'une ceinture comme ceux des voyageurs; que des flambeaux allumés brillent dans vos mains, et soyez semblables à des serviteurs qui attendent leur maître (Luc XII. 35). En effet, les destinées de l'Eglise sont les nôtres; chacune de nos âmes est de la part de Dieu l'objet d'une miséricorde, d'une prévenance, semblables à celles dont il use à l'égard de l'Eglise elle-même. Elle n'est le temple de Dieu, que parce qu'elle est composée de pierres vivantes; elle n'est l'Epouse, que parce qu'elle est formée de toutes les âmes qui sont conviées à l'éternelle union. S'il est écrit que le Sauveur s'est acquis l'Eglise par son sang (Act. XX. 28), chacun de nous peut dire, en parlant de soi-même, comme saint Paul : Le Christ m'a aimé et s'est livré pour moi (Gal. II. 20). Les destinées étant donc les memes, nous devons nous efforcer, durant l'Avent, d'entrer dans les sentiments de préparation dont nous venons de voir que l'Eglise est remplie.

L'Avent est un temps principalement consacré aux exercices de la Vie Purgative ; ce qui est signifié par cette parole de saint Jean-Baptiste, que l'Eglise nous répète si souvent dans ce saint temps: Préparez la voie du Seigneur! (Jean. IV. 18 ). Que chacun donc travaille sérieusement à applanir le sentier par lequel Jésus-Christ entrera dans son âme. Que les justes, suivant la doctrine de l'Apôtre oublient ce qu'ils ont fait dans le passé (Phil. III. 13), et travaillent sur de nouveaux frais. Que les pécheurs se hâtent de rompre les liens qui les retiennent, de briser les habitudes qui les captivent; qu'ils affaiblissent la chair et commencent le dur travail, de le soumettre à l'Esprit; qu'ils prient surtout avec l'Eglise, et quand le Seigneur viendra, ils pourront espérer qu'il ne franchira pas le seuil de leur porte, mais qu'il entrera : car il a dit, en parlant de tous: Voici que je suis à la porte et que je frappe; si quelqu'un entend ma voix et m'ouvre, j'entrerai chez lui (Apoc. III. 20.)."


R. P. Dom Prosper GUERANGER (L'année liturgique: L'Avent liturgique)

Publié dans Spiritualité